Récit d'un incroyable périple à travers La Réunion

Carnet de voyage de la diagonale des fous en 14 jours de marche.

Nous sommes un couple de 28 et 29 ans. Poids sur le dos : 8 et 10 kg. Motivation : 100% !

GRR2 JOUR 1 : de Saint-Denis au gîte de Roche écrite

Nous partons de l'hôtel de bonne heure et nous rendons à La Providence sur les hauts de Saint-Denis où se trouve le départ du GRR2. Sur la route, nous prenons soin de retirer une somme rondelette d'argent liquide : il semble que les gîtes n'acceptent pas la carte. Nous avons également un chéquier au cas où.

A La Providence, nous grignotons notre petit déjeuner et chaussons nos bâtons : c'est parti ! Le panneau indique 7h, sera-t-on plus rapides ? Il est 8h30 du matin.

Pour cette étape un gros dénivelé nous attend puisque nous partons du niveau de la mer pour grimper jusqu'à 1830m. Le début de la randonnée est très agréable, ombragé. Nous voyons l'océan s'éloigner de plus en plus, ainsi que la civilisation. Rapidement, nous atteignons le village du Brûlé. Au lieu de suivre la route, le GRR2 permet de prendre de petits raccourcis, ce qui est quand même plus agréable ! La montée est raide, nous prenons une petite pause en haut du village. Une fois requinqués, nous reprenons la montée jusqu'au parking de Mamode Camp. Nous entrons dans la réserve des Tuit-tuit, espèce d'oiseau protégée qu'on ne trouve que dans la forêt de la Roche Écrite. Les 35 couples qui restent y sont répartis sur seulement 19 km2. Nous apercevons de nombreux oiseaux similaires mais nous doutons que cela soit des Tuit-tuit car trop nombreux.

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Enfin, nous atteignons le gite après une dernière heure un peu longue mais néanmoins magnifique. Il est 15h, nous avons donc respecté le temps indiqué. Très vite, nous constatons que les pulls chauds emportés ne seront pas de trop ! L'air se rafraîchit vite quand le soleil disparaît (vers 17h30 en juillet). Et les dortoirs très humides ne nous réchauffent pas beaucoup ! Nous trouvons donc vite refuge dans la salle commune chauffée par la préparation du repas. Celui-ci est servi tôt dans les gîtes, entre 18h et 19h, afin de permettre aux randonneurs de se coucher de bonne heure.

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Nous dégustons notre premier rhum arrangé - le premier d'une longue série - ainsi qu'un carry de poulet. La soupe en entrée nous avait déjà ravis et là nous sommes comblés. Le carry est bien sûr accompagné de riz et de "grains" (en l'occurrence des lentilles, mais cela peut aussi être des pois ronds).

Nous rencontrons une famille de trois personnes (les parents et leur fille de 25 ans) que nous recroiserons régulièrement au gré des étapes et des gîtes. Les autres convives sont des randonneurs d'un jour, ils ne feront pas toute la traversée.

Vers 21h, chaussés de nos boules quiès, nous ne tardons pas à nous endormir.

 

GRR2 JOUR 2 : du gîte de Roche écrite à Dos d'âne (passage par Roche écrite)

Nous nous levons tôt ce mardi matin pour partir à l'assaut du sommet de Roche Ecrite avant que les nuages n'arrivent. La montée dure une bonne heure (sans sacs que nous avons pu laisser au gîte). Le décor est magique, on a l'impression de se trouver sur une autre planète. Nous croisons de nombreux arbres "à barbe" qui nous amusent.

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 Arrivés en haut les premiers, nous avons le souffle coupé devant la vue magnifique qui s'offre à nous : tout le cirque de Salazie s'étend en contrebas sans qu'un seul nuage ne vienne voiler le paysage. Incroyable ! Nous restons un bon moment en haut à prendre de nombreuses photos - de la vue mais aussi des fameuses "roches écrites" qui ont donné leur nom au sommet.

