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Le Club de Mediapart dim. 7 févr. 2016 7/2/2016 Dernière édition

La liquidation annoncée de la médiathèque de la Cité des sciences et de l'industrie

Lorsqu'on parle de diminution de crédits et de moyens pour les bibliothèques, voire comme franchement ici de liquidation annoncée, cela reste hélas ! souvent comme un problème mineur au regard des grandes questions économiques du moment, presque une petite chose interne à une profession qui comprend tellement peu de personnes (de moins en moins d'ailleurs, c'est vrai et pour cause...).

Lorsqu'on parle de diminution de crédits et de moyens pour les bibliothèques, voire comme franchement ici de liquidation annoncée, cela reste hélas ! souvent comme un problème mineur au regard des grandes questions économiques du moment, presque une petite chose interne à une profession qui comprend tellement peu de personnes (de moins en moins d'ailleurs, c'est vrai et pour cause...).

                Pourtant, quand il s'agit de Médiathèques publiques, et particulièrement de celle dont on va parler, c'est bien chaque citoyen qui est concerné dans sa possibilité d'avoir accès aux connaissances, à la littérature et à l'art - et ceci, dans la grande majorité des bibliothèques, gratuitement, comme un droit citoyen - défendu depuis des décennies contre vents et marées par la petite minorité de professionnels en question.

                Qu'est-ce que la Médiathèque de la Cité des sciences, pour celles et ceux qui ne la connaîtraient pas encore ?

Elle a été créée en même temps que la CSI, en 1986, dont elle est (encore) le secteur gratuit- bien que le prêt soit entre temps devenu payant. Car c'est une grande médiathèque de prêt, comprenant livres, revues, CD, films - une des premières à avoir eu en son sein une didacthèque - comprenant un fonds extrêmement choisi de films scientifiques ; elle possède, en plus de la partie destinée à tous les publics (de 2 à 102 ans) un fonds d'histoire des sciences et d'épistémologie unique en France dans la partie dite MHS (médiathèque d'histoire des sciences) ouverte aux chercheurs en Histoire des sciences et aux scientifiques.

On peut la caractériser par deux aspects fondamentaux : elle est, pour les visiteurs de la Cité des sciences, le complément indispensable aux expositions que tout musée scientifique -ou non- possède "pour aller plus loin" , "pour approfondir... Mais surtout c'est une de nos premières grandes médiathèques publiques, qui s'est créée à l'époque où la nouvelle BnF n'existait pas, de plus spécialisée en vulgarisation scientifique, ce qui est unique en France à cette échelle : elle a été un grand centre de formation pour toutes les bibliothèques qui à l'époque où elle a débuté avait des fonds scientifiques extrêment pauvres - et elle a mené une réflexion également unique sur ses missions (la Cité des sciences, qui l'oublie beaucoup maintenant, ayant été créée volontairement à la limite de la banlieue pour "ouvrir" la science à un maximum de citoyens) ; la médiathèque est donc une bibliothèque nationale (elle recevait des classes de la France entière), mais également une médiathèque de proximité pour les enfants de Pantin, St Ouen etc...

Alors quoi ? On est à une autre époque et tout cela est devenu de la foutaise ? Toute cette intelligence collective des professionnels, ces fonds qui ont été acquis et choisis, ce public qui vient, démodés ? On est à l'heure de la rentabilité et du bling -bling, on le disait du précédent gouvernement, mais hélas, pas de rupture avec le nouveau, on continue : pas de moyens pour ce qui ne  "rapporte" pas - et l'éducation des petits, l'information citoyenne au moment où les questions scientifiques sont au coeur de notre société, tout cela est devenu sans intérêt...Au sens propre.

Il s'agit bien d'une casse systématique des services publics - en particulier culturels dont la Médiathèque de la CSI n'est pas le seul exemple -la Médiathèque en question avait vu arriver la catastrophe, sans pouvoir réagir : elle dispose depuis plusieurs années de crédits de plus en plus "indigents" de l'avis même de l'Inspection générale, elle a vu ses systèmes remis en cause etc.. Le diable, qui est dans les détails comme chacun sait ne peut pas être décrit ici, car ces histoires là restent toujours internes...

