Les USA: terre promise des « noirs »?

Que serait donc les « noirs » sans ses figures milliardaires américaines ?

Les USA sont le pays le moins « raciste » au monde a l'égard des noirs. Cette affirmation n’est pas une provocation.

Pays le moins raciste, ai-je dit. Et si les USA, eux, sont le pays le moins raciste, il faut  se représenter ce qu’est le racisme aujourd’hui dans le monde. 

Ils sont tellement moins racistes, que les grands intellectuels africains, du moins les plus en vue, y ont élu domicile et mènent leur carrière. C’est un fait banal que je rappelle.

Tous  ces « intellos » africains ou « noirs » disons le mot, administrateurs émérites  de cours dans les universités américaines, ne se privent jamais de lancer dans les médias tout le bien qu’ils pensent des « dictatures africaines ».  Ces intellectuels africains appellent sans cesse la « communauté internationale » dont les USA sont la tête dirigeante, à mettre hors d’etat de nuire les dirigeants africains. 

Aucun de ces intellectuels vivant ou enseignant aux USA, ne pamphlete sur ce pays comme ils savent pamphleter sur les pays africains. A croire que, même dans le traitement médiatique ou éditorialiste du monde, il y a un racisme ou une représentation raciste du monde auquel une certaine élite afro-je-ne-sais-trop-quoi prend activement part. 

N’avons nous pas vu des intellectuels africains vivant et enseignant aux USA nous parler davantage du coronavirus en Afrique plutôt que nous peindre la réalité morbide aux USA ? Pourquoi refusent-il de chroniquer, pour la jeunesse africaine et mondiale, cette Amérique ?

Alain Mabanckou, écrivain français dˋorigine congolaise, n’est ce pas lui qui vit aux USA et qui écrivait des lettres ouvertes au bon F.Hollande pour lui demander d’intervenir dans son Congo-Brazza natale, sous le prétexte que la « démocratie » de Sassou Nguesso était fausse et criminelle  ? A-t-il déjà gratifié les médias de ses colères à l’égard de son nouveau pays qu’est les USA? Nein. Pourquoi donc?

La misère existentielle des « noirs » aux USA ne date pas de l’arrivée de Trump au pouvoir. Même le fringant Barack Obama, qui a beaucoup joué sur sa couleur de peau, n’a pu rien faire de sérieux, de révolutionnaire, pour les « noