Un sursaut pour la planète et pour l’humanité

Ce samedi, partout en France et dans le monde, se tiendront des événements portés par des citoyen.ne.s pour rappeler aux décideurs politiques et économiques les enjeux d’une mise en œuvre rapide et urgente d’une transition écologique.

Malgré ce que veulent nous faire croire certains, l’écologie, la transition écologique et les réponses à apporter ne sont pas compatibles avec le capitalisme et l’économie libérale que nous connaissons.

Nous faisons face à un système profondément inégalitaire et qui, au quotidien, à travers le monde, bafoue les droits les plus fondamentaux.

Cette semaine François de Rugy, nouveau ministre de la transition écologique et solidaire, disait sur France Inter qu’on peut « faire marcher main dans la main écologie et économie ». Mais de quelle économie parle-t-il ?  Si c’est de celle que l’on connait, libérale, celle de la spéculation, de l’évasion fiscale, du déni des droits fondamentaux, de l’exploitation de l’Homme par l’homme… alors nous n’avons clairement pas la même grille de lecture (est-ce si étonnant ?).

La moitié la plus pauvre de la population mondiale est responsable de seulement 10 % des émissions de CO2 mondiales et c’est pourtant elle qui vit dans les pays les plus vulnérables aux changements climatiques.

A l’inverse, environ 50 % de ces émissions sont imputables aux 10% les plus riches.

Ce sont donc les personnes les moins responsables du changement climatique qui en sont les premières victimes alors même qu’elles n’ont pas les ressources nécessaires pour y faire face.

Ce sont bien les populations les plus pauvres qui sont directement menacées par les mauvaises récoltes dues à la diminution de la pluviosité, par la flambée des prix alimentaires provoquée par la spéculation et renforcée par des phénomènes météorologiques extrêmes… et c’est le continent africain qui sera le plus durement touché.

L’ONU a d’ailleurs déjà annoncé qu’il devrait y avoir plus de 250 millions de réfugiés climatiques d’ici à 2050 ! On voit déjà, en méditerranée notamment, les drames humains créés par une véritable crise des politiques migratoires en France et en Europe.

Parler d’enjeux climatiques, c’est donc aussi parler de migrations.

C’est affirmer dès aujourd’hui l’obligation de définir les contours d’une politique qui mette enfin en application l’article 13 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et la liberté de circulation.

C’est envisager un accueil digne et humain sur nos territoires de ces personnes qui quittent guerres, sécheresses, inondations...

La dernière loi Asile et Immigration ne va clairement pas dans ce sens, malgré les milliers d’initiatives citoyennes de solidarité qui existent partout en France, comme le prouvent la cartographie du Sursaut citoyen ou la dynamique des Etats Généraux des Migrations.

Aujourd’hui, face à l’urgence, face à l’affirmation d’une économie libérale de plus en plus exacerbée et aux inégalités qui se creusent, face aux politiques ultra-sécuritaires qui se multiplient, on ne peut plus se contenter de revendications ici écologiques, là sociales ou économiques ou encore démocratiques. Nous sommes face à la nécessité d’envisager un ensemble de réponses cohérentes.

Et c’est en ça que ces événements, et cette marche qui s’organise à Paris ce samedi  8 septembre, sont intéressants (comme l’a été récemment l’Université d’été rebelle et solidaire des mouvements sociaux et citoyens).

Ils pointent l’urgence d’une situation, ils pointent les limites d’un système, mais ils pointent aussi le besoin et l’envie qu’ont des citoyen.ne.s, des organisations, associations, syndicats, à se mettre ensemble, à monter des alliances, à rentrer dans un rapport de force et à jouer ce rôle essentiel de contre-pouvoir et de pourvoyeurs d’alternatives.

Parce que si nos gouvernements écoutaient moins les lobbies et leurs intérêts propres, s’ils arrêtaient de criminaliser celles et ceux qui font autrement et expérimentent au profit de l’intérêt général, alors nous verrions que des alternatives existent et sont déjà en mouvement.

Le sursaut pour la planète et pour l’humanité doit venir de nous. Les grandes décisions politiques découlent de l’action citoyenne !

Sébastien Bailleul, délégué général du CRID.

Pour en savoir plus sur les mobilisations prévues : Riseforclimate

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