Célestine
Abonné·e de Mediapart

19 Billets

1 Éditions

Billet de blog 24 juil. 2017

Célestine
Abonné·e de Mediapart

ABUS DE CONFIANCE : PORTER PLAINTE MAIS ...

Lundi 24 juillet, fin de matinée je téléphonai chez EDF pour donner les chiffres de mon compteur comme je le fais tous les deux mois. Devant l’impossibilité de faire enregistrer mon numéro de compte par le robot téléphonique EDF, j’ai décidé d’appeler un conseiller. Lorsque je suis enfin parvenue à obtenir quelqu’un j’ai appris que mon contrat avec EDF était résilié depuis le 17 juillet.

Célestine
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Lundi 24 juillet. Dans la fin de matinée je téléphonai chez EDF pour donner les chiffres de mon compteur comme je le fais tous les deux mois. Devant l’impossibilité de faire enregistrer mon numéro de compte par le robot téléphonique EDF, après une quinzaine d’appel, j’ai pensé qu’il y avait une panne, comme un disque rayé. J’ai décidé d’essayer de joindre un conseiller. Lorsque je suis enfin parvenue à obtenir quelqu’un j’ai appris que mon contrat avec EDF était résilié depuis le 17 juillet.

J’ai donc demandé des explications à mon correspondant d’EDF, qui m’a informée que j’avais changé de fournisseur d’énergie. Comme je réfutais, il m’a été dit que j’avais sûrement reçu un démarcheur dont je ne m’étais pas méfiée – nous sommes tellement idiots, nous les consommateurs – que j’avais dû signer un papier, ou accepter un nouveau contrat par téléphone. Lorsque j’ai demandé si EDF avait une signature de ma part je n’ai pas eu de réponse, sauf que cette personne ne savait pas.

 Premier hiatus : notre contrat EDF, ou autre, peut donc être rompu malgré nous sans que ayons à signer un quelconque papier et sans fournir les chiffres du compteur,  et un autre fournisseur nous compter parmi ses clients abonnés sans que nous ayons signé un contrat.

Je n’ai pas fait cette démarche de résiliation.

Quoiqu’il m’en coûte, je suis fidèle à EDF, comme à tout ce qui subsiste, si peu que ce soit, de services publics en France. Les sirènes de la concurrence, nombreuses en France et en Europe, n’ont pas de prise sur moi. Il en est de même pour les opérateurs de téléphonie, je reste chez Orange car je ne veux pas engraisser davantage les milliardaires comme Xavier Niel, Patrick Drahi, etc.

Je ne reçois personne qui ne soit attendu et dans l’obligation de s’annoncer par interphone, et je ne réponds à aucun appel téléphonique émanant d’un numéro masqué ou d’un numéro ne figurant pas dans mon répertoire de téléphone.

Après cet entretien téléphonique avec un conseiller EDF (qui sont tous en France, comme nous en informe l’annonce avant que nous soyons autorisés à passer à autre chose, soit : appuyer sur le 1, puis le 2, puis peut être le 3…) je me suis rendue dans une boutique EDF proche de mon domicile. Une première personne m’a reçue me disant que la seule solution était de refaire un contrat et, si je voulais bien, de porter plainte par internet à l’adresse suivante « démarchage-abusif@edf.fr ». Ensuite j’ai été reçue par une seconde personne à qui j’ai de nouveau raconté mon histoire et avec qui j’ai signé un nouveau contrat. Pas plus émue que la précédente par la désinvolture du procédé, il paraît que je ne suis pas la seule, cette seconde interlocutrice m’a demandé si je n’avais rien acheté récemment chez DARTY, par hasard.

Je ne voyais pas bien le rapport et, mon étonnement grandissant, sans doute visible sur mon visage, a provoqué l’explication suivante : DARTY a des accords avec d’autres fournisseurs d’énergie et m’a sans doute fait signer un contrat en douce, en glissant une feuille sous ma commande sans que je m’en aperçoive. C’est vrai que je ne suis pas de la première jeunesse et à mon âge on est tellement naïve et crédule, pensez-donc, ou tellement c….

