Le gouvernement de M. Macri attaque les Grands-mères de la Place de Mai

A travers sa ministre de Sécurité, Patricia Bullrich, le gouvernement s’attaque à un sujet très sensible : le démantèlement de l’équipe responsable de garantir le bon déroulement des investigations et de préservation des échantillons ADN qui servent à constater l’identité des petits enfants volés para la dictature.

Voici le communiqué de Grands-Mères de la Place de Mai:

"Nous dénonçons le démantèlement du secteur lié à la restitution des petits-enfants au sein du Ministère de la Sécurité.

Grave préoccupation par le démantèlement que la ministre Patricia Bullrich mène dans les zones sensibles du Ministère de la Sécurité Nationale, dédiée à l'appui des politiques de droits de l'homme qui avaient été soutenues par l'État National

Les Grands-mères de la Place de Mai nous exprimons notre profonde préoccupation et dénonçons le démantèlement que la ministre Patricia Bullrich mène dans les zones sensibles du Ministère de la Sécurité nationale, dédiée à l'appui des politiques des droits de l'homme qui avait soutenu l'État National. En particulier, le démantèlement du Groupe spécialisé sur l'Entraide Judiciaire (GEAJ), créé à la demande des Grands-mères de la Place de Mai pour aider à l'extraction d'échantillons d'ADN par la voie judiciaire, qui permettent l'identification de nos petits-enfants.

Le Journal Officiel vient de publier la nouvelle structure organisationnelle du Ministère de la Sécurité Nationale, où nous avons constaté la désintégration de la Direction des droits de l'homme dépendant du portefeuille ministériel. Cette direction a occupé un rôle très important dans l'étude documentaire et la production de rapports pour aider les enquêtes criminelles pour des crimes contre l'humanité. Il dépend aussi de l'GEAJ, qui a fait l'objet d'un règlement amiable entre Grands-mères de la Place de Mai et l'État national devant la Commission Interaméricaine des Droits de l'Homme en 2009 (Accord publié dans le Journal officiel du 20/11/09). Sa création est due au fait que la délicate tâche de prélever des échantillons d'ADN pour identifier légalement nos petits-enfants, les enfants des disparus, ne pouvait pas rester dans les mains des forces de sécurité, qui, dans de nombreux cas, ont agi en complicité avec les usurpateurs, en détournant les échantillons afin de rendre impossible les restitutions des enfants.

À la fin de 2014 il a été condamné par Tribunal fédéral n ° 5 de San Martin, l'agent de police, Adolfo Porcel pour avoir détourné en 2005, en complicité avec l'ancien gendarme et usurpateur, Victor Enrique Rei, des échantillons au cour de la perquisition au sujet de la restitution du petit-fils Alejandro Pedro Sandoval Fontana. Cela a motivé la nécessité de créer un groupe de travail pour collaborer avec la justice dans le domaine de la Direction des droits de l’Homme du Ministère de la Sécurité en charge des civils engagés dans la Mémoire, la Vérité et la Justice.

Les décisions prises au Ministère de la Sécurité sont un sérieux revers vis-à-vis les normes établies par l'État national en matière d'enquête et de poursuite des crimes contre l'humanité qui le rendent internationalement responsable.

Pour cette raison, les Grands-mères de la Place de Mai demandent au Président de la Nation de prendre les mesures nécessaires et revenir sur la grave décision prise par la ministre Bullrich. Faute de quoi nous allons dénoncer le gouvernement auprès de la Commission Interaméricaine des Droits de l'Homme pour violation du règlement amiable de 2009.

Buenos Aires, le 6 mai 2016

 

Les Grands-mères lancent une vaste campagne internationale pour garantir leur Independence financière face aux probables coupures du nouveau gouvernement.

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