Un jour une insoumise : Melissa 26 ans

Dans ma France insoumise et dans notre communauté de la 8ème circonscription législative de Paris il y a pas mal de gens en galère. Parmi eux des jeunes, bien sûr, que l'on pourrait estimé privilégiés car ils font des études. Ils sont de ceux qui tout en faisant des études sont dans l'obligation de travailler comme la jeune fille de notre dixième portrait dressé par Christiane : Melissa, 26 ans.

Dans ma France insoumise et dans notre communauté de la 8ème circonscription législative de Paris il y a pas mal de gens en galère. Parmi eux des jeunes, bien sûr, que l'on pourrait estimé privilégiés car ils font des études. Ils sont de ceux qui tout en faisant des études sont dans l'obligation de travailler comme la jeune fille de notre dixième portrait dressé par Christiane : Melissa, 26 ans.

Dans toutes les époques, les jeunes dont les familles ne pouvaient pas assumer l'entretien et le coût de leurs études étaient obligés de travailler en plus. Mais, là aussi la situation a empiré  pour la jeunesse étudiante. Un grand nombre de ces jeunes ne mangeraient pas sans travailler (voir le livret Pour l'émancipation de la jeunesse). S'ajoute à cette difficulté l'imprévisibilité des emplois du temps entièrement à la discrétion des employeurs. Mélissa est l'une de ces jeunes en galère.

Comme elle n'a pas souhaité qu'apparaisse son identité ni son image, elle a envoyé une photo de Pier Paolo Pasolini, devant son autoportrait, car elle travaille, pour sa thèse, sur ce poète dont elle dit qu'il est bien d'entendre sa voix aujourd'hui, dont ce fragment de vers.

pasolini-autoportrait
Si on ne crie pas vive la liberté avec humilité

on ne crie pas vive la liberté.

Si on ne crie pas vive la liberté en riant

on ne crie pas vive la liberté.

Si on ne crie pas vive la liberté avec amour

on ne crie pas vive la liberté.

Vous, fils des fils,

vous criez  avec mépris, avec rage, avec haine, vive la liberté,

donc, vous ne criez pas vive la liberté !

 Mélissa

26 ans

Je soutiens la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon et Clément Bony parce que n’aime pas mener un combat « contre », je veux mener un combat« pour » : pour la paix, la justice sociale, l’abolition des privilèges, grâce à des propositions concrètes, positives, constructives, qui ouvrent vers un avenir meilleur. Jean-Luc Mélenchon a su me convaincre par la place qu’il donne au cœur dans l’engagement politique, par son humanisme, par son art oratoire et sa maîtrise de la langue, et parce qu’il puise dans la poésie – qu’on se rappelle le texte magnifique de Yanis Ritsos sur la paix ! – Cette manière dynamique de faire de la politique, qui privilégie le travail de groupe, qu’on soit encarté ou pas, m’a intriguée dès le début.

Je suis une méditerranéenne, je suis sensible à ceux qui ont du caractère, c’est lié à mon histoire personnelle. Le père de Mélissa est un Grec de Chypre, issu d’un petit village du nord de l’île qu’il a fuie en 1974 pour échapper à l’invasion par les Turcs. J’entends parler de la guerre et de la politique depuis toute petite. La famille M. s’exile en Angleterre avant de se réfugier en France. Mélissa naît à Paris et grandit Place des Fêtes dans le XIXème arrondissement. Après le collège, puis le lycée au bord du Canal Saint-Martin, elle poursuit des études de Lettres à Paris III.

Elle rédige en ce moment une thèse sur le rythme en poésie et au cinéma. Depuis six ans, pour financer ses études, elle fait des petits boulots : "emplois kleenex" à gogo, une douzaine de CDD, agences d’hôtesse, accueil dans les hôtels. Les boites d’intérim, la jungle des entretiens collectifs où tu te vends, devant tout le monde, elle connaît. Ils t’envoient un mail, de jour comme de nuit, le premier qui répond est pris. Que tu fasses l’affaire, que ton employeur provisoire soit content de toi ou pas, ça ne change rien, il ne peut de toute façon pas te reprendre. Il n’y a aucune équité, aucun respect, aucune garantie, tu es perdante à tous les niveaux.

Je veux m’engager depuis un moment. Je vois les femmes de ménage qui bossent dans les hôtels, c’est un boulot éreintant. Elles habitent en grande banlieue parce que le logement est trop cher à Paris, font trois heures de RER par jour. Elles sont épuisées, juste pour avoir de quoi vivre. Quelle vie peuvent-elles avoir dans ces conditions ? Mélissa se demande si travailler dur pour avoir un peu de pouvoir d’achat, pour payer le loyer, des transports toujours plus chers, et pour élever des enfants suffit pour bien vivre. Elle parle de l’arrogance des gens du PS, petits bourgeois déconnectés du réel, qui se prétendent de gauche et sont méprisants à l’égard des Français pauvres de toutes origines. Elle évoque les attentats. Nos parents se rendent compte que si ça continue comme ça, on ne vivra pas mieux qu’eux, mais que ce sera pire.
Propos recueillis pas Christiane Gayerie pour le site de campagne de Clément Bony, candidat insoumis dans la 8ème circonscription législative de Paris

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