T'inquiète pas, Anguéla, c'est qu'une valse !..
Mais arrête, mon Nono,
arrête,
c'est trop, là,
oh ! la la,
j'vais m'faire pipi d'ssus.
Allez, tu m'en fais un dernier,
d'tes ministres,
un que j'connais pas ?
F.H. :
Anguéla,
je n't'ai pas présenté
Manuel.
Valls.
Mon ministre de l'Intérieur !
Tu vois,
c'est l'autre p'tit,
là-bas,
aux ch'veux raides,
coincé entre les deux galonnés à gants blancs.
Il n'peut pas sortir
sans des préfets
ni des grands chefs à képis.
C'est son TOC à lui.
Viscéral, qu'il dit !
Remarque, il revient d'loin.
Il a fait une belle reconversion.
Avant,
il écoutait son épouse lui jouer du violon.
Il a craqué !
Trop, c'était trop !
Et ben pourtant,
d'puis qu'il est ministre,
il en visite tous les jours,
des violons.
Hi, hi ...
Même que ceux du quai des Orfèvres,
paraît qu'ils sont pas très fréquentables
et pourtant très fréquentés.
Là, c'est plus l'bruit qui l'dérange,
c'est l'odeur !
Il dit lui-même
qu'on s'croirait dans une fabrique
de lasagne du sud-ouest,
pour l'odeur,
ou dans une SPA
par grande chaleur et temps de pluie,
c'est s'lon ...
Mais à tout prendre,
il préfère quand même
les mitards
au violon d'sa femme.
Et c'est d'venu sa drogue :
"" c'est là qu'on prend
la température de la france""
qu'il me répète.
Il y passe tous les matins,
au violon du 36,
dans les sous-sols,
pour s'donner du coeur à l'ouvrage.
Il fréquente aussi beaucoup
les Centres de rétention administrative.
""C'est là qu'on rencontre
le plus d'étrangers du monde entier.
Pas besoin de prendre un falcon,
ça coûte rien !""
qu'il me dit.
Ses têtes de turcs à lui
-rassure toi, c'est pas des tiens que j'parle,
pas d'ceux qui t'font tes kébabs adorés-
ce sont les kosovars.
Alors là,
ceux-là,
depuis qu'Peillon et Duflot
lui ont cherché des poux dans la tête
pour l'expulsion un peu brusque
d'une collégienne souvent absente
-non, pas du ciboulot,
Anguéla,
pas du ciboulot,
absente ... de son collège-
et ben,
il peut plus les encaisser,
les kosovars.
Même qu'on a dû le ret'nir
de faire un malheur.
C'est un sanguin !
Il voulait aller gueuler direct au Kosovo,
carrément,
leur dire qu'il en avait marre
qu'ils prennent la France pour ...
pour ....
tiens j'sais même plus
pour quoi,
tell'ment il criait fort !
Et dans la foulée,
il voulait entauler ses deux collègues
pour obstruction à la justice
ou je n'sais quoi.
Si le Prem's n'était pas intervenu,
ça se s'rait terminé en pugilat,
dans la cour de l'Élysée.
Là, Anguéla.
Ici !
Sur le gravier ...
Tu t'rends compte ?
Et le lendemain,
l'Manu,
il apprenait que
pt'être ben qu'oui,
p't'être ben qu'non,
la gamine était italienne ...
et pas kosovar ...
ou p't'être les deux,
on n'a rien compris.
Si ça s'peut,
il n'aurait même pas dû
pouvoir l'expulser,
va savoir !
Ah ! Mon Manu, c'est quéqu'un !
Y-a pas !...
Dis, t'as le même genre de soucis
avec tes ministres ?
Non !?
Ah !
T'as de la chance.
Tu n'les entends jamais ?
Ah ! ...
Et comment ça s'fait ?
Ah ! ...
C'est toi qui fais tout ...
comme ça t'es sûre qu'ils ne font pas
leurs conneries pendant
qu'tu fais les tiennes.
Et ils font pas des siennes
pendant qu'tu fais les tiennes ?
Et c'est pas trop fatiguant ?
Non, parc'que moi,
j'suis épuisé
d'avoir des ministres
qui n'font pas mes conneries
au pied d'la lettre.
J'suis obligé de tout surveiller.
Tout !
Et de rectifier le tir
quand ils font c'qu'ils veulent.
Parc'que c'est là
qu'ça d'vient dang'reux.
Tu comprends,
chaque fois qu'ils n'en font qu'à leur tête,
et ben, ils font un truc intelligent !
C'est pas tenable, ça.
Et les français y croient ...
et j'suis obligé de démentir.
J'perds un temps fou !
A.M. :
Dis, mon Nono,
tu t'compliques trop la vie.
Prenons un exemple, au hasard,
tiens,
ton danseur, là,
le Valls.
Il fait du chambard
et tu n'sais pas comment l'calmer.
Dans l'fond, il n'a pas tort,
mais t'aimerais bien
qu'il ne dise pas à tout l'monde
que c'est lui qu'a raison.
Et donc que toi t'as tort.
Tu l'enverrais bien
voir un peu ailleurs,
non ?
Tu m'suis ?
François ... ouhh ! ... ouhhh ! ...
T'es là, avec moi ?
Bon, ben,
le valseur de l'Intérieur,
tu lui inventes une mission,
super importante,
super représentative,
avec falcon,
képis et galonnés en prime,
sous-ministres en escorte,
épouse autorisée
mais violon dans la soute.
