Mise a plat de la fiscalité : lancement tonitruant

4 jours ... et on s'endort déjà !..




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Conférence de presse pour la présentation de la réforme fiscale



JMA :

Pardon, 
j’vous entends mal.


XXX :
... aaaahhhhhbbzzzzzmmmmmoooouuuuiiiibbzzzzzzz ...


JMA :

Vous dites ?
Ma mise à plat , 
ça ne va pas faire un pli, 
ou ma mise en plis 
faut pas en faire un plat ?
Clarifiez, jeune homme, clarifiez !
Vous représentez quel média ? 
J'vous ai déjà vu, me semble-t-il ...
Si vous ne vous en souvenez plus,
ça va me rev'nir.


XXX :

... aaaahhhhhbbzzzzzmmmmmoooouuuuiiiibbzzzzzzz ...



JMA :
Toujours aussi clair !
Vous n'seriez pas de BFN,
ou p't-être de LCI ?
Non, pas LCI, vous la ram'nez trop.
Dites, votre micro, là, 
oui, 
le truc qui clignote, 
dans votre main, 
oui, ça, 
c'est bien un micro, non ... oui ... non ...
Ah! 
Bonnn... !
Et ben,
vous pourriez p't'être appuyer sur l'bouton ?
Ça nous f'rait plaisir à tous, ici !


XXX :

... bbzzzzsssccccrrraaaatrtccchhh ...
bbbzzzsssscccrrraaaattttcccchhhh
111 ... 22222 ... 333333 ...
ah ... hé ... merde ... non .... ouiiii ...
OUI ! 
Oh ! Pardon ... 
Oui ... 
ouf ! ... ça marche !



JMA :

Nous sommes contents pour vous, 
et heureux d'être venus,
si, si ...


XXX :
M'sieur, euhhh ..., 
M'sieur l'Premier Ministre,
xxx ..., pour BFM

Une question, une seule :

que pensez-vous 
qu'il faille penser 
de la haute idée  
-que certains n'ont pas 
de votre grande idée-  
de mise à plat de la fiscalité,
ceci par rapport à la pause, 
fiscale elle aussi, 
dont votre futur-ex Ministre des Finances 
disait encore il y a peu 
qu'elle ne s'rait pas superflue, 
relayé en c'la par votre Président, 
qui, je précise, n'est pas celui 
qu'on a choisi à BFN ... euhhh ... 
BF?

Je peux répéter,
 si vous l'souhaitez.


JMA :
Ca n'sera pas nécessaire.
Monsieur ... monsieur ... comment déjà ? 
Nicolas Delay ? Christophe Doze ? 
Vous voyez, j'connais mon fan-club, 
mais j'ai d'la peine à l'mettre dans l'ordre ! 
Ça m'vient pas naturellement, 
un peu comme le pluralisme politique à BFN.
Ou l'objectivité, si vous préférez.
Citer treize conneries à la Doz-aine 
ou délirer sans Deu-lais, 
c'est votre dilemme à Fox News-France, non ?
Mais j'compatis. 
Etre zélote de la sarkozie moribonde, 
sans discontinuer, 
ça doit être usant, non ?

Ah ! 
L'info en continu, 
y-a des Always pour ce genre d'incontinence,
savez-vous ?

Bon, rev'nons à votre question, 
qui j'dois le reconnaître, 
est particulièrement ... hein ... pertinente.

A question longue, réponse conne !
A question conne, réponse longue ...
quand c'est BFN qui la pose, 
évidemment !
Mais avant, pouvez-vous me dire 
c'que vous voulez exactement savoir ?
Parce qu'à BFN
autant que j'dise tout d'suite 
c'que vous voulez entendre, non ?
Comme ça, 
on en termine, 
on gagne du temps !
De toute façon, 
vous direz pire que c'que j'fais, 
donc vous ferez pire que c'que j'dis.
C'est pas beau, ça, 
Monsieur ... Monsieur ... euhhh ... 
Monsieur BFN ?


Alors j'y vais, 
vous notez, 
parc'que je doute que vos collègues 
vous refilent leur copie !
En tout cas, 
n'comptez pas sur Demorand, 
il a d'autres soucis, ces jours.
 Ni, curieusement, sur Minute, 
ils ont horreur de la concurrence.
Quant à Charlibobo, ils sont far ... effar ... 
effarés, en c'moment, 
rapport à la Marche du rap 
ou au rap de la Marche, j'sais plus !

