Il y aurait de la friture sur la ligne ... entre pause et remise à plat
Dupond "D" et Dupont "T"
Mimétisme : costard, cravate, chemise, décoration ... !
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FH :
Jean-Marc,
tu pourrais m'regarder quand tu m'parles ?
JMA :
Mais François,
tu n'me regardes pas non plus.
FH :
Oui, mais moi,
JE suis Président.
Et moi Président,
je regarde où j'veux, qui j'veux, quand j'veux !
Et puis, même si je n'te regarde pas, j'te vois !
C'est ça être chef.
J'te vois, donc tu m'suis ...
des yeux.
Compris ?
JMA :
Peut-être, mais moi,
j'aime bien voir le regard de mes interlocuteurs.
FH :
Interlocu quoi ?
Alors là, tu m'interloques, l'interlope !
J'suis quand même pas
un interlocuteur lambda.
Je m'répète, et j'aime pas trop ça,
je suis ton Président !
JMA :
Tu rêves !
Vas dire ça à Brigitte, tiens,
tu vas voir l'avoinée qu'elle va t'passer.
Privé de p'tits Lu, l'François,
la prochaine fois qu'il nous rend visite
en loucedé à Matignon.
Et pas de Muscadet avec les huîtres.
Moi, j'm'en fous, j'aime que les truffes,
mais depuis que t'es "normal",
on n'y a plus droit.
FH :
Oh, Hé, Oh !
Pardon ?
Attends, là, j't'ai pas bien suivi.
Tu critiques ma normalité ?
Qu'est-ce qu'elle a ma normalité, hein ?
Elle dérange ton atmosphère ?
Oui,
j'suis normal !
Ça dérange, rive gauche ?
Et ta Birgitt, elle s'rait capable
de TE venger sur MA bouffe ?
Non, mais ça va pas ?
JMA :
Mais François, tu fais quoi en c'moment ?
T'es pas là,
tu visites le mur
et j'me tape les lamentations,
tu libères personne
et c'est moi qui m'tape Villacoublay à 6 heures du mat.
Tu m'laisses tout seul avec l'écotaxe ... et Mosco,
qui pour une fois ne couacque
quasi rien, pour calmer ces demeurés :
il ne parle plus qu'aux patrons !
Tu t'prends pour Rabbi Jacob en schtreimel
pendant que j'me tape les bonnets rouges.
Tu t'la joues religieux à Jérusalem
pendant que j'me farcis un remake de "peur sur la ville".
Encore heureux que le p'tit Manuel
est rentré juste à temps du Sénégal,
sinon j'étais bon pour aller voir
moi-même si les locaux
de Minute et de Valeurs Actuelles
étaient bien protégés par la poulaille.
Un comble !
D'ici à c'que la Marine,
j'sois obligé de la faire protéger
par le SPHP ... ou le SDLP,
j'sais plus, ça n'arrête pas d'changer ...
Et pendant c'temps là,
Môôôsssieur fait du tourisme en Palestine,
visite Jérusalem,
distribue du pognon qu'on n'a pas,
en veux-tu en voilà !
Tu veux remplacer Obama, là-bas ?
Dis, t'as envie d'un Camp David à la Française ?
Où ça ... sur l'plateau du Larzac ?
A Tulle ?
Hi, hi ...
Mais, c'est ici qu'tu devrais te décarcasser,
ici,
à Quimper, à Carhaix,
pas à la Knesseth ou à Ramallah.
Et l'Iran.
Ah ! parlons-en d'l'Iran:
tu n'me tiens au courant de rien !
J'ai bonne mine quand on me pose des questions.
Alors j'réponds :
suivez la flèche, voyez l'Président,
chasse gardée !
Et Fabius qui verrouille en molosse de service :
faut pas que j'dérange le Président
pendant qu'il s'occupe
du conflit israélo-palestinien
et du nucléaire iranien.
Dis,
j'voudrais pas dire,
mais j'vais l'dire quand même:
si tu règles ça comme t'as réglé
l'problème de la Syrie,
les ricains n'ont pas fini
de s'rouler sur la moquette.
Tu sais comment ils t'appellent ?
Le frappeur fou,
le ciblé de Damas,
scudboy !
Et ta Valérie,
tu pourrais pas t'la garder au chaud
à La Lanterne
pendant tes voyages ?
Tu crois qu'on est fiers d'la voir
sur LCI ou BFN
te suivre 3 mètres derrière
avec son sac qui pendouille à bout de bras
comme une bignole à un enterrement ?