Une pétition circule depuis dix jours http://www.petitionpublique.fr/?pi=P2013N37101, mais cela n'est pas suffisant. Il faut le faire savoir au maximum, il faut le prendre comme ce que c'est : un scandale contre la diffusion de la connaissance : et le "numérique" qui est mis en avant est bien entendu l'arbre (qui fait chic) qui cache la forêt (le désir de liquider, un peu moche) ; comme il a été dit au début de ce billet, les bibliothèques ont toujours su intégrer l'évolution des media depuis 30 ans - et en faire quelque chose qui a du sens, elles ne demandent que ça.

                            Catherine Petit

              Ancienne conservatrice de la Médiathèque de la Cité des sciences, auteure du livre "Itinéraire d'une bibliothécaire"/ Martine      Bosshardt, Catherine Petit, aux éditions l'Harmattan

 

 

 

 

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Tous les commentaires

Je me suis demandé ce qu'on nomme en France les Learning center, apparemment une bibliothèque universitaire qui fonctionne bien.

http://bsa.biblio.univ-lille3.fr/blog/2011/08/problematiques-learning-centers/

autre source:

http://www.actualitice.fr/le-learning-center-doit-il-remplacer-le-centre-de-documentation-et-d-information

"Il s’agit de faciliter l’apprentissage en autonomie de l’étudiant en mettant à sa disposition des collections cohérentes de ressources pouvant satisfaire ses besoins ; ces ressources sont pour la plupart dématérialisées et de ce fait ubiquitaires ; l’étudiant dispose d’un self-service documentaire auquel il peut accéder dans un espace dédié au sein d’un établissement d’enseignement mais également à son domicile. (cf learning center pour éléèves)

Les économies d’échelle sont importantes pour une université. Que ce soit en termes d’acquisition et de remplacement des collections de documents, de stockage ou de personnels, la dématérialisation en partie induite par les « learning centers » a permis de réduire considérablement un bon nombre de lignes budgétaires attachées aux bibliothèques universitaires. Lorsque les moyens sont redéployés, ce sont les étudiants qui en bénéficient car ils disposent de personnels plus nombreux pour les assister dans leurs recherches ou bien de collections plus riches. Certains personnels, soulagés des tâches liées à la manipulation des ouvrages papier, peuvent se consacrer à des travaux de veille et de curation en délivrant les informations les plus utiles aux étudiants qui en ont besoin."

Au fond il s'agit de déplacer l'information du support papier au support numérique, le personnel étant là pour interagir avec le public, quelqu'il soit, pour conseiller les recherches.

Si je me faisais l'avocat du diable je dirai qu'au vu de ces sources la transformation est au centre de l'évolution et que parler de liquidation est une vision faussée et passéiste adressée au public, genre arrêtons la casse du service public, cachant mal le fait au nom de la défense d'une corporation attachée à ses habitudes, ses inventaires, son entretien, son petit travail tranquille le plus souvent isolé dans son coin et peu disponible à l'utilisateur, en dehors du repérage de référencement, alors qu'il s'agit d'améliorer la gestion de nos impôts en gagnant en efficacité.

Si je dis tout ça c'est parce que il me semble important de percevoir l'autre face des points de vue, au milieu il y a la confiance plus que limitée que l'on peut octroyer à des gens qui visent plus la gestion comptable que l'efficacité au service de l'usager et qui n'ont jamais su jusqu'à présent lier les deux.

C'est dommage, sinon on pourrait sans cette défiance tirée de maintes expériences malheureuses dire chiche sans réserves et applaudir des deux mains comme dans n'importe quel pays cherchant à se moderniser.

Comme quoi même après consultation trapide (néologisme inventée par moi pour cause de glissement clavier signifiant très rapide) des données internet sur ce genre de questions l'on peut ne pas avoir d'avis tranché sur cette question...et je ne crois pas qu'un livre papier ferait bouger d'un iota cette problématique. Quant aux scientifiques, inventeurs d'internet, ça fait bien longtemps qu'ils consultent les bases de données de leurs spécialités et publient souvent d'abord sur la toile, même si c'est c'est en accès payant.

Pour en finir les jeunes dès lors qu'on les cadre (informativement et techniquement), je parle d'expérience en tant qu'informaticien dans l'éducation avec un CDi qui lui aussi suit cette évolution, assimilent très vite.

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