Alors voilà, 
j'y vais vraiment cette fois.

Écoutez :

On a d'abord fait monter la pression ... fiscale.
C'est simple, ça .... 
et ça peut rapporter gros, 
le grattage des fonds d'tiroir.
Et qui plus est, 
on peut continuer à dépenser, hi,hi ...
Génial !
Mais voilà :

La pression fiscale n'étant pas une réussite, 
puisque tout le monde s'en plaint, 
y compris votre antenne d'ailleurs, 
et y compris ceux qui ne la subissent pas  
-je parle des deux, là, 
la pression et votre antenne-  
on n'en parle plus !
Elle continue, bien sûr, en soupignolet, 
mais on n'en parle plus.
Moscovici a pensé qu'ça s'rait bien 
de faire une pause. 
Depuis, il est en sursis,
mais on l'a laissé faire ... enfin, dire. 
Donc, on est passé à autre chose.
A une pause fiscale.

La pause fiscale n'étant pas une réussite 
non plus, si, si, 
puisqu'il aurait fallu 
percevoir moins pour dépenser tout autant,
ça a été très très court, 
un simple éclair, un flash, 
surtout sur votre antenne d'ailleurs.
Bof ! On a essayé, 
enfin, il a tenté l'coup, Mosco.
Mais tout l'monde s'en est plaint 
car ça n'arrêtait pas. 
La pression, pas la pause !
Depuis, il n'est plus en sursis, 
il est quasi-viré.
Donc, je m'suis dit  
-si, si, ça m'arrive de m'parler avec moi-même 
et je n'supporte pas ma contradiction-  
qu'il serait bon de passer à autre chose.
A quelque chose de ... fiscal.
Évidemment !


Alors, MOI, 
Premier Ministre de tous les Ministres 
moins Mosco.
Faut être honnête et transparent :
il est parti en Chine, 
allez savoir pourquoi ?
Donc, MOI, 
j'ai décidé, 
tout seul, 
par devers moi, 
avec moi-même 
et sans l'dire à personne, 
même pas à MON Président, 
de passer à autre chose . 
Mais quoi ? 
A quelque chose qui soit révolutionnaire.

Et j'ai trouvé !
Et c'est quoi ? 
Allez, cherchez un peu ... 
j'ai ... dé ... ci ... dé ... une ... 
une ... 
une remise à plat FIS-cale !


LA ... MA remise à plat FIS-cale !!


XXX :
Nonnnn ! 
Une remise à plat FIS-cale, 
M'sieur l'Premier Ministre 
désormais et tout d'suite par intérim,
vous êtes bien sûr ?
Parc'que une remise à plat, qui plus est FIS-cale,
c'est ... c'est ...
c'est grandiose. 
Ouiiii !
Grandiose, y-a pas d'autre mot !
Rendez-vous compte, 
M'sieur l'Premier Ministre, 
vous mettriez en oeuvre la promesse électorale 
n° 14 de VOTRE Président !
Mais c'est génial, ça !

Enfin ... bon ... tout de même ...
faut voir ... 
génial ... 
faut voir !
Car d'abord, nous, à BFM
on en est encore à trouver
 pas très légitime 
qu'il ait été élu, 
VOTRE Président. 
Déjà ... qu'il ait pu s'présenter !..
Mais rendez-vous compte, 
en plus, 
gagner la présidentielle 
devant LE Président Sarkozy, 
comme ça, 
sans coup férir, 
sans prév'nir, 
sans v'nir s'présenter avant, 
sans s'excuser, 
mais c'est ... c'est ... 
carrément un coup d'État.
En tout cas, ça frôle l'inconstitutionnalité, ça !
Et nous, à BFM
on est très légitimiste ... 
enfin ... 
depuis qu'vous avez pris l'pouvoir ! 
Vous voyez ?

Alors, maint'nant, 
décider, 
vous ... seulement vous, 
d'une remise à plat FIS-cale, 
tout de go, 
sans concertation préalable 
avec la Direction de notre rédaction, 
c'est ... c'est ... un peu inattendu. 
Pour le moins !

Ah ! ... 
Vous n'en avez rien à battre ?

Et encore, je n'parle pas des Bonnets rouges 
ni de la Manif pour tous. 
Ils vont la prendre comment, 
votre remise à plat ?

Ah ! ... 
Vous vous en foutez ?
Ah ! 

