Tartufe à la manœuvre : Emmanuel Macron et les commémorations de 14-18

Commémoration de la fin du Premier conflit mondial et hypocrisie font bon ménage.

Comme il est beau et fringuant notre président de la République, paradant devant un parterre de chefs d’Etats et de gouvernements et une place de l’Arc de triomphe étonnamment vide. Et comme les commentaires des journalistes peuvent être élogieux. On pourrait même dire légèrement empreints de complaisance : un discours profond, une stature internationale, une vision du passé et de l’avenir, etc. Et puis, cerise sur le gâteau, le Forum de Paris sur la paix. Quelle initiative merveilleuse vraiment.

 

Il est vrai qu’il fallait oser. La France est un pays qui aime à prôner la paix, et qui excelle à pratiquer la guerre. Qui excelle à mettre de l’huile sur le feu dans les conflits locaux, qui intervient militairement un peu partout dans le monde officiellement et officieusement, et surtout dont la vente d’armes est un des piliers de son commerce extérieur.

 

On reproche à Donald Trump ne n’avoir pas assisté au Forum de Paris sur paix. Il a au moins le mérite de ne pas pratiquer le double langage. Quand notre président à nous explique benoitement qu’il ne peut pas condamner un pays pour un meurtre infâme parce que le dit pays est un de ses principaux acheteurs d’armes. Un président qui se permet des envolées oratoires sur la paix quand le dit pays, au moment même où il prononce son discours, mène une offensive militaire de grande ampleur dans un pays dont il assassine la population en toute quiétude depuis trois ans.

 

Si ce n’était pas si grave et si scandaleusement hypocrite, on pourrait presque en rire.

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