Or, jamais avant le 7 juin dernier, les medias, d'abord France info, France inter, et 20 minutes, suivis par l'AFP et les gros bataillons mediatiques, n'avaient ainsi dynamité  la version "suicide " de la mort de Robert Boulin, qui fut, de 1979 à l'été  2015 la seule "vérité policière et judiciaire".   Il y a 6 jours, la déposition d'un médecin urgentiste, recueillie par la doyenne des juges d'instruction de Versailles, était rendue publique. Arrivé le premier sur les lieux, ce médecin a témoigné du fait que l'hypothèse de la mort par noyade est incontestablement contraire à ses constatations.

En septembre 2015, lors de la médiatisation de l'ouverture, pendant l'été, au Tribunal de grande instance de Versailles, d'une information judiciaire pour «arrestation, enlèvement et séquestration ayant entrainé la mort» (de Robert Boulin), Louis­-Marie Horeau, rédacteur en chef du Canard,  avait commis un article, dans le but de ridiculiser les confrères qui faisaient état d'une "relance" de l'affaire Boulin. Horeau prétendait qu'il ne s'agissait que d'une "astuce judiciaire" .

Il s'avère désormais que la prétendue astuce judiciaire a fait long feu, puisque la juge d'instruction de Versailles a recueilli au cours de l'automne et l'hiver 2015 plusieurs témoignages qui mettent à bas la version "suicide" de la mort de Robert Boulin, pour la défense de laquelle L-M Horeau a dépensé en vain tant d'énergie, de temps et de papiers...

En effet, l'actuel rédacteur en chef du Canard est un récidiviste. En janvier 2002, peu avant la diffusion sur Canal + du remarquable documentaire "le suicide était un crime" de Bernard Nicolas et Michel Despratx, en conférence de rédaction, Horeau s'était vanté de ne pas avoir visionné le dvd de Canal + distribué à la presse avant de rédiger son article ridiculisant le contenu du documentaire. Or les témoignages filmés dans ce documentaire furent jugés suffisamment troublants pour conduire le Procureur général de Paris d'alors, Jean­-Louis Nadal, à ouvrir une enquête préliminaire... Suspendant le délai de prescription, cette décision fut capitale pour la future manifestation de la vérité.

Ainsi, contrairement à la plupart des organes de presse, Le Canard enchaîné a choisi de ne pas porter à la connaissance de ses lecteurs cette information (primordiale, pour la vérité et la justice)  publiée tous azimuts les 7 et 8 juin 2016.

Reste à comprendre pourquoi l'hebdomadaire du mercredi s'est si longtemps fourvoyé dans la défense aveugle d'une version officielle de la mort de Boulin déjà fragilisée par les innombrables lacunes et contre-vérités repérées depuis des années par les avocats de la partie civile et une poignée de journalistes dans ce lourd dossier.

 

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Tous les commentaires

Je vous recommande la lecture de l'ouvrage suivant: "cher pays de notre enfance" enquête d'investiguation de Benoit Collomba, sur le rôle du SAC; cela se présente sous forme de bande dessinée; c'est très très bien. L'affaire Boulin ,ainsi que l'assassinat du juge Renaud y sont sérieusement abordées!

Bien à vous.

Renaud