La Suisse rejoint le reste de l'UE en votant vert

Il y a quatre ans, la Suisse se réveillait avec une méchante gueule de bois. L’extrême-droite avait en effet fait un score historique aux élections fédérales. Cette année, le vent a tourné, il a même un goût de révolution pour les hélvètes : ce sont les Verts qui entrent dans l'histoire.

La Suisse se rêve en îlot isolé du reste de l’Europe et croit n’en faire qu’à sa guise. Pourtant en 2015, lorsque l’extrême droite se renforce dans la majorité des pays qui l’entoure, la Suisse élit une majorité de parlementaires UDC (Union Démocratique du Centre, très à droite de l’échiquier politique). En 2019, après des élections européennes qui ont vu une nette poussée des écologistes, la Suisse suit là aussi le mouvement européen en accordant 26 sièges de plus aux partis verts (de gauche et de droite). Sans compter que ce sera également le parlement le plus féminin et le plus jeune de l’Histoire. La Suisse serait-elle devenue progressiste ?

Les raisons de ce résultat sont certainement à trouver, outre dans l’influence des marches pour le climat organisées sur tout le continent ces derniers mois, dans l’absence d’action des partis « installés ». L’UDC, à part tirer une sonnette d’alarme imaginaire concernant l’ « immigration massive venue de toute l’Europe » n’a pas proposé de solutions concrètes concernant les relations avec cette dernière justement. Idem sur la question du climat. Pas plus d'ailleurs que les partis majoritaires (PLR, PDC). L’avantage qu’offrent les Verts, qu’ils soient de gauche ou de droite, c’est qu’ils s'engagent pour le climat (avec quelles mesures concrètes, nous espérons désormais le voir), pour une Suisse ouverte (si ce n’est l’adhésion, au moins un maintien de bonnes relations avec l’UE) et ils dépoussièrent un peu la politique de leurs aînés. Rendez-vous dans 4 ans pour le bilan et bon vent d’ici là !

 

 © Chappatte © Chappatte

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.