 

 

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Nous finissons par redescendre au moment où les nuages commencent à gagner le sommet. Nous faisons les premiers mètres avec une famille de La Réunion venue profiter du soleil du Nord pour fuir la pluie du Sud. Nous faisons halte au gîte pour récupérer nos sacs et repartons pour le gîte suivant à Dos d'âne.

Rapidement, un panneau nous indique un point de vue à cinq minutes de là sur le côté du sentier. Nous décidons bien sûr d'y aller et après une solide montée, nous voilà à nouveau le souffle coupé devant la beauté de la vue. Toutefois, nous ne nous attardons pas cette fois car la route est encore longue et la matinée est déjà bien avancée. Nous reprenons le sentier sur un terrain gras qui peut être parfois glissant. Heureusement que le temps est sec depuis plusieurs jours !

Nous progressons à flanc de falaise mais les nuages collent à la montagne et ne nous laissent malheureusement pas admirer le paysage qui doit être splendide en contrebas. Après quelques heures intenses de descente, nous apercevons Dos d'âne. Nous choisissons de faire un petit crochet par un sentier avec quelques échelles (plutôt des escabeaux) et nous voilà arrivés en haut du village. Nous croisons deux frères campeurs qui suivent le même itinéraire que nous et que nous reverrons souvent durant notre traversée.

 

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Nous arrivons au gîte des Acacias où nous retrouvons un couple Lillois-Toulousain qui a atterri à Saint-Denis le matin même. Pour eux, pas de sacs, ils ont choisi un tour opérateur qui les suit avec leurs affaires tout au long du périple. Pas de jalousie de notre côté : le port des sacs fait partie du challenge !

Nous ne serons finalement que quatre ce soir et chaque couple a donc un dortoir privé, la classe ! Nous profitons également d'une douche chaude, ce que nous n'avions pas eu au gîte de Roche Ecrite, ainsi qu'une prise électrique dans la chambre. Ce soir-là, nous dégustons nos premiers chouchous, cuits, en salade. Délicieux ! Le propriétaire nous parle un peu de son île et nous met en garde contre la rude descente vers la rivière des galets qui nous attend demain. Espérons que la nuit reposera nos jambes déjà courbatues par l'étape du jour...

 

GRR2 JOUR 3 : de Dos d'âne à Aurère par la rivière des galets

En sortant du gîte des Acacias, nous commençons directement par un petit raccourci assez glissant : le ton est donné pour la journée, il faudra s'accrocher ! Nous partons avec le couple rencontré la veille, mais ils nous devancent rapidement avec leurs petits sacs. Comme annoncé par le propriétaire des Acacias, la descente est raide jusqu'à la rivière des galets avec une échelle et quelques passages un peu techniques. Les cuisses travaillent dur ! Mais l'effort est largement compensé par le paysage qui nous entoure. Antoine s'arrête toutes les deux minutes pour prendre une photo - "est-ce que j'ai déjà pris cette vue-là ?" On ne veut rien rater !

 

Après deux heures de descente, nous arrivons à la rivière des galets où nous profitons de faire un arrêt baignade. Elle est fraîche mais ça fait du bien ! En reprenant la route, nous remarquons vite que le sentier serpente dans la rivière et que la solution d'enlever et remettre les chaussures de marche n'est pas la plus rapide : nous finissons donc par chausser nos tongs jusqu'à ce que nous franchissions une quatrième et dernière fois la rivière. 

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La dernière partie de cette étape consiste en une longue montée vers Aurère. Là aussi le paysage est époustouflant : nous montons à flanc de vallée, une fine barrière nous séparant du bord. Le temps est splendide, ce qui nous permet d'apprécier chaque seconde la montée. 

