cantine.syrienne
Un espace transnational de solidarité et de rencontre où l'on partage un bon repas, des expériences et des horizons
Abonné·e de Mediapart

2 Billets

0 Édition

Billet de blog 13 juil. 2022

Manifeste : invitation pour un internationalisme par le bas

De la rage et de l’amertume de nos expériences, mais aussi du besoin de se sentir moins seul.e.s, est née l'envie de se connaitre et de se lier. Le réseau « Les Peuples Veulent » entend intensifier les circulations révolutionnaires entre territoires et continents. Le texte qui suit est un manifeste autant qu'une invitation.

cantine.syrienne
Un espace transnational de solidarité et de rencontre où l'on partage un bon repas, des expériences et des horizons
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

English 

Espanol

Arabic

Participant.es, enfants et ami.e.s de la révolution syrienne, nous nous sommes retrouvé.e.s avec un désir pour l'avenir : celui de ne jamais plus accepter, quelle que soit sa géographie, l’abandon de la juste révolte d’un peuple.

« Les gouvernements nous ont trahis, où sont les peuples ? » demandaient les révolutionnaires syrien.ne.s.  

De la rage et de l’amertume de nos expériences, mais aussi du besoin de se sentir moins seul.e.s, est née l'envie de se connaitre et de se lier. Dans nos exils et nos voyages, nous sommes allé.e.s à la rencontre des révolté.e.s. Nous nous sommes rejoints aux intersections d’un monde malade. Nous avons compris que nous faisions partie d'un combat transnational. Que nous faisions face à une élite internationalement organisée, avec ses réseaux de répression et d'exploitation. 

Si nous souffrons différemment, nos ennemis sont les mêmes. Parfois, nous ne comprenons pas de quoi un autre souffre, souvent nous ne parlons pas la même langue mais cela ne nous empêche pas de vouloir nous entendre.

Alors depuis quelques années, d'un continent à l'autre, nous avons fait route au sein des mouvements pour la vie et la dignité. Dans les "premières lignes" des  soulèvements, nos désirs se sont fait écho - du Chili au Liban, de Hong-Kong au Soudan, de l'Irak à la Colombie, de la Syrie à la France. Dans les pas des puissances zapatistes et féministes, nous avons commencé à tisser un réseau de connexions planétaires. Non comme une éthique abstraite, mais comme stratégie de survie. Ne pouvant nous contenter de réponses aux urgences ou aux crises, nous forgeons, à partir de là où nous vivons, des relations d'entraide, d'apprentissage, de complicité qui dépassent les frontières des États. Nous tissons depuis ce qui nous lie, nous traçons nos propres cartographies.

C'est à Paris, cœur d'une métropole du capital, mais grand carrefour des exils, que nos pas nous ont amené à vivre puis à construire un espace de croisement entre révolutionnaires du monde. 

Nous savons à quel point nous venons de territoires différents, avec leurs propres dynamiques, complexités et histoires. Mais nous savons aussi comment nos combats résonnent, comment nos révoltes poussent les mêmes cris, comment nous nous reconnaissons dans nos doutes et dans nos rages. Nous ne craignons pas le désaccord ; nous cultivons la multiplicité de nos expériences. 

Nous essayons d'explorer de nouvelles voies, mais des tentatives passées nous tirons nos leçons les plus déterminées. Nous sommes en recherche continue, nos questions restent grandes ouvertes, animées par une seule certitude : seuls les peuples sauvent les peuples. 

Nous défendons un internationalisme qui traverse les frontières des nations et des corps. Un internationalisme par le bas, ancré depuis une myriade d’espaces et de territoires qui décident de se gouverner eux-mêmes. Un internationalisme des peuples qui rêvent de voir de plus en plus de territoires libérés du capital et des tyrans. 

De ceux et celles d'entre nous qui viennent du Sud, nous avons appris à résister à tous les empires : occidentaux mais aussi russe, turque, chinois, iranien ou israélien. 

Nous rêvons toujours de la victoire. De la victoire des conseils locaux de Syrie, de celles des comités de résistance au Soudan et des assemblées territoriales au Chili ; d’une France autogérée par ses 150 000 ronds-points. Et pour faire revivre les fantômes des Daraya, Kronstadt ou Shangai nous pouvons compter, comme disent nos amies chiliennes, sur la mémoire du futur.  

Sur les chemins longs et difficiles des combats que, partout, nous livrons, nous souhaitons dessiner, ensemble, de nouveaux horizons.  À tous.te.s celles et ceux qui, souvent bien avant nous, ont commencé à construire cette entraide des peuples, à toutes les forces autonomes qui œuvrent pour la libération de tous et toutes sans distinction, nous vous adressons une invitation : 

Si vous le pouvez, venez à notre rencontre au festival internationaliste « Les Peuples Veulent » le 21, 22 et 23 octobre 2022 à Paris, notre contribution à la création d'espaces de rencontre et d'échange entre révolté.e.s à l’échelle planétaire. Si vous ne le pouvez pas, écrivez-nous, racontez nous vos tentatives. Rejoignons-nous sur le chemin. 

