Affaire Boulin : une longue chaine de forfaitures

La révélation, le 7 juin 2016, par Franceinter-Franceinfo et 20 minutes, des dépositions de deux témoins clés de l'assassinat, en octobre 1979, du ministre Robert Boulin, apporte une confirmation. La fabrication du "suicide", l'imposer comme "vérité officielle", donc "médiatique" pendant 36 ans, a mobilisé des complicités dans la police, la justice ... Et d'indispensables relais dans les medias.

Le feu d'artifice mediatique sur l'assassinat de Boulin est déclenché dans la soirée du 7 juin par le pilonnage des révélations de Benoit Collombat sur Franceinfo-Franceinter et la mise en ligne de 20 minutes exposant le contenu de deux témoignages recueillis par la juge d'instrution versaillaise Aude Montrieux.

A la différence des épisodes précédents dans la couverture des rebondissements de l'Affaire Boulin, le scoop de Benoit Collombat et Vincent Vantighem est repris sans restriction par les medias mainstream, du Figaro au Monde, en passant par l'Obs et l'Express, BFMTV ... Alors qu'il s'agit manifestement du prélude à la reconnaissance judiciaire de l'assassinat de Robert Boulin. 

La plupart de ces mêmes medias avait colporté, pendant des années avec empressement la "version suicide" de la mort de Robert Boulin,  devenue, par le non-lieu signé par la juge Laurence Vichnievsky en 1991, la "vérité judiciaire du suicide" . Cette version officielle et judiciaire de la mort de Boulin était de fait caduque depuis l'ouverture au TGI de Versailles d'une information pour enlèvement et séquestration ayant entrainé la mort, à l'été 2015.

Ce retournement dans l'affaire Boulin, un virage à 180° enfin imposé par les faits, a de nombreuses et graves implications qui vont bien au-delà de l'homicide perpétré sur la personne de Robert Boulin, sciemment maquillé en suicide par une camarilla de décideurs prétendant agir au nom de la raison d'état. 

Il est désormais acquis, que depuis le 30 octobre 1979, des hauts fonctionnaires, des hiérarques policiers, des procureurs ont sur ordre supérieur trahi les devoirs de leur charge. En effet, écarter des témoins de première importance de la procédure ouverte le 30 octobre 1979 pour rechercher les causes de la mort de Boulin, porte un nom : la forfaiture.

L'affaire Boulin -masquer pendant 36 ans les circonstances de la mort du ministre du travail- est une longue chaine de forfaitures.

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