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Nous arrivons à Aurère vers 15h30 et sommes accueillis au gîte du Piton Cabris par Emmanuel, jeune réunionnais de 28 ans qui tient le gite avec son père. Très chaleureux, il nous racontera de nombreuses anecdotes durant la soirée ce qui fera de ce gîte le meilleur du périple. Ajouté au délicieux repas - rougail saucisse puis beignet aux bananes tout juste sorti du four - et au rhum arrangé, nous sommes comblés !

 

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Nous partageons notre dortoir avec un couple d'une cinquantaine d'années qui profite de faire des vacances plus sportives maintenant que leurs enfants sont grands. Nous les recroiserons eux aussi plusieurs fois par la suite. Ce soir, le massage des cuisses est nécessaire car les deux grosses descentes consécutives ces derniers jours ont laissé des traces...

 

GRR2 JOUR 4 : D'Aurère à Grand Place les Hauts

Nous quittons le gîte du Piton Cabri non sans avoir pris la pose avec Emmanuel pour une petite photo souvenir. Nous reprenons la route les cuisses toujours un peu douloureuses. Aujourd'hui, notre chemin passe par plusieurs Ilets (petits villages) : Ilet à Malheur, Ilet à Malheur les Hauts et Ilet à Bourse. Sur notre chemin, nous croisons des bambous que nous gravons à côté de centaines d'autres témoignages de randonneurs. On a laissé notre trace dans Mafate ! 

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Aujourd'hui, l'étape est plus courte si bien que nous arrivons vers 14h au gîte du Coeur de Mafate qui n'ouvre qu'à 15h. Qu'à cela ne tienne, nous nous installons en contrebas face à une vue imprenable sur la vallée et entamons une petite sieste, bientôt rejoints par deux amis, l'un habitant Saint-Pierre l'autre Berlin. Ils partageront aussi notre table ce soir et notre dortoir. 

 

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Le gîte s'avère très beau et bien entretenu, la présence d'un grand groupe d'une dizaine de personnes nous empêche toutefois de tisser des liens. Ce soir, c'est boucané au menu, miam !

 

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 GRR2 JOUR 5 : de Grand Place à Roche Plate par Cayenne et l'îlet des orangers

Aujourd'hui, retour à une étape plus intense et plus longue ! Le sentier commence par descendre vers Grand Place Cayenne, puis vers une passerelle qui nous permet de traverser la rivière. Le panneau indiquant que celle-ci a été fragilisée par un éboulement et ne permet le passage que d'une personne à la fois n'est pas très rassurant...

 

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Passés de l'autre côté commence une montée assez longue qui mène vers l'Ilet des Lataniers puis vers l'Ilet des Orangers. C'est là que nous trouvons une petite épicerie où nous achetons un sandwich bouchons et du saucisson bien mérités ! Nous dégustons nos victuailles en compagnie d'un Lyonnais qui fait la traversée seul, sa tente et 17 kilos sur le dos. Il nous accompagnera encore un bout avant de poursuivre sa route, son pas étant, avouons-le, bien plus rapide que le nôtre...

 

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Après avoir monté encore bon nombre de marches, nous arrivons au Col de la Brèche qui se situe au pied du Maïdo. Nous avions caressé l'espoir de pouvoir monter au sommet de ce dernier mais les nuages et les randonneurs qui en descendent nous dissuadent vite. Tant pis, la vue depuis le Col de la Brèche en vaut déjà largement la peine !

 

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 Nous finissons ensuite l'étape par une descente tranquille vers Roche Plate pour nous rendre au gîte Vivette Thiburce. Ce gîte a la particularité d'être situé en haut du village tandis que les propriétaire habitent en bas. Il faut donc rechausser ses chaussures et se munir de sa frontale le soir venu pour aller manger. Vivette nous régale d'une délicieuse salade de chouchou suivie d'un boucané (eh oui, encore un !). Nous faisons la connaissance d'un couple de la région parisienne qui débute en randonnée. Belle expérience pour eux malgré la chute de Madame dans la rivière. Heureusement, le smartphone tombé à l'eau a tenu bon !