J’ai effectivement acheté un ventilateur que j‘ai fait livrer. Ce que j’ai signé c’est uniquement le bon de livraison sur le petit terminal électronique du livreur.

Deuxième hiatus : on signe un bon de livraison et dans la foulée, sans le savoir, on signe la résiliation de contrat chez EDF et un nouveau contrat chez un autre fournisseur à qui nous demandons, toujours sans être au courant, de se charger de la démarche de résiliation. Cette signature pourrait aussi être utilisée pour avouer un délit que nous n’aurions pas commis et être ainsi passible d’une peine de… prison, par exemple.

On avance à grand pas vers l’absurde et nous ne sommes pas loin de réinventer un monde kafkaïen gouverné par l’appât du gain.

Je suis partie de la boutique EDF, qui va fermer d’ailleurs (celle-ci en 2018, les autres en 2019, après ne resteront que les robots pour faciliter les rapports humains) économie oblige, (il faut bien payer les débordements financiers de l’EPR) avec mon nouveau contrat, sans la preuve que j’ai signé, sans le savoir, une résiliation de contrat et j'ai reçu deux conseils :

- le premier me révélait l’inutilité d’aller porter plainte au commissariat, ils n’ont pas que cela à faire et ma plainte restera lettre morte, le second d’aller chez DARTY. Ce que j’ai fait comme un bon petit soldat.

Je me suis gardée de raconter tout de suite mon histoire à la première personne qui m’a reçue. J’ai seulement dit que je souhaitais avoir des informations sur les accords de DARTY avec les fournisseurs d’énergie. « Oui nous avons des accords avec Engie (ex Suez) et Direct Énergie, mais je vais vous chercher un vendeur ce sont eux qui sont chargés de cela » a répondu cette personne. Le vendeur est arrivé, vingt minutes plus tard et tout de suite commençait à me faire l’article pour Engie, le plus intéressant……blablabla…. Je l’ai stoppé net dans son laïus et, lui racontant l’histoire, la résiliation, l’achat, le fournisseur inconnu de moi, je lui ai demandé de trouver chez quel fournisseur j’étais censée avoir souscrit un abonnement, toujours innocemment. Il a farfouillé dans l’ordinateur, il m’a bien trouvée référencée chez DARTY, mais pas chez Engie ni chez Directe Énergie, au bout d’un quart d’heure il a dû en avoir marre, « Je suis vendeur ici, m’a-t-il dit » comme si il n’avait pas que cela à faire de s’occuper de mon problème, il m’a donné un numéro de téléphone, celui de ERDF « qui sait tout ».

Troisième hiatus : vous décidez d’acheter une cafetière, un ventilateur, un four, quelque chose qui fonctionne à l’électricité, chez DARTY et vous vous retrouvez ayant signé sans le savoir une résiliation chez EDF et un nouvel abonnement chez un autre fournisseur, celui qui donne peut-être la meilleure commission : au vendeur chargé de mission par….lui-même ? Par son patron ?

Qu’est-ce que c’est encore que ces arnaques ! Pourquoi DARTY est-il chargé de négocier des contrats chez les concurrents d'EDF?

Bien entendu au numéro d’ERDF je n’ai pas eu de réponse positive, la personne qui m’a répondu après m’avoir demandé mon numéro de téléphone fixe, car c’est ainsi que les clients sont référencés, n’a rien trouvé, j’ai appelé Engie (là c’est par la téléphonie mobile), Directe Énergie, ils n’ont rien trouvé non plus.

Je dis fermement à ce fournisseur, dont je ne connais toujours pas le nom, au profit de qui j’ai subit ce préjudice, j’ai perdu une grande partie de ma journée, qu’il ne sera pas récompensé de cet abus de confiance, DARTY non plus d’ailleurs car les acheteurs potentiels qui me liront sont bien prévenus. La consommation d’électricité entre le 17 juillet et aujourd’hui ne leur sera pas payée je la paierai éventuellement à EDF en chargeant ce fournisseur de régler ses comptes avec ses concurrents et j’appelle un avocat de ce pas et je lui envoie ce billet.

