L’Argentine refuse d’appliquer une résolution de l’ONU

Le 27 octobre, le Groupe de Travail sur la Détention Arbitraire de l’ONU a demandé au gouvernement argentin, dans un long document de 20 pages, l’immédiate libération de Milagro Sala. Cette dirigeante sociale, députée du Parlasur est détenue depuis le 16 janvier 2016 sans aucune base légale ni justification quelconque.

En février dernier, lors de la détention de Milagro Sala dans la province de Jujuy, Amnesty International, le CELS et l’Andhes ont présenté une requête à l’ONU qui a alors diligenté une enquête.

Lors d’une étude approfondie le Groupe de Travail a estimé que l’accumulation des mises en examen successives pour la maintenir en détention préventive met en péril l’indépendance de la justice. La commission a pointé qu’il n’y a aucun risque d’entrave à la justice ou de fugue qui pourrait justifier sa privation de liberté. Par ailleurs, elle considère que l’état argentin a bafoué son droit à la défense, en lui imputant des charges arbitraires et injustifiées. De plus, en tant que parlementaire du Mercosur son immunité a été ignorée. L’ONU a conclu que la détention de Milagro Sala est une nette violation des droits élémentaires. Elle exige de L’état Argentin de mettre fin à ce type de pratique et de garantir la libre expression des droits de l’homme. Cette exigence est sans appel.

Les représentants de plusieurs organisations françaises et franco-argentines de défense des Droits de l’Homme ont demandé audience à l’ambassade argentine afin de rencontrer le ministre Claudio Avruj, Secrétaire d’Etat aux Droits de l’Homme le jeudi 24 novembre dernier, lors de son passage à Paris.

A l’évocation de la résolution du Groupe de Travail, ce dernier a affirmé qu’il s’agissait d’une « opinion non contraignante ». Les associations présentes ont insisté pour qu’il assume son rôle de défenseur des droits de l’homme et que son gouvernement respecte cette résolution. Le ministre un peu agacé a répondu que l’Argentine est un pays fédéral et que la justice de la province de Jujuy est indépendante et seule à décider sur le sort de Mme Sala.

Geneviève Garrigos, représentante de Amnesty International France a insisté sur le caractère obligatoire de la résolution du Groupe de Travail puisque l’Argentine a signé les traités qui l’oblige à respecter lesdites résolutions. Le chef de cabinet du ministre Avruj est intervenu pour confirmer « l’invitation du gouvernement argentin au Groupe de Travail, comme le stipule l’article 119, afin de continuer ses investigations ». Les associations présentes ont fait remarquer que justement l’article 119 exprime l'intérêt du Groupe à se rendre en Argentine afin de seulement « mettre en œuvre la recommandation" explicité clairement dans l’article 117, à savoir la libération de Mme Sala et une possible réparation et non pas pour étudier sa situation ce qui a déjà été fait pendant des mois.

A la fin de la réunion un dossier recueillant des centaines de signatures collectées par le Comité Français pour la libération de Milagro Sala a été remis au ministre Avruj.

On apprenait le soir même que le mari de Milagro Sala ainsi que trois autres de ses compagnons avaient été libérés. Il est évident que la pression internationale est très importante pour faire céder le gouvernement complice de l’acharnement du gouverneur de Jujuy, Gerardo Morales qui décide de tout dans sa province comme un seigneur féodal et qui a juré de « ne jamais libérer Milagro Sala ».

Pour plus d’informations sur cette affaire voir mon post : https://blogs.mediapart.fr/carlos-schmerkin/blog/020716/liberez-milagro-sala

Article du journal Pagina 12

https://www.pagina12.com.ar/5146-canton-sobre-el-reclamo-de-liberar-a-milagro-sala-hay-que-cu

Cliquez sur ce lien pour signer la pétition:

Liberté à Milagro Sala, prisonnière politique en Argentine

 

 

 

 

 

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