Nous qui voulons embraser ce monde pour le voir fleurir à nouveau nous n’avons plus d’autres choix que de nous retrouver, nous relier et combattre côte à côte. 

Nous écouterons tous les échos de cette invitation

À bientôt ici ou ailleurs. 

--------------------

"LES PEUPLES VEULENT", C'EST QUOI ?

 Pour octobre 2022, notre quatrième édition réunira une trentaine de collectifs venus d’Europe de l’Est, d'Amérique Latine, du sous-continent indien, d’Afrique et du Moyen-Orient pour trois jours de festival public avec projections, concerts, tables rondes, expositions. Une diffusion et une traduction seront assurées sur différents médias.

Écrivez nous  : lespeuplesveulent@proton.me 

Instagram : https://www.instagram.com/lespeuplesveulent/?hl=fr    

Facebook : https://www.facebook.com/lespeuplesveulent/

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Afrique
Kenya : le pays suspendu à des élections à haut risque
Mardi 9 août se déroulent au Kenya des élections générales. Alors que la population fait face à une crise économique et à une forte hausse des prix, ce scrutin risque de déstabiliser ce pays clé de l’Afrique de l’Est. 
par Gwenaelle Lenoir
Journal — Proche-Orient
L’apartheid, révélateur de l’impunité d’Israël
Le débat sur l’existence ou non d’un système d’apartheid en Israël et dans les territoires palestiniens occupés est dépassé. L’apartheid israélien est un fait. Comme le confirme l’escalade des frappes et des représailles autour de la bande de Gaza, il est urgent désormais de mettre un terme à l’impunité d’Israël et de contraindre son gouvernement à reprendre les négociations.
par René Backmann
Journal — Proche-Orient
Au moins trente et un morts à Gaza depuis le début de l’offensive israélienne
Parmi les victimes des frappes visant la bande de Gaza figurent six enfants et des dirigeants du groupe armé palestinien Djihad islamique. L’armée israélienne parle d’une « attaque préventive ».
par La rédaction de Mediapart (avec AFP)
Journal — Amériques
Au Pérou, l’union du président de gauche et de la droite déclenche une déferlante conservatrice
Sur fond de crise politique profonde, les femmes, les enfants et les personnes LGBT du Pérou voient leurs droits reculer, sacrifiés sur l’autel des alliances nécessaires à l’entretien d’un semblant de stabilité institutionnelle. Les féministes sont vent debout.
par Sarah Benichou

La sélection du Club

Billet de blog
Deux expos qui refusent d'explorer les réels possibles d'une histoire judéo-arabe
[REDIFFUSION] De l’automne 2021 à l’été 2022, deux expositions se sont succédées : « Juifs d’Orient » à l’Institut du Monde Arabe et « Juifs et Musulmans – de la France coloniale à nos jours » au Musée de l’Histoire de l’Immigration. Alors que la deuxième est sur le point de se terminer, prenons le temps de revenir sur ces deux propositions nous ont particulièrement mises mal à l'aise.
par Judith Abensour et Sadia Agsous
Billet de blog
Réponse au billet de Pierre Daum sur l’exposition Abd el-Kader au Mucem à Marseille
Au Mucem jusqu’au 22 août une exposition porte sur l’émir Abd el-Kader. Le journaliste Pierre Daum lui a reproché sur son blog personnel hébergé par Mediapart de donner « une vision coloniale de l’Émir ». Un membre du Mrap qui milite pour la création d'un Musée national du colonialisme lui répond. Une exposition itinérante diffusée par le site histoirecoloniale.net et l’association Ancrages complète et prolonge celle du Mucem.
par Histoire coloniale et postcoloniale
Billet de blog
Michael Rakowitz, le musée comme lieu de réparation
À Metz, Michael Rakowitz interroge le rôle du musée afin de mettre en place des dynamiques de réparation et de responsabilisation face aux pillages et destructions. Pour sa première exposition personnelle en France, l’artiste irako-américain présente un ensemble de pièces issues de la série « The invisible enemy should not exist » commencée en 2007, l’œuvre d’une vie.
par guillaume lasserre
Billet de blog
A la beauté ou la cupidité des profiteurs de crise
Alors que le débat sur l'inflation et les profiteurs de la crise fait rage et que nous assistons au grand retour de l'orthodoxie monétaire néolibérale, qui en appelle plus que jamais à la rigueur salariale et budgétaire, relire les tableaux d'Otto Dix dans le contexte de l'Allemagne années 20 invite à certains rapprochements idéologiques entre la période de Weimar et la crise en Europe aujourd'hui.
par jean noviel