Cacochyme
Sur 360 millions de spermatozoïdes de mon père, un est arrivé en premier à l'ovule de ma mère: Et je suis là! Nous sommes tous des gagnants!
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Billet de blog 17 juil. 2015

Cacochyme
Sur 360 millions de spermatozoïdes de mon père, un est arrivé en premier à l'ovule de ma mère: Et je suis là! Nous sommes tous des gagnants!
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Une histoire grecque qui finit bien....

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Quelle moussaka cette histoire grecque...je n'y comprends rien! D'ailleurs je n'ai jamais su danser le sirtaky.

Lorsque les experts sont tous d'accord entre eux, je me range du côté des experts (en général)

Lorsque les experts ne sont pas d'accord entre eux, je réserve mon avis.

Je réserve donc mon avis.

Parfois, comme dit le proverbe, à toute chose malheur est bon...une histoire grecque qui finit bien, dans ce club, ne saurait manquer. 

Mon arrière-grand-père Georgios Dorjiakis était né à Ierapetra en Crête en 1876 et, est décédé en 1972,  dans le Périgord, j'avais 24 ans, je l'ai donc bien connu.

C'était encore sous l'Empire Ottoman lorsqu'en 1886 il dut quitter sa Crête natale, tant la misère était grande. Un de ses oncles travaillait dans une compagnie de navigation dont les navires faisaient régulièrement escale à Marseille. il avait à peine 10 ans, son oncle qui avait pris contact avec un restaurant du Vieux Port, le confia au patron comme petit mitron. Il passait ainsi tous les deux mois environ lui faire une petite visite.

C'est là aussi à 10 ans que Georgios apprit à fumer. Je l'ai toujours connu la moustache et les doigts jaunis, il s'arrêta à 93 ans et mourut à 96 sans jamais avoir été malade, sauf le dernier mois. Il est mort dans la maison de mon père, j'étais là à le veiller, je me suis endormi avant lui. Lorsque je me suis réveillé, vers 3h00 du matin, il avait rendu son dernier soupir, je lui tenais encore la main. 

 A 18 ans, Georgios, qui se prénomma désormais  Georges, devint chef de brigade en cuisine. Il ne savait pas lire. Mais il était pourvu d'une grande mémoire, une mémoire qui lui servait de livre de recettes. A l'heure du coup de feu, les fiches de commandes pleuvaient sur le tableau, Georges interpellait les apprentis "Eh, petit, lis-moi la commande, je n'ai pas mes lunettes!

Il fit le tour de France des grands restaurants, pour connaître les spécialités culinaires de chaque régions. Il rencontra à cette occasion ma belle arrière-grand-mère Clarisse, chef lingère dans un grand hôtel Clarisse lui apprit à lire avec le journal. Plus tard il fut nommé chef dans un grand hôtel-restaurant et il épousa la jolie Clarisse, une périgourdine montée à Paris.  

Fin cordon bleu, réputé dans le milieu de la grande cuisine française, il devint bientôt connu et reconnu comme Maître saucier. Il fût appelé spécialement pour cette qualification particulière, lors des visites officielles à Paris dans les cuisines de l'Elysée.

Son dernier emploi de Chef Cuisinier fut au Restaurant les Glycines aux Eysies-de-Tayac  en plein Périgord. La retraite approchant, Clarisse ressentait l'appel du pays. 

Les Glycines aujourd'hui.

C'est là que Georges m'invita pour un dernier repas en 1970 avec ma jeune épouse d'alors. Un homme d'une cinquantaine d'année s’avançât vers nous avec dans le regard l'expression de celui qui voyait un revenant:

- Vous...vous n'êtes pas...Monsieur, Monsieur...le Chef... Dorjiakis bégayât-il.

Nous confirmâmes.

- Je suis le fils T. le garçon boucher, je vous livrais ici, aux Glycines avant la guerre....j'avais 12 ans...vous n'avez pas changé depuis tout ce temps...c'est incroyable mais quel âge avez-vous?

 A la sortie des Glycines en 1970

Georges avait 94 ans. Il avait fait vieux vers la quarantaine, et n'avait pas changé depuis, il était devenu chauve et avait perdu toutes ses dents. Le dentier avait atterrit dans le tiroir de sa table de nuit quelque jours après son achat. Un jour à la boucherie, alors qu'il faisait la queue dans une longue file, il éternua et le dentier traversa le sol glissant de la boucherie pour aller se caler sous un pied du boucher. Honteux, il mit son mouchoir par dessus et le dentier finit à jamais dans ce tiroir. Enfant, je l'ouvrais en présence de mon arrière-grand-père, et je me réjouissais à l'avance, pour qu'il me racontât l'histoire pour la énième fois.

Il y a une dizaine d'années, nous décidâmes avec ma famille de faire un petit tour en Crête afin d'y retrouver quelques lointains parents.

Georges y était retourné  une seule fois, en 1918, pour présenter Clarisse à sa famille. Nous avions cette fameuse photo de famille prise lors de cette visite où l'on voit les jeunes époux entourant la mère de Georges et autour ses frères et sœurs. Le père Spyridon était décédé. Ils s 'en souvinrent de ce voyage,car chaque fois que nous l'évoquions, ils nous parlèrent surtout de cette effrayant tremblement de terre avec plusieurs répliques, qui leur gâcha les vacances.

(A Ierapetra en 1918, assis au premier rang à gauche Georges, sa mère et Clarisse à droite.)

Quelle ne fut pas notre agréable surprise de voir un des membres de cette famille crétoise venir avec la même photo.

Finalement, je dois donc d'être là, grâce aux contingences de la crise crétoise de la fin du 19 ème siècle.

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