Islamophobie: quand la presse algérienne sombre à son tour

Le 10 novembre, une marche contre l'islamophobie a eu lieu à Paris. Initiée par Madjid Messaouene, féministe bien connu, et par Marwann Muhammad, défenseur des droits humains, elle a, sous la caution morale d'Edwy Plenel, rassemblé une marée humaine au coeur de Paris. Mais la bête immonde n'est pas seulement tapie dans la France colonisatrice, elle surgit désormais dans la presse algérienne.

C'est un article du canard daté du 13 novembre 2019 qui lance l'alerte: à Alger, et alors même que le pouvoir surveille sourcilleusement la presse, des articles dégoulinants d'islamophobie sont publiés en toute impunité.

Un islamophobe en plein coeur d'Alger

On lira ainsi en date du 16 octobre dans le journal Liberté, sous la plume d'un certain Amin Zaoui, la propagande raciste la plus crasse:

Au moment où, ici au Maghreb, les femmes mènent une lutte acharnée afin de se libérer du machisme sexiste religieux et de l’asservissement symbolisé, entre autres, par le port du voile imposé, de l’autre côté, les femmes européennes d’origine musulmane, victimes ou poussées par une idéologie islamiste masculine, reviennent au port du voile !

Le voile religieux n’est pas un choix personnel, mais un engagement communautaire. L’islamophobie, dont l’origine idéologique est un acte raciste perpétré contre l’islam, condamnée par toutes les lumières intellectuelles, est, aujourd’hui, détournée de son sens original. L’islamophobie est utilisée par les islamistes européens, incarnant le rôle de la victime, comme un pare-choc, afin de faire face à toute critique condamnant l’islam communautaire.

( c'est moi qui souligne)

Il est clair que ce M. Zaoui ignore volontairement ce que tout étudiant en sociologie de Paris VIII apprend en première année ( même sans avoir lu le moindre article de Faïza Zerouala ) : le port du voile  religieux, en France, n'est le fait que de femmes libres qui sont depuis longtemps émancipées de toute tutelle patriarcale et religieuse.

Les frères prêcheurs de la perpétuelle repentance doivent intervenir à Alger

Que faire ?

Alors même que le pouvoir est en lutte contre d'autres factieux, le salut ne peut venir que de la société civile, comme l'a rappelé avec clairvoyance Edwy Plenel.

Les frères prêcheurs de la perpétuelle repentance doivent sans attendre expliquer aux anciens colonisés réfractaires à quel point leur esprit est encore empreint des clichés orientalistes les plus éculés.

Bien sûr, on peut craindre que les membres d'un ordre pas bien catholique mais quand même fort religieux subissent le sort peu enviable des moines de Tibérine.

Il existe néanmoins un talisman qui devrait les garder sains et saufs. La COJEP fourni à qui de droit une décoration qui distingue sans ambigüité  les amis sincères des musulmans.

Marwann Muhammad et Edwy Plenel sont trop occupés à lutter en France contre l'holocauste qui vient, mais nul doute qu'ils sauront indiquer aux impétrants comment se procurer le divin viatique.

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