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Les Ceméa (Centres d’Entraînement aux Méthodes d’Education Active) sont une association regroupant des militant.e.s sur toute la France métropolitaine et d'Outer-mer et développent des actions en référence à L'Education nouvelle et populaire.
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Billet de blog 3 nov. 2017

Les premières Biennales internationales de l’Éducation nouvelle font le plein…

Les Biennales internationales de l’Éducation nouvelle, organisées par les Ceméa, les CRAP/Cahiers pédagogiques, la FESPI, l’ICEM, la FICEMEA et le GFEN, rassemblent du 2 au 5 novembre 2017 à Poitiers, plus de deux cent cinquante membres de ces six mouvements pédagogiques, venant du monde entier. Cette manifestation confirme la volonté de mettre la pédagogie au cœur de la réflexion sur l’éducation.

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Discours lors de la conférence d'ouverture des Biennales internationales de l’Éducation

Jean Luc Cazaillon, directeur général des Ceméa dans son discours d’ouverture, ce jeudi 2 novembre, a posé les enjeux d’une telle manifestation, en présence d'Alain Claeys, Président de Grand Poitiers et Maire de Poitiers et de représentants des collectivités territoriales et de l’Éducation nationale.

« Face à la montée d’idéologies de l’exclusion et de fermeture aux autres, face aux dangers de marchandisation de l’éducation, luttant pour promouvoir la culture et l’éducation pour tous, les valeurs de laïcité, de démocratie et pour la défense des droits humains, nos mouvements ont un message fort à affirmer , mais aussi des débats à impulser alors même que se développent des discours pauvres et démagogiques sur ces sujets. Être en prise avec notre temps, en luttant contre tous les retours en arrière qui nous menacent, mais aussi contre « le meilleur des mondes » que nous propose une certaine conception ultra-libérale suppose de (re) mettre la pédagogie au cœur de la réflexion sur l’éducation.

Je sais que nous partageons l’ambition de construire une éducation capable de produire des situations où chacune et chacun, enfant, jeune, adulte, soit demain plus conscient.e du monde qui l’entoure, puisse se l’approprier en en comprenant les codes, pour y prendre place, SA place, pour Agir. L’éducation telle que nous la pensons participe donc de la transformation de la société en agissant sur les modes d’organisation, en soutenant les libertés individuelles pour plus d’égalité et de droits.

Quand nous mettons au cœur de nos préoccupations :

  • Le développement de l’esprit critique,

  • La capacité offerte à chacune et à chacun de conscientiser le monde qui l’entoure pour le transformer,

  • L’encouragement à plus de créativité,

nous soutenons le principe d’une formation tout au long de la vie, conscients de mobiliser ainsi des leviers au service du développement de nos propres sociétés en contribuant à la formation de citoyennes et de citoyens susceptibles de faire face au défi écologique, au défi de la société du numérique. Autant de défis que l’école se doit de prendre en compte pour les mettre davantage au service de l’humain. » 

L'éducation nouvelle porteuse d'un projet d'émancipation

Edwy Plenel, journaliste, président et cofondateur de Mediapart, lors de la conférence en ouverture des Biennales internationales de l’Éducation nouvelle a rappelé fortement que les mouvements d’Éducation nouvelle ne se sont jamais vus historiquement comme simplement des mouvements pédagogiques faisant un « bricolage pédagogique » avec des enfants. Ils ont pensé l’Éducation nouvelle dans le cadre d’une pensée de l’émancipation démocratique et sociale et en plus internationaliste.

Les mouvements d’Éducation nouvelle ont peut-être oublié ce dont ils étaient porteurs comme projet démocratique, au sens de la démocratie ayant l’égalité en son moteur, ce qui veut dire le déplacement, ce qui veut dire l’émancipation… L’éducation nouvelle est porteuse d’un idéal politique d’émancipation, c’est un mouvement permanent…  car nous sommes tous dans une autodidaxie permanente, nous apprenons à tout âge…

Face aux offensives conservatrices… il a interpellé les mouvements organisateurs de ces Biennales sur le nécessaire renforcement de cette dimension dans leur projet… Avec comme élément central, l’enjeu de l’émancipation. « On ne peut pas émanciper sans avoir un horizon, on ne l’attend jamais, mais c’est lui qui nous élève, vous cherchez la ligne de crête, vous cherchez à respirer, vous sortez du marécage… »

L’Éducation nouvelle s’est toujours élevée contre le mythe de l’école libératrice traditionnelle : « il suffit d’aller à l’école pour se libérer… et on ne voit pas que l’école peut reproduire les hiérarchies sociales, qu’elle peut faire intégrer des préjugés »… Il y a là pour l’école, une bataille à mener pour une exigence démocratique et sociale, pour inventer, expérimenter, pour fabriquer des hommes et des femmes libres et responsables, et pour remettre le mot clé « coopération » au centre face à la régression de la lutte des places et de la compétition…

Des débats et des échanges de pratiques

Conférence d'ouverture en compagnie notamment d'Alain Claeys, Président de Grand Poitiers et Maire de Poitiers et d'Edwy Plenel, journaliste, président et cofondateur de Mediapart

Diverses formes de travail sont proposées aux participant.e.s et s’articulent autour de trois axes.

Partager les fondamentaux de l’Éducation nouvelle. Des conférences et des tables rondes permettront de répondre à ce premier objectif.

Partager des pratiques. Pas d’action sans réflexion, mais une réflexion qui s’appuie sur l’action ! Un espace « forum des pratiques » permettra à des équipes de présenter des projets, des démarches, des actions.

Débattre. Il est des sujets d’actualité, des enjeux politiques et éducatifs sur lesquels il est essentiel de discuter ensemble.

Du 2 au 5 novembre 2017 à ESÉNESR (École Supérieure de l’Éducation Nationale, de l'enseignement Supérieur et de la Recherche) de Poitiers

Pour toute information sur le programme : http://biennale-education.org/programme/

et retransmission en direct : https://www.facebook.com/bienpoitiers/

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