 

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Au gîte, une douche chaude nous attend, ainsi qu'un grand dortoir. Malgré de nouvelles tentatives, ce ne sera pas encore aujourd'hui que nous arriverons à laver (ou plutôt à faire sécher) nos habits...

 

GRR2 JOUR 6 : de Roche plate au gîte de Martial Gravina entre la Nouvelle et Marla

L'étape du jour repasse par la rivière et cette fois-ci c'est un peu plus sport que la dernière fois. En effet, l'eau monte assez haut et le courant est fort. J'en perds même une tong qu'Antoine réussira finalement à récupérer. Heureusement, nous réussissons à éviter la chute. Nous ne sommes même pas à la moitié de la traversée, ce n'est pas le moment de mouiller toutes nos affaires ! 

 

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Avant d'arriver à la rivière, nous avions choisi de faire le tour du Bronchard qui permet d'avoir une superbe vue sur les environs. Ce que nous n'avions pas prévu, c'est la présence de nombreuses araignées dont une qui nous barre la route. Nous préférons faire un détour plutôt que de passer sous sa toile... Pourtant, aux dires des Réunionnais, elles seraient totalement inoffensives... mais nous préférons ne pas tester ! Les araignées nous suivrons tout au long de l'étape et nous faisons de nombreuses photos artistiques de leurs toiles. 

 

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Retour au bord de la rivière. Deux échelles nous attendent pour commencer la montée vers La Nouvelle. Elles sont impressionnantes vu du bas mais ne sont pas très difficiles à passer.

 Arrivés presque en haut, mon nez se met à saigner en même temps que la pluie à tomber. Vite un mouchoir coincé dans une narine et la housse de protection sur les sacs, nous nous dépêchons de rejoindre La Nouvelle et trouvons refuge dans une petite épicerie. Le thé chaud qui nous est servi n'est pas de refus car la température a nettement baissé. Nous attendons une petite accalmie avant de nous remettre en route pour rejoindre le gîte Martial Gravina à une demie-heure de là. 

 

La pluie s'est remise à tomber et c'est une soirée grise et mouillée qui nous attend. Pas de quoi se réchauffer sous la douche puisqu'elle est glacée, mais la salle à manger offre l'agréable surprise d'avoir un poêle. Il fait bon chaud ! Ce soir, nous mangeons un troisième boucané et commençons à espérer que le menu changera demain ! Nous nous régalons malgré tout et rencontrons une famille qui passe deux jours dans Mafate avec leurs trois filles de 16, 15 et 10 ans. 

 

GRR2 JOUR 7 : du gîte à Marla par Trois Roches

Aujourd'hui, c'est dimanche et qui dit dimanche, dit étape plus facile. En effet, comme le gîte de la Caverne Dufour au pied du Piton des neiges n'avait de la place que pour le mardi suivant, nous avons été contraints de rallonger d'un jour les étapes précédentes. Pas très grave puisque cela nous permet de profiter de la cascade de Trois Roches où nous passons trois bonnes heures adossés à un caillou à profiter du calme de la montagne.

 

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En début d'après-midi, nous reprenons la route et montons vers Marla. Nous croisons un couple d'Allemands : Madame semble épuisée et Monsieur porte son sac. Courage on y est presque !

 

Nous arrivons au gîte des Trois Roches à Marla un peu tôt et nous nous asseyons dans l'herbe en attendant 15h. Là aussi là vue est plongeante sur le parcours que nous venons d'effectuer. A côté de nous une famille avec des enfants de 4 et 7 ans patientent aussi. Les deux petits n'ont pas l'air fatigués par la marche ! Nous sommes aussi accueillis par le chien du gîte.

 

 

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Quand nous pouvons disposer de nos appartements, nous avons le plaisir de nous voir attribuer une chambre double puisqu'un couple d'Allemands préféraient finalement dormir avec leur fils en dortoir. On ne dit pas non !

