Snapchat, un « hacker » des relations affectives des adolescents

Pendant que Facebook est au centre des regards des observateurs pour son usage des données, Snapchat passe en dessous des radars. Pourtant la plateforme est devenue l’oreille des adolescents et elle a conquis leur confiance. Profitant de cette manne de données fournies par les jeunes utilisateurs, elle a développé mille manières de les accrocher : flammes, trophées, classification …

Pendant que Facebook est au centre des regards des observateurs et des régulateurs pour son usage très extensif des données, Snapchat passe en dessous des radars. Pourtant la plateforme est devenue l’oreille permanente des adolescents. Censée effacer leurs messages régulièrement, elle a conquis leur confiance. Profitant de cette manne de données fournies par les jeunes utilisateurs, elle a développé mille manières de les accrocher à son dispositif : flammes, trophées, classification des meilleurs amis…

L’Observatoire des pratiques numériques des jeunes, articulé à une action Education aux écrans en Normandie, permet de suivre les évolutions des préférences numériques des adolescents et de mieux comprendre leur situation face aux plateformes en ligne. Lorsqu’ils arrivent au lycée, général ou professionnel, les adolescents se sont aguerris aux échanges en ligne. Ils ont intériorisé des règles de civilité et des règles de prudence. Mais face à des dispositifs très invasifs, il n’est pas toujours facile de garder son sang-froid, de gérer avec une certaine distance l’injonction à la connexion, de conserver sa capacité d’empathie et de préserver le sentiment d’authenticité au-delà des rythmes imposés par les plateformes numériques...

Les plateformes numériques sont aujourd’hui perçues comme des médias axés sur l’industrialisation des émotions traquant les émotions par la mise en forme des communications, l’accent mis sur le visuel, les photos, les selfies, les emoji, et la récupération des données relatives à toutes ces interactions.

Comment les adolescents vivent-ils la représentation de leurs vies amicales et amoureuses face aux incitations de ces dispositifs ? Comment réussissent-ils à préserver leur vie privée ? Sur des espaces publics dont la faiblesse de la régulation ne cesse d’être dénoncée, quelles sont les règles de comportement qui leur apparaissent nécessaires de respecter ?

Laurence Corroy et Sophie Jehel répondent à ces questions, en appui d'une étude quantitative et qualitative menée auprès des jeunes bénéficiaires du dispositif Éducation Aux Écrans, initié par la Région Normandie et mise en œuvre par les Ceméa et leurs partenaires, Rectorat, Draaf et Canopé/Clémi.

Pour réaliser ce cinquième observatoire, les chercheuses Sophie Jehel et Laurence Corroy ont échangé avec 53 jeunes de 16 et 17 ans, filles et garçons, inscrits dans des filières générales, technologiques ou professionnelles, lors d’entretiens collectifs par petits groupes réalisés en mai 2019. Laurence Corroy, est maître de conférences HDR à l’Université Sorbonne Nouvelle Paris 3 en sciences de l’information et de la communication, chercheure au CERLIS, et Sophie Jehel, maîtresse de conférences à l’Université Paris 8 en sciences de l’information et de la communication, chercheure au CEMTI.

Les relations affectives des adolescents et les réseaux socionumériques © Cemea

Voir l’étude complète - https://yakamedia.cemea.asso.fr/univers/comprendre/numerique-media-et-education-citoyennete/les-relations-affectives-des-adolescents-et-les-reseaux-socionumeriques

Contact : Responsable de l’action Education aux écrans : Christian Gautellier, directeur national des Ceméa en charge du Pôle médias, numérique, éducation critique, engagement citoyen, 0689861118. christian.gautellier@cemea.asso.fr

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