Faut-il tout accepter au nom de la lutte contre le covid-19?

La crise sanitaire actuelle justifie-t-elle les mesures les plus stupides et liberticides?

Lundi 23 mars, le maire de Sanary vient d'annoncer une mesure essentielle dans le cadre de la campagne de prévention du covid-19 : interdire à ses administrés d'acheter une seule baguette quand ils se rendent dans une boulangerie ! Explication : c'est pour empêcher que les gens viennent  acheter leur pain chaque jour.

On me dira : oui, mais c'est pour limiter la propagation du virus. Il y a toujours, à chaque mesure imbécile qui réduit les libertés publiques, d'autres imbéciles pour approuver et exiger des mesures encore plus contraignantes. Nous n'en sommes plus à la fabrique du consentement mais à la surenchère dans l'empilement de mesures toutes plus stupides les unes que les autres, qui visent à nous ravaler au rang d'enfants apeurés acceptant tout en espérant que le virus nous épargne. 

Pourquoi ne pas exiger que nous nous promenions tous avec un crucifix et une gousse d'ail? Après tout, ce ne serait pas plus con que de porter un masque fabriqué à la maison, puisque fleurissent les tutoriels du type : "comment fabriquer son masque de protection soi même", "comment fabriquer son gel hydro-alcoolique"...  

Non seulement nous sommes victimes de décennies de politiques publiques destructrices du système de santé, mais il faut en plus en passer par les caprices d'édiles qui n'ont aucune compétence médicale ou scientifique, et qui s'ingénient à inventer chaque jour de nouvelles contraintes au gré de leurs obsessions : couvre-feu, flicage par drone, etc. Sans parler des décisions arbitraires du petit commerçant qui fait sa loi : interdiction d'être à plusieurs dans un magasin, interdiction d'acheter tel ou tel produit... au nom bien entendu de la protection de la santé.

Et puis quoi d'autre? Pourquoi ne pas encourager la délation? Dénoncer son voisin qui reçoit quelqu'un chez lui, qui sort trop longtemps faire son footing ou qui sort son chien trois fois par jour, ou pire encore, les gamins en bas de chez soi qui tapent dans un ballon... pourrait bientôt valoir une médaille.

Et dire que nous entamons seulement la deuxième semaine de confinement. Ça promet...

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