 

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Ce soir-là, nous faisons la connaissance de deux amis qui ont laissé provisoirement leur petite famille en bord de mer pour faire deux jours de rando entre le Maïdo et Cilaos. 

 

GRR2 JOUR 8 : de Marla à Cilaos par le col du Taïbit

Nous quittons le gîte avec un magnifique soleil levant et nous dirigeons vers le Col du Taïbit. La montée n'est pas très longue et nous arrivons rapidement en haut, d'où nous apercevons Cilaos. Nous avons alors le sentiment que l'étape sera bien plus rapide que les 5h30 annoncées... Pas du tout ! La descente vers Cilaos est longue et trompeuse car bien que nous ayons toujours la ville en vue, celle-ci met du temps à devenir réelle. 

 

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Arrivés à Cilaos, nous nous dépêchons de rejoindre notre chambre d'hôte Le Rosier et d'avaler un sandwich bouchons avant de nous rendre à notre séance réservée aux thermes de Cilaos. Au programme : sauna, bain à bulles, douche tonique et siège massant. Que du bonheur après 7 jours de rando !

 

Le soir, nous visitons Cilaos et en profitons pour acheter des gants pour la montée au Piton des neiges le lendemain. Nous trouvons notre bonheur à 8 euros dans une boutique de souvenirs. Affamés par la marche et les thermes, nous nous précipitons au restaurant dès que l'heure nous paraît acceptable. Cela nous semble étrange de se retrouver en ville autour d'une table pour deux personnes et entourés de gens à qui nous ne parlons pas. Vivement le retour dans les hauteurs ! 

 

 

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Ce soir, nous constatons que le chemin est encore long jusqu'à la fin du GRR2 et qu'il nous reste encore quelques belles montées. 

 

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GRR2 JOUR 9 : Montée à la caverne Dufour

La nuit a été très venteuse, difficile même de dormir avec le bruit du vent et des volets qui claquent. Nous craignons pour la montée au Piton et espérons que cela va se calmer. Nous ne nous pressons pas pour quitter Cilaos car nous savons que la montée vers la Caverne Dufour ne prend que 2h30. Pas besoin d'aller se geler là-haut trop tôt !

 

Nous partageons le petit déjeuner avec un père de famille qui a fait la montée au Piton le samedi précédent et qui semble encore bien courbaturé. La descente, plus que la montée, l'a achevé !

 

Nous partons vers 11h30 pour le parking du Bloc, départ vers le Piton des neiges. Nous croisons sur la route le couple Lillois-Toulousain rencontré à Dos d'âne qui descend, dépité. En effet, le vent était si fort ce matin que personne n'a pu monter voir le lever de soleil. En plus, la nuit fut rude car les bungalows dans lesquels ils dormaient semblaient vouloir s'envoler à tout moment. Aïe, espérons qu'il n'en sera pas de même pour nous !

 

Nous continuons notre montée et croisons l'un des frères campeurs qui redescend, lui aussi dépité. Il avait prévu de se rendre à Bourg-Murat mais il a renoncé sur conseil des personnes présentes au gîte car le sentier était peu praticable. Aïe bis, c'est ce que nous avions nous aussi prévu de faire !

 

Nous continuons tout de même notre montée, certes raide, mais moins difficile que celles que nous avons faites les jours précédents. Le soleil nous accompagne une bonne partie du trajet et nous apercevons même un arc-en-ciel.

 

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Vers 15h, arrivée à la Caverne Dufour. Malgré tous les avis négatifs entendus à son sujet, le gîte nous paraît très confortable avec sa salle commune chauffée et ses grands bungalows extérieurs. Par contre, pas possible de voir la vue en cette fin d'après-midi...

