Viande, conflits d'intérêts, fantasmes ?

S’empoisonner en mangeant de la viande ? Quand ce type de phrases était prononcé, en principe, haussements d’épaules, yeux au ciel, sourire narquois… Facile à disqualifier en mouchant la personne de fantasme ou d’hystérie. Qualifier d’orthorexie et sous-entendre une autre pathologie….

Que de simples personnes s’octroient une compétence alors que les experts diplômés, dûment nommés ne pipent mot, se taisent, avec dédain… Voilà qui est mis à mal. La Une du Monde daté de ce jour, 27 octobre 2015, n’y va pas par 4 chemins : les viandes rouges classées cancérigènes. Les produits carnés transformés sont encore plus catastrophiques… L’agence de l’OMS à l’origine de ce scandale porte sur 800 études et confirme les conclusions de l’Institut National du cancer (juin).

Précision, je ne suis pas végétarienne. Je ne défends aucune idéologie. Je n’ai donc aucun conflit d’intérêt à déclarer.

En tant que « lanceuse d’alerte » je fais circuler tout de suite cette info. En ajoutant quelques commentaires, rapides. La domination -et la morgue qui l’accompagne- peut toujours se retourner, et je dirai que ça va faire plaisir à plus d’un-es.

Coupler les savoirs des gens avec l’érudition d’autres, ça coupe l’herbe sous les pieds des populistes. Et c’est aussi essentiel à souligner.

Ici, ça montre en l’occurrence que lorsque les conflits d’intérêts ne sont pas aux commandes, les gens et les experts se rejoignent. Lorsque la corruption - puisque c’est aussi le nom du conflit d’intérêts- est évincée, les résultats divergent. Ainsi, le sens commun ne s’oppose plus au savoir.

J’étais une psychanalyste engagée.

Parce que le champ de l’obésité montre que les publicités donnent envie de consommer, c’est même pour cela qu’elles coûtent si cher aux entreprises. Parce que l’industrie agroalimentaire truffe ses produits de sucre, de sel, de colorants, de trucs et autres qui font pas que du bien et qui rendent addicts. Parce que des experts se vendent aux plus offrants. Parce que des médecins abandonnent leur titre pour devenir expert en nutrition parce que la rentabilité du marché leur fait tourner la tête. Parce qu’édicter des normes, c’est distinguer le normal et le pathologique sans s’intéresser à l’individualité. Parce qu’il ne s’agit  que de rééduquer un comportement sans comprendre sa raison d’être, son sens. Parce que la souffrance psychique ne sait plus à quelle branche se rattraper et fait se jeter sur une carte bleue pour y remédier, sur tous les sites minceur venus. Qui plus est si un médecin /expert en nutrition y figure. Parce que….

Je suis devenue une « clinicienne politique ».

On y reviendra bientôt.

Merci à cette UNE ! 

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