Pendant 36 ans, l'assassinat d'un ministre en exercice a été grossièrement maquillé en suicide. Cette construction a tenu par une longue et tenace chaine de forfaitures, qui a commencé par l'éviction de témoins. N'ont manqué au cours de ces décennies ni les vols de pièces à convictions, ni les dispatritions de scellés, ni même le refus par un responsable policier d'entendre un témoin réclamé par un des juges d'instruction...

Mais, et c'est une première, cette trente-septième année est marquée par une avancée judiciaire décisive. Plusieurs témoins clé ont été entendus par un magistrat instructeur. Leurs dépositions écroulent sans recours la "construction suicide" qui prévalait officiellement jusque là.  A tel point que le Canard enchainé, défenseur bec et griffes jusqu'en septembre 2015 de la fable du suicide de Boulin, a jeté l'éponge.

Le 30 octobre 1979, à 8h 40, une patrouille de deux gendarmes motocyclistes aperçoit trempant dans l' "étang rompu", en forêt de Rambouillet le cadavre du ministre Robert Boulin.

France 2 a opportunément diffusé ce 30 octobre 2016 "Robert Boulin : mort en eaux troubles"

http://www.francetvinfo.fr/replay-magazine/france-2/13h15/

En mai 2016, peu avant sa mort, l'ancien premier ministre Michel Rocard m'a écrit de sa main son espoir de voir la justice faire enfin la lumière sur l'affaire Boulin.

"(...) J'éspère que cette fois-ci cela aura des suites... Je fais partie vous le savez peut-être des quelques politiques cosignataires de la demande de réouverture du procès Boulin" (...)

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Un tout petit détail, sans rapport avec le fond de l'article: on n'écrit pas Véme République, ni Vème, ni Vième mais bien Ve.