 

Nous faisons la connaissance à table ce soir-là d'un couple qui fait la même traversée que nous mais dans l'autre sens. Ils ont commencé deux jours plus tôt au Piton de la Fournaise. C'est eux qui nous convainquent de rejoindre Bourg-Murat le lendemain malgré le renoncement du campeur. Le sentier est certes boueux mais pas impraticable.

 

Nous allons nous coucher de bonne heure : demain, lever à 4h pour aller voir le lever de soleil ! 

 

GRR2 JOUR 10 : Piton des neiges et descente vers Bourg Murat

Antoine se lève le premier dans le dortoir et nous réveille d'un joyeux "c'est magnifique, il n'y a pas un seul nuage, ça va être incroyable !". Il n'en faut pas plus pour motiver tout le bungalow à se lever et chausser sa lampe frontale. La montée se fait en pente relativement douce sur des cailloux qui peuvent glisser à certains endroits (surtout vers le haut, car cela gèle la nuit). Nous formons une longue colonne de petites fourmis lumineuses qui partons à l'assaut du plus haut point de La Réunion.

Vers 6h20, nous arrivons au sommet. Plus qu'une demie-heure avant le vrai lever, mais les premières couleurs sont déjà là. Nous allons un peu en contrebas du sommet, là où il y a moins de monde et une vue tout aussi (voire plus) belle. Nous avons de la chance, il n'y a pas de vent, le froid reste donc supportable (nous avons quand même mis plusieurs couches).

 

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Après plus d'une heure passée en haut, nous redescendons tranquillement pour aller prendre le petit déjeuner - composé de cinq tranches de brioche et de thé - sans savoir que ce serait le dernier repas avant une longue et pénible épreuve.

 

En effet, le soleil étant au rendez-vous à la Caverne Dufour, nous décidons de tenter la descente vers Bourg-Murat. Le panneau indique 4h30, cela ne nous semble pas si énorme. Hélas, la pluie et la boue nous rattrapent vite. Au bout de deux heures de descente, trempés, et au vu du panneau annonçant encore 3h30, nous nous résignons à enfiler nos ponchos et à braver les élément. Les quatre heures suivantes seront faites de chutes (heureusement sans dommages, mais nous salissant toujours un peu plus), de moment de léger désespoir (à quand la fin) et de fous rires (encore une énorme mare à traverser...), nous arrivons enfin au parking sur lequel le propriétaire du gîte de la Fournaise a promis de venir nous chercher. En effet, cinq minutes après notre appel, le voici. Nous n'avons jamais été aussi contents de voir une voiture ! 

 

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Le gîte de la Fournaise est agréable et la douche chaude, tant mieux ! Nous partageons notre repas avec un unique randonneur qui finit les 7 mois passés à la Réunion par une randonnée dans l'Île. Nous mangeons notre premier et attendu gratin de chouchou en entrée, suivi de carry et de crevettes. Un gâteau à la coco vient couronner le tout.

 

Nous prenons soin de mettre du papier journal dans nos chaussures et espérons que cela sèche durant la nuit...

 

GRR2 JOUR 11 : Montée au gîte du volcan (de la fournaise)

Nos chaussures sont encore mouillées bien sûr, donc nous prenons soin d'envelopper nos pieds dans des sacs en plastique pour préserver nos dernières chaussettes sèches. Et ça marche !

Pascal, le propriétaire du gîte de la Fournaise, a la gentillesse de nous amener au départ du sentier menant au gîte du volcan, nous épargnant ainsi une bonne trotte sur la route nationale. Malgré le soleil au lever, le temps se gâte et nous devons ressortir les ponchos. Heureusement, même boueux, le chemin est plus praticable que la veille.

A mi-chemin, au Piton Textor, nous pouvons enlever les ponchos, ouf le soleil est de retour ! La suite du chemin vers le gîte est vraiment magnifique, en descendant la falaise vers la plaine des sables et en la traversant. Par contre gare au sable noir qui m'a valu des coups de soleil mémorables !