Porter plainte, mais contre qui ?

Contre DARTY qui serait le vecteur de l’arnaque ? Contre le livreur qui m’aurait fait signé un contrat subliminal dans sa petite machine ? Contre le fournisseurs d’énergie que je ne connais pas mais pour qui j’aurais abandonné EDF ? Contre EDF incapable de me dire, preuve à l’appui, qui a résilié mon contrat le 17 juillet ?

 C’est quand même le foutoir chez EDF.

 Claire Delaroche

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Services publics
RER B : voyage sur la ligne qui déraille
Le RER B est la deuxième ligne de train la plus chargée d’Europe, et pourtant elle souffre de nombreuses tares : quatre terminus, un tunnel partagé avec le RER D et, surtout, un sous-investissement chronique de la part de la région et de l’État. Les usagers souffrent, les conducteurs aussi.
par Khedidja Zerouali
Journal — Migrations
Étrangers sous OQTF : la justice recadre la préfecture de Seine-Maritime
Le tribunal administratif de Rouen vient de débouter la préfecture qui demandait aux gestionnaires de centres d’hébergement d’urgence d’exclure de leur dispositif « insertion » les étrangers en situation irrégulière faisant l’objet d’une obligation de quitter le territoire exécutoire. Une décision qui vient contredire les circulaires et les récents engagements du ministère de l’intérieur.
par Manuel Sanson
Journal
La précarité étudiante s’enracine et le gouvernement répond à côté
Le gouvernement vient de débloquer 10 millions d’euros pour soutenir les associations qui agissent en faveur des étudiants précaires. Seulement, les principaux acteurs considèrent que la réponse est insuffisante et attendent des mesures structurelles pour endiguer la pauvreté des étudiants.
par Faïza Zerouala
Journal — Europe
À Mykolaïv, les morts hantent civils et militaires
La ville de Mykolaïv subit depuis des mois le manque d’eau potable et les coupures d’électricité. La région a été bombardée sans relâche par l’armée russe jusqu’à la mi-novembre 2022 et plus de la moitié des habitants a quitté les lieux. Civils et militaires restés sur place racontent leur « cauchemar ».
par Mathilde Goanec

La sélection du Club

Billet de blog
Vidéo - le gouvernement empêche les débats sur les forêts publiques par 49-3
Il y a un mois, nous avons publié ici une tribune signée par plus de 40 parlementaires, demandant un débat sur l’avenir de l'Office National des Forêts dans la loi de finances avant le 49-3 du gouvernement. Devinez quoi : les débats devaient avoir lieu le 2 novembre à 17h05. Le 49-3 a été activé le 2 novembre à 17h00. Mais tout n'est pas perdu : la suite se joue au Sénat dès mercredi.
par Pour des forêts vivantes
Billet de blog
Incendie de forêt : les causes ne sont pas que climatiques
[Rediffusion] Les forêts du Sud en particulier demandent beaucoup d'attention pour ne pas prendre feu. Coupe feu, garde-forestiers, défrichages, surveillances, pompiers de proximité, les moyens sont-ils encore là ou ces incendies sont-ils causés par l'impéritie des pouvoirs publics ?
par lecteurfid
Billet d’édition
Reboiser les forêts brûlées est favorisé par une niche fiscale
Si l'investissement forestier offre des possibilités de rendement limitées, il constitue en revanche une niche fiscale qui permet de réduire le montant de son impôt sur le revenu. L'investissement forestier réalisé par une personne domiciliée en France lui permet de bénéficier d'un avantage fiscal, que ce soit au titre de l'impôt sur le revenu ou de l'IFI (impôt sur la fortune immobilière).
par Patrick Cahez
Billet de blog
Des chênes (français) pour la Chine
Fric-frac dans les forêts françaises. Voler du bois n’est pas une mince affaire. Et pourtant, dans les Pyrénées, en Moselle, en Vendée, dans le Nord, le brigandage se multiplie. A l’heure des drones, GPS et autres trackers… (Gilles Fumey)
par Géographies en mouvement