Parc'que, une fois lancée, 
cette remise ... à ... plat ..., 
elle vous échappera, 
elle deviendra un peu la leur, si, si ... 
Les Bretons, les intégristes ... 
hhmmmm ... 
Oui ... j'avoue, 
ils sont très bien considérés à BFM.
Oh ! M'sieur l'Premier Ministre, 
vous m'faites rougir, là ...
Oui ! Ben, ces anti-tout, 
ils ne vont pas supporter 
que vous n'en parliez plus dans une semaine ... 
comme du reste ...
Et puis des portiques, des bananes, 
y'en a encore partout,
vous y avez pensé ?

Non ?
Ah !.. 

L'idée est pourtant géniale, 
géniale, 
c'est sûr,
mais une fois d'plus vous allez oublier 
le service après vente, si, si ...
Bon, c'que j'en dis, c'est pour vous, 
hein, 
parc'que nous, à BFN ... 
euhhh ... à BF... M
on n'peut que s'réjouir d'une telle initiative.
Et surtout de la dégringolade qui s'en suivra. 
Oui ! 
Dans les sondages, 
M'sieur l'Premier Ministre,
la dé ... grin ... go ... ...
Oh ! Vous m'direz, 
vu où ils en sont, vos sondages, 
ça n'peut pas être bien pire.
Votre cote ... euhhh ... 
votre descente de popularité,
elle est tell'ment belle sa courbe, 
tell'ment tout ça, 
si belle !..
On l'a affichée, 
dans notre salle de rédaction. 
Tous les matins, 
on lève notre tasse à café devant !
Ça fait un bien fou, 
vous n'pouvez pas savoir.


JMA :
Ça y est, 
vous avez fini votre numéro, là ?
J'peux en placer une ?
J'vous rappelle, 
que c'est MA conférence de presse. 
Enfin, c'est c'qu'on m'a dit avant d'venir. 

Voila que j'parle comme François, moi.
J'le tiens pas au courant ...
et j'parle comme lui !
C'est de plus en plus inquiétant ...

Bon alors, Monsieur BFN
écoutez bien, 
j'ai décidé de n'pas vous décevoir, 
ni vos téléspectateurs.
C'est un grand jour pour moi, 
aussi, j'vais faire une BA.

Je vous annonce donc
que comme vous l'auriez de toute façon annoncé, 
ma remise à plat FIS-cale, 
est une connerie, 
une énorme connerie. 
Une connerie grandiose !

Vous notez ?

Et c'est justement parc'que c'est une connerie 
que j'vais la lancer 
par une grande concertation,
dès aujourd'hui et sans tarder, 
à Matignon et pas à Bercy, 
avec les travailleurs sociaux ... euhhh ...  non,
  avec les partenaires ... sociaux. 
Au temps pour moi !
Parc'que nous, parc'que MOI, 
je fais dans la concertation. 
Rarement avec vous, 
d'accord, 
mais toujours dans la concertation ..

Tiens, avec les travailleurs 
c'aurait p't-être été plus judicieux, 
parc'que, eux,
ce n'sont pas des partenaires 
qui n'en foutent pas une rame.

Alors, pourquoi eux, me direz-vous ?

Ah ! ... 
Non ? 
Vous ne dites rien ?..

Et ben, parc'que, 
les partenaires sociaux, 
qui passent leur temps 
à brouter l'herbe qu'on a sur l'dos, 
à récriminer pour un oui pour un non, 
sur tout et sur n'importe quoi, 
un peu beaucoup selon MOI, 
comme BFN, tiens, tout à fait comme vous, 
et bien ces partenaires sociopathes,
ils n'y co-nnai-ssent rien. 
Mais alors, rien de chez rien !
La fiscalité, pour eux, 
c'est comme la finance pour moi. 
Je n'y connais rien, 
ils n'y connaissent rien, 
on n'y entrave que dalle !
Tous !

Et c'est pour ça 
que ça va être une graaannnde remise à plat !
Si on y connaissait quelque chose, 
on s'rait tous ministre des Finances 
et on s'rait en Chine à c't'heure !
Et on n'ferait pas de remise à plat,
à Matignon, chez moi, sans Bercy !
Ce s'rait dommage, hein ?

Cette remise à plat, 
MA remise à plat, en fait,
c'est la remise en forme de nos finances ! 
Là ! 
Voilà ! 
C'est dit.
A n'pas confondre, s'il vous plait, 
avec les remises de peines de Taubira. 
Notez bien, l'journaleux !
C'est comme les trains, 
une confusion peut en cacher une autre.