 

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Nous arrivons rapidement au gîte du volcan. Ce gîte diffère des précédents : les allées sont taillées au cordeau et l'aménagement des chambres fait plutôt penser à un hôtel. Ca nous change !

 

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Nous profitons qu'il est encore tôt pour faire une première montée au volcan. Malheureusement, la coulée du 13 juillet 2018 (le jour de notre arrivée!) a recouvert le sentier menant au cratère, nous ne pourrons donc voir le volcan que depuis l'enclos. Pas si grave, c'est beau quand même !

 

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Le soir, l'ambiance est moins sportive, puisque certains sont venus en voiture. Nous retrouvons la famille avec leur fille de 25 ans que nous avions rencontré à Roche Ecrite (puis revus au Piton Cabri). Nous apprenons qu'ils ont vécu un calvaire similaire pour descendre à Bourg-Murat et que ça leur a pris 8h ! Nous relativisons nos 6h tout à coup...

Le repas est servi dans une énorme salle où chacun est placé avec son nom. Nous mangeons de la soupe, des pâtes et un carry. 

Demain, nouveau lever aux aurores pour voir le lever de soleil ! 

 

GRR2 JOUR 12 : Descente sur Basse Vallée

 

Nous montons vers le volcan avec nos lampes frontales. Comme la montée dure un quart d'heure, nous avons renoncé à prendre les bâtons. Mauvaise idée : les mains dans les poches et mal réveillée, je trébuche sur un caillou et me ramasse sur le genou. Aïe ! Bon, nous verrons les dégâts plus tard, priorité au volcan.

 

Et, comme d'habitude, nous ne sommes pas déçus ! Le spectacle est magnifique.

 

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Nous redescendons vers le gîte pour prendre le petit déjeuner. Pas trop de casse sur le genou, il saignote un peu.

 

Nous débutons la dernière descente vers Basse Vallée avec un peu de nostalgie. Ca a passé tellement vite !

 

L'étape contourne le volcan par l'enclos puis descend à pic vers Basse Vallée. Si le début est facile, la descente casse vraiment les jambes. Mon genou blessé se fait sentir, j'ai de plus en plus de mal à marcher.

 

Nous arrivons au gîte de Basse Vallée épuisés. Malheureusement, ce n'est pas là que nous avons réservé mais dans une ferme auberge que le Routard indiquait être sur la même route. Or, la propriétaire du gîte nous annonce qu'il nous faut faire encore plus d'un kilomètre pour y arriver. Trop pour nous, nous renonçons à la ferme auberge et restons au gîte.

 

Les propriétaires du gîte sont un jeune couple qui a repris l'établissement aux parents un an auparavant. Le mari nous explique que ce n'est pas facile pour lui d'enchaîner sa journée de travail à l'usine avec l'accueil des randonneurs le soir (c'est lui qui fait le dîner, tandis que sa femme s'occupe du reste). De plus, quand il a beaucoup plu, la source se bouche et il faut alors entreprendre une montée périlleuse (qu'il ne fait jamais seul) pour aller la déboucher. 

 

Après ce récit, nous dégustons avec grande reconnaissance le repas délicieux servi ce soir. Respect pour ce dur labeur !

 

Nous rencontrons un couple qui finit une traversée de 16 jours et semblent pressés de finir. C'est le cas : départ à 5h pour eux le lendemain pour rejoindre la mer !

 

Pour ma part, j'espère pouvoir tenir jusqu'au bout, je ne peux presque plus marcher. 

 

GRR2 JOUR 13 : fin du GR !

Et voilà dernière descente de deux petites heures pour atteindre l'arrêt de bus de Basse Vallée qui nous conduira à Saint-Pierre (pension Papa Daya) où nous passerons le reste du séjour.

Le genou est douloureux mais une fois chaud il me permet de faire la descente sans problème. Nous arrivons à peine dix minutes avant l'horaire indiqué pour le bus et prenons quelques photos victorieuses. On l'a fait !

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