La chasse à courre est ouverte
L'homme est à terre, la flamboyance terrassée.
Il avoue, enfin, le vrai pour voiler le faux, son faux.
Mais évidemment il n'est pas dupe de lui-même. C'est un écran qui ne voile rien. Il le sait.
L'homme est homme. Et c'est peu de le dire.
Alors ses faiblesses, on les connaît tous et parfois on a pu les fréquenter d'un peu trop près et même y succomber. Pas tous, certainement, mais assez pour évoquer l'universalité de la petitesse.
Alors n'accablons pas l'homme qui peu ou prou nous ressemble.
L'irréparable se commet si vite. Et ce serait ajouter le drame personnel et familial, inutile, à la sanction des hommes.
C'est d'ailleurs parce que l'homme est homme que la curée attire tous ces chiens suiveurs. La première goutte de sang attire la meute et la déchaîne.
Nul ne s'en étonnera, de cette réaction.
Mais on peut la regretter, sincèrement. Et quelques uns devraient avoir la pudeur de la regretter publiquement. Ou au moins de retenir leurs comparses.
Ça ne sert à rien, l'homme à peine acculé dans sa souille, l'hallali pas encore sonné, de nous arroger, bêtes que nous sommes, le droit de participer à cette curée innommable.
Pas parce qu'elle ne concernerait que l'homme Cahuzac mais parce que tout l'appareil d'Etat auquel il participait il y a encore peu serait touché par cette défaillance.
L'Etat a été trahi, Cahuzac a menti. Et alors ?
Tous ces censeurs, ces parangons de vertus à géométrie variable, d'opposition et même de majorité ont-ils le droit de réclamer des explications à des dirigeants, explications qu'ils ne donneraient pas eux-mêmes s'ils tenaient les rênes du pays ?
Qu'ils prennent garde que l'opprobre dont ils ont pour certains recouverts des juges très récemment ne se retournent contre eux ou contre leurs comparses en politique.
Alors de grâce, taisez-vous !
Attendez des déclarations de qui se croit le devoir d'en faire, des explications de qui pense pouvoir en donner.
Il n'est pas vrai que l'Etat, la Nation, la République, la Démocratie dont vous avez plein la bouche bouillonnante de haine soient mis en péril par l'impéritie d'un seul homme. Cahuzac n'est qu'un homme, un pion. Un pion qui a eu son importance politique, certes, mais un pion, seulement un pion.
Sa chute ne bouleverse rien.
C'est vous qui voudriez qu'elle bouleverse quelque chose de fondamental.
Et parce que c'est vous, ce n'est rien. Rien !
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