Bon, j'reprends:
Je f'rai tout c'qui est en MON pouvoir, 
et en ce domaine il est immense, 
je suis le Premier Ministre tout d'même,
pour qu'ça soit pas une réussite, 
cette remise à plat. 
Tout !
Et rien que de l'dire, ça m'fait un bien fou.

Pourquoi ?

Parc'que vous n'aurez pas de scoop, à BFN
rien, nada, 
pas de direct de Matignon, 
pas de bannières illisibles à faire défiler, 
pas d'avis de Guaino 
ni de Morano 
à recueillir.

Et pourquoi d'autre ?

Parc'que j'annonce dès aujourd'hui, 
là, tout d'suite, 
que MA remise à plat FIS-cale s'ra un échec.
Un échec, 
L'échec, 
magistral !
Mieux, 
ça s'ra un échec personnel ! 
MON échec.

Ça vous la coupe, hein ?
Vous n'l'aviez pas vue venir, celle-là, hein ?
J'vous la casse, la baraque, pas vrai ?

P'tain qu'ça fait du bien !

Jusqu'à aujourd'hui, 
j'ai marné comme un fou, 
j'suis allé au charbon, 
jour et nuit,
pour faire aboutir les projets d'un autre. 
Et vous passiez votre temps 
à dénigrer, critiquer, décrier, débiner, 
que ça réussisse ou pas !
Et mes ministres me l'ont fait aussi,
en direct, eux, pas en différé.. 
Ils valent pas mieux que vot' télé.

Ça, c'était avant !


Maint'nant, 

JE lance un projet, 
MON projet, 
et je l'manage tout seul, 
pour MON plaisir, 
sans parasite, 
sans ... sans ... 

J'm'emballe, là, 

j'me reconnais plus, 
même François s'rait étonné. 
C'est la Brigitte qui va être surprise ce soir, 
j'vais lui faire l'coup du partenaire social,
dans l'combi VW, 
j'l'ai garé dans le parc de Matignon, 
ça va être sa ... euhhh ... la fête !
Champagne, fromage et dessert, 
M'sieur l'Président. 
Ah ! Ça va être aut'chose 
qu'avec la Valérie 
dans son éternel imperméable 
à la Columbo.

Mais, j'm'emballe, là, 

j'en oublierais 
MA remise à plat FIS-cale !


XXX :

Un tantinet, M'sieur l'Premier Ministre.
Un tantinet !
Mais pour une fois qu'on est d'accord, 
j'vais pa chipoter, hein !

Bon,

j'vous ai posé une question, 
j'ai eu VOTRE réponse, 
certes tout cela est assez confus, 
mais nous en prenons acte, 
à BFM.
Nous relaterons votre initiative 
sans parti pris ... 
mais avec nos convictions, 
tout d'même,
comme d'hab.

J'vous remercie, 

M'sieur l'Premier Ministre.
A bientôt sur notre antenne,
enfin ... sans contrôle préalable, 
et en quasi-direct, 
évidemment.
Comme sur CBS, 
M'sieur l'Premier Ministre, 
comme sur CBS. 
C'est une référence !


JMA : 
Ah ! Ben alors, 
si c'est comme sur CBS ... ...


Une autre question, 

dans l'assistance ? 
... ?
Non ?

Parc'que, là, 

faut que j'me dépêche, 
j'dois aller me concerter !


 

 


J'crois bien que j'viens d'faire une connerie, 
MOI !

Mais pourquoi 
j'leur ai annoncé une réforme, 
que je mèn'rais, MOI, tout seul.
Oui, pourquoi ?

Une remise à plat FIS-cale !
Mais d'où, j'ai sorti ça, d'où ?

J'ai abusé du Muscadet, hier soir, 
ça doit être ça !
C'est d'sa faute, aussi, à Brigitte, 
à toujours me dire 
d'm'en reverser une lichette. 
Elle sait bien, pourtant,
que j'tiens pas l'alcool, 

Brigitte !

Et François, 

il va l'avoir mauvaise, 
ça c'est sûr ! 

Déjà qu'les chiffres du chômage, 
bof, 
c'est pas terrible.
Ça va être ma fête !

Et Mosco qu'est en Chine, 
mais qu'est-ce qu'il fout là-bas ?

Qu'est-c'que j'vais devenir?

Et si j'appelais Montebourg ?
C'est l'seul à pouvoir torpiller 
rapido et dans l'oeuf 
un projet à MOI.

Là, 

il me rendrait une fière chandelle !




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