Pardon de vous avoir laissé aux mains d'un FLN et d'un Bouteflika qui a engendré les massacres des années 90, pardon qu'ils n'aient pas su donner un autre rêve à leur jeunesse, que celui d'émigrer vers le pays de ses anciens colonisateurs.
Mon arrière grand-père crétois (il est mort j'avais 25 ans) m'a raconté comment après 5 siècles de joug Ottoman il a du quitter, avant la chute de ce dernier sa Crête natale à cause de la misère qui y régnait. Me dépossédant ainsi, en plus d'une partie de ma culture, de mon héritage matériel. Et pourtant, je ne vais pas pleurer à longueur de rengaines auprès des turcs d'aujourd'hui comme s'ils étaient collectivement responsables de l'Histoire. Pas d'esprit victimaire, simplement de la gratitude, seule alternative au ressentiment , écrivait Hannah Arendt, la gratitude d'être là au hasard heureux des contingences de l'Histoire.
Pardon enfin d'aimer le coucous autant que la choucroute, le tajine autant que la daube, le vin rouge et la bière autant que le thé à la menthe, le chichon et la chicha autant que le havane, le makrout autant que le Saint Honoré.
Pardon d'aimer Idir et Rachid Taha...