A l'étranger.
J'sais pas, moi ...
euhhh ...
tiens,
en Algérie,
pourquoi pas ?
Ah ! Tu n'sais pas
quoi lui d'mander
de faire là-bas ?
C'est pas grave !
Ça n'a aucune importance.
Il y va,
en ton nom.
C'est suffisant !
Alors, pour lui, là bas,
c'est
tapis rouge,
passage en revue,
Marseillaise,
et tout et tout.
Ah ! J'oubliais,
tu lui demandes d'inviter
des chefs de grandes entreprises,
des fois qu'ils trouvent, eux,
du vrai bizness à faire.
Comme ça, en plus,
ça s'ra rentable !
Lui,
il rencontre des ministres de là-bas,
dont son homologue
-comme ça ils auront des choses à s'dire-,
il a un mini entretien
avec leur grand malade,
là,
leur Président.
Il lui remet un message en ton nom,
n'importe quoi,
une devinette,
une blague de papillotte,
il entrave plus que dalle, de toute façon.
Et il lui serre la paluche
devant les caméras.
Très important, ça !
Pendant c'temps,
Madame rencontre
la Madame du zombie,
s'il en existe,
dans une école de danse orientale
pour jeunes filles dans la détresse.
Où elle leur joue
des extraits de Shéhérazade.
Tout l'monde pleure d'émotion,
c'est bon, très bon, ça !
Il visite une caserne de gendarmes locaux,
au pas de charge
comme de bien entendu,
leur promet des stages
chez leurs homologues français.
Pas trop loin du ... d'une ... des ...
enfin, tu m'comprends, hein !?
Une caserne près d'un bois parisien, quoi ...
Et leur fourgue des vieux camions de CRS
des années 80.
Puis, il se recueille devant ...
devant quoi ? ...
euhhhh ...
surtout paaaas...
un monument aux morts ...
euhhh ...
Tiens !
Mon Nono,
devant la stèle à Albert Camus,
à Tipaza.
Ça devrait être presque consensuel.
Et tout ça,
avec à chaque fois
une référence à toi,
mais pas trop lourdingue
tout d'même,
que ça lui laisse le plaisir
de faire impression sur ses hôtes.
Verstehen Sie?
Euhh ...
Tu comprends ?
Et là, à l'extérieur,
ton homme de l'Intérieur,
il oublie
tous ses soucis,
ses colères,
ses italo-kosovars,
ses violons,
et tout et tout ...
Et quand il revient,
tu lui rends un hommage chaleureux
à ton Noureev voyageur,
pour son excellente représentation
de la France en Algérie.
Et t'es tranquille
pour trois ou six mois,
mon Nono !
Et voilà !
C'est comme ça que j'fais
avec ceux qui m'font souci.
Et crois moi,
ça voyage beaucoup
les ministres allemands !
Mais pas si loin, tout d'même.
Comme ça, ils y vont en train.
Ça fait moins de frais !
F.H. :
Anguéla, Anguéla,
mais pourquoi
j't'ai pas connue plus tôt.
Quand j'pense
que t'avais refusé
de m'recevoir
avant les élections !
Tout c'temps d'perdu !
Ça,
je n'te le pardonn'rai jamais,
hi, hi ...
Non, j'plaisante,
Anguéla,
j'plaisante,
t'es tell'ment indulgente avec moi
et de si bon conseil.
Ah !
C'est pas Valérie
qui m'aurait briefé comme ça.
Elle,
c'est colère,
passion,
tweet et cie.
Et exigeante, avec ça !
J'te dis pas, question couette,
c'que j'dois supporter,
j'arrive plus à suivre.
En plus elle s'obstine
à comparer avec Ségo,
comme si j'avais plusieurs périodes,
à la Picasso.
Ça m'coupe tous mes effets.
Et toi, dis,
avec ton Joachim,
ça boume,
c'est un bon coup le zig Sauer,
hi, hi ... ?
Ne m'réponds pas, Anguéla,
je blague,
c'est un d'mes défauts ...,
j'peux pas m'empêcher.
Dis,
en parlant d'blague,
pour mon ministre violoneux,
là,
si j'suis ton idée
qui m'parait bonne,
très bonne même,
tu crois que j'pourrais
lui en faire une de blague,
à son retour.
J'sais pas, moi,
euhhh ...
par exemple de faire
comme si j'me souviens pas
qu'il en revient,
d'Algérie.
Et d'lui souhaiter
un bon voyage là-bas,
et qu'surtout
il nous revienne sain et sauf.
Non ?
Qu'est-ce que t'en penses ?
Moi, j'trouv'rais ça super,
il va d'venir tout rouge
et s'croire obligé d'sourire
avec tous ceux qui sont au courant,
si, si ...
Tiens,
faut que j'travaille ma phrase,
pour pas dire
une trop grosse connerie
quand même,
parc'que tu m'connais,
Anguéla,
des fois j'ai tendance
à m'laisser aller
dans la blague vasouillarde.
Et j'me cause les pires difficultés,
après.
Mais qu'est-c'que j'me marre !
Allez, Anguéla,
si on allait fêter ton idée
devant une groooosssse choucroute.
T'es partante ?
Tiens,
on va proposer
au pt'it coléreux
d'nous accompagner.
Comme ça,
on pourra faire un test
sur c'qu'il pense de l'Algérie.
Sans lui dire,
pour l'voyage,
bien sûr.
Faut qu'ça reste une surprise !
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