Tu crois ??
Je ... je .... je n'sais pas c'qui m'retient
de ... de ... te foutre ma ...
FH :
Ouiiiiiii ... Jean-Marc ?
De m'foutre quoi ?
Ta dem ?
Mais vas-y, allez, te gène pas,
ça m'arrange !
J'en parlais justement avec Martine,
avant d'partir pour le pays des élus.
Oui, parce que eux, là bas, ils sont élus,
comme moi !
Tu vois c'que j'veux dire ?
Un Premier ministre c'est pas élu, lui,
et c'est bien dommage !
Mais ça a un avantage, tout d'même :
on peut le démissionner, de son plein gré !
Tu m'suis ?
Ou faut que j'te fasse un dessin?
Tu crois quoi,
que j'ai envie de m'emmerder à rester ici
pour t'voir empêtré dans ta réforme fiscale ?
Ah ! la réforme fiscale du Prem's,
soudaine et subite
urgence des urgences.
la surprise du siècle !
C'est ta dernière, ça ?
On est en pleine guéguerre anti-impôts
et tu veux, là, maintenant,
remettre à plat le système ?
Mais t'es fou, Jean-Marlou !
J'pars trois jours
et tu m'fous la panique à bord du pédalo ?
Toute la la gauche applaudit :
ça ne t'inspire rien ?
Ça n'te parait pas bizarre ?
Ça t'fait pas tilt au ciboulot ?
C'est pourtant bien la preuve
que c'est une connerie,
non,
triple nantais ?
T'as rien trouvé d'mieux,
pour m'gâcher mon retour ?
Et tu veux, toutes affaires cessantes,
rencontrer les partenaires sociaux
pour parler ... impôts ?
Tu te vois discuter barèmes d'IRPP ou TVA
avec la CGT ou SUD-Rail ?
T'imagines ?
Non, tu peux pas !
Mais t'es tombé sur la tête,
t'as tâté du shilom,
t'es en manque de P'tits Beurre ?
JMA :
Mais François,
c''était dans ton programme de candidat,
une mesure de justice tu disais,
une mesure phare,
la mesure n° 14 !
FH :
Mais bougre de ...
c'était en 2012, pomme à l'eau !
Et c'était qu'une promesse.
Une promesse !!!
On a fait toute la campagne ensemble
et c'est maintenant que j'comprends
qu't'as rien compris ?
Mais comment j'ai fait
pour être élu, moi,
comment ?
Tu saisis c'que c'est qu'une promesse ?
On n'croit pas à une promesse, on en rêve.
Nuance !
Qui plus est, à une promesse électorale.
Mais si les Français intelligents ou presque
y avaient cru,
jamais j'aurais été élu !
Y-a qu'toi pour y croire !
Je rêve ... je rêve.
Dieu, Yahweh , Allah, Shiva,
ôtez moi d'un doute:
aurais-je le seul Premier Ministre au monde
qui croit en des promesses électorales ?
Non mais, y-a qu'à moi qu'ça arrive !
J'ai ... j'ai vraiment pas d'bol.
Bon, allez, on se calme,
JE me calme !..
Jean-Marc, mon ami,
écoute écoute,
et réfléchis un peu.
Enfin essaye, force toi un peu.
Je prends un exemple :
Juppé,
est-c'qu'il croyait dans les promesses de Chirac ?
JMA :
Ben ... euhhh ... oui ... non ...
NON ?
FH :
Plus facile:
est-c'que Fillon
croyait aux promesses de Sarkozy ?
JMA :
Alors là, je suis sûr que ... non ...
NON !
FH :
Tu vois.
Alors pourquoi veux-tu croire
dans mes promesses à moi, hein ?
As-tu un seul motif d'y croire ?
Tu peux en rêver,
mais y croire, Jean-Marc,
y croire,
tout d'même,
réfléchis un peu !
D'ailleurs, est-ce que j'y crois, moi ?
Hein ?
Tu m'imagines croire à c'que j'dis ?
JMA :
Euhhh !... euhhh ... j'sais pas ...
un peu ... p't'être ... non ...
NON ?
FH :
Et ben voilà.
T'as enfin compris.
Oui, c'est NON !
J'y crois pas !
Et pourquoi ?
Parc'que si j'y crois,
c'est qu'c'est pas des promesses électorales.
Or, je n'fais que des promesses électorales.
