Pourquoi Macri et ses fonctionnaires s’acharnent contre la mémoire ?

L’ex militaire et actuel directeur général des Douanes, Juan José Gómez Centurion affirme que la dictature n’avait pas "un plan systématique pour la disparition de personnes ni génocidaire » et que les actions de l'armée étaient tout simplement une « réaction excessive ».

Interrogé hier dimanche par Luis Novaresio dans son programme de télévision « Debo decir » sur l'opinion de la figure du général Galtieri, qui avait ordonné l’invasion des iles Malouines le 2 avril de 1982, Gómez Centurion dit: «Je ne ressens pas de haine pour Galtieri et je ne crois pas que la dictature avait organisé un plan de disparition systématique».

Le directeur général des Douanes a déclaré également qu’il n’y a pas eu 30.000 disparus mais « 8 mille vérités et 22 mille mensonges." Il a également défendu le capitaine Alfredo Astiz, accusé d'abandon sans tirer un seul coup de feu dans les îles Malouines et condamné à perpétuité en 2011 pour crimes contre l’humanité. Selon Gómez Centurion, Astiz "a suivi les ordres de sa hiérarchie."

Lors de cette émission il a également revendiqué l'insurrection militaire contre le président Alfonsin de Pâques de 1987 à laquelle il a participé en tant que membre du groupe « carapintada ».

Ces déclarations, qui rappellent celles de l’ancien Ministre de la Culture, Dario Lopérfido - qui a dû démissionner le 6 juillet 2016 face au tollé suscité par ses propos – s’inscrivent dans une politique systématique de provocation de la part de ce gouvernement depuis plus d’un an.

En effet, le président Macri, après avoir signé en pleine trêve estivale les DNU (Décrets de Nécessité et D’urgence) sans consulter les principaux intéressés: les organismes de Défense de Droits de l’Homme, a dû revenir aujourd’hui sur un décret signé la semaine dernière déclarant amovible le jour férié du 24 mars, date de commémoration du dernier coup d’état et déclaré « Jour National de la Mémoire pour la Vérité et la Justice » en 2002 et inamovible depuis 2005.

Face à l’indignation générale, plus de cinquante municipalités et deux gouverneurs ainsi que des personnalités de tous bords, - y compris du camp de Macri comme le député radical Ricardo Alfonsin – le président a dû faire marche arrière en « reconnaissant son erreur… ». Il a fait de même sur le férié du 2 avril, jour en hommage aux vétérans et morts au combat contre les anglais en 1982 dans les batailles des Iles Malouines.

La même vague de protestations qui a fait reculer Macri sur les jours fériés est en train de s’étendre contre les déclarations insoutenables de Gomez Centurion en réclamant sa démission immédiate.

 

Extrait du programme avec Gómez Centurion

http://www.diarioregistrado.com/politica/gomez-centurion---la-dictadura-no-fue-un-plan-genocida-_a588eab48fc34787c07f5c3da

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