Suissesse de l'étranger : pourquoi je vais devenir française

Le 27 septembre prochain, les Suisses vont voter sur la libre circulation des personnes avec l'Union européenne. Un sondage paru ces derniers jours montre que la partie est loin d'être gagnée pour les proeuropéens.

En 2016, quand le Royaume-Uni avait voté en faveur du brexit, nombreux étaient les Britanniques qui avaient demandé une autre nationalité pour rester citoyens européens. Cet automne, ce sera peut-être aussi le cas des Suisses, et particulièrement ceux de l'étranger. En effet, ces derniers courent le risque de perdre les droits européens acquis avec la libre circulation des personnes entre la Suisse et l'UE: le 27 septembre prochain, la confédération helvétique votera sur l'initiative contre les bilatérales qui vise notamment à résilier la libre circulation des personnes.

Si ce texte semblait jusqu'ici trop radical pour espérer gagner les faveurs des Suisses, la crise du COVID-19 a changé la donne. En effet, une étude interpharma publiée vendredi montre qu'entre mars 2019 et juin 2020, le changement est net: la part des citoyens qui considère la relation avec l’UE à la fois comme un bien et un mal a fortement augmenté (+11 points). La raison du malaise: la gestion de la crise du coronavirus par l’UE. Beaucoup d'Helvètes, principalement alémaniques, estiment que la réponse européenne, surtout celle des pays frontaliers tels que l'Allemagne, n'a pas été à la hauteur.

Du côté des Romands, pas de grosse évolution de l'opinion, mais le climat proeuropéen n'étant pas au beau fixe ces dernières années en terres francophones, il sera difficile de surmonter le röstigraben[1] annoncé.

Ainsi, en tant que Suissesse de l'étranger, la meilleure solution reste de doubler ma nationalité suisse d'une nationalité européenne. Et gageons que je ne sera pas là seule à le faire... 

 

[1] Le Röstigraben (littéralement « fossé de Rösti » ; traduit par barrière de Rösti ou rideau de Rösti) est une expression d'origine suisse alémanique qui désigne les différences de mentalité et d'éventuels clivages politiques entre la Suisse romande francophone et la Suisse alémanique germanophone.

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