Demain, après demain, même dans 10 ans,
elles seront électorales, mes promesses.
Et ils aiment ça.
JMA :
Euhhh ... qui ça ?
FH :
Les français, Prem's, les français !
Bon, là, ils sont pas contents,
c'est évident,
mais on sait pourquoi.
Et c'est très important de savoir
la raison d'un mécontentement.
Ça permet de persévérer,
parc'qu'on sait qu'on est dans l'vrai
et pas dans les promesses.
S'ils étaient contents,
ça voudrait dire qu'on ne fait
que des conneries qui n'mènent à rien.
Qu'on respecte nos promesses, quoi !
Par exemple: qu'on n'touche pas à leur blé,
qu'on n'augmente pas la TVA,
qu'on augmente les allocs.
Ou, tiens,
qu'ils pourront toujours prendre
leur retraite pleine à 60 ans.
Enfin, tu vois, des trucs de c'genre ...
Mais on fait rien de tout ça.
Et on n'fera jamais rien d'tout ça !
Bien évidemment.
T'es au courant, tout de même ?
T'as compris ?
Enfin ?
Alors, ta mise à plat, là, du sytème fiscal
à toute berzingue,
j'te prie de m'croire,
qu'c'est pas dans deux s'maines qu'elle sera terminée,
c'est dans trois ans.
Minimum !
Peut'être !
C'est qu'il va falloir faire durer le plaisir,
maintenant qu't'as lancé l'affaire ...
Et va falloir la jouer fine.
Car faire passer des augmentations d'impôts
pour une mise à plat, c'est ... c'est ...
ça va être dur-dur !
Tiens, pendant qu'j'y pense
et j'te l'dis pour pas qu'j'oublie:
va falloir commencer par dégraisser Bercy
de quelques scories à Carlito,
celles qui restent, du genre
"j'm'incruste et j'vous emmerde" !
Ça leur fera plaisir.
JMA :
A qui ?
FH :
A qui ?
Mais aux français, bougre d'âne.
Fais un effort, essaye de m'suivre.
Tu vois bien les conneries qu'tu fais
quand tu m'précèdes !
Bon, j'continue, j'suis plein d'idées, moi.
Ah ! Oui ...
Mosco, faut lui trouver une reconversion,
il n'est à l'aise qu'avec Gattaz.
C'est son truc, les moquettes T6, les salons feutrés.
Ça le fera pas, ça.
Même Cazeneuve est plus ... peuple.
Faut l'faire !
Alors, maint'nant qu't'as dit que
t'allais consulter ... les syndicats,
si, si, tu l'as dit.
Tu ... l'as ... dit, Jean-Marc, tu l'as dit !
Et ben va falloir trouver
un vrai ministre de gauche, pour Bercy.
Et ça, c'est pas gagné !
Ça s'fait rare !
Tu vois le pataquès dans lequel tu nous a mis ?
Dis Jean-Marc,
sincèrement,
tu crois pas qu'une ou deux semaines
en combi VW, avec ta Birgitt,
ça t'ferait du bien ?
Que j'puisse souffler un peu,
me r'mettre aux promesses,
aller au charbon sur les marchés de Corrèze
et d'ailleurs ...
Oh ! Rassure toi,
j'te ferai pas l'affront d'aller à Saint -Herblain.
Ah ! Au fait,
dans l'avion,
j'ai d'mandé à Fabius
s'il voulait ta place.
Si, si ... Tu m'avais tell'ment énervé.
Et encore, sois content,
j'avais pensé à Montebourg.
Mais il n'était pas là.
Et ben, t'as été sauvé par un trou d'air:
Fabius,
il a décliné !
Comprenne qui pourra ...
Alors, j'te garde ... pour l'instant ...
Maintenant qu't'as lancé
TON grand chantier,
c'est pas plus mal !
Mais tu vas être obligé de marner.
Et j'veux être tenu au courant du suivi.
JMA :
T'inquiète, François,
je gère !
FH : (aparté)
Tout est à craindre ...
J'suis pas sorti d'l'auberge,
avec son usine à gaz fiscale.
Va encore falloir que j'fasse tout !
J'suis déjà fatigué, moi,
mais qu'est-c'que j'suis fatigué ...
(tout haut)
Dis, Jean-Marc, t'as pas envie
d'une choucroute, là ?
Tu m'invites ...
pour ta peine ?
Au moins, je s'rai assis !
Et puis ça nous f'ra du bien.
On va quand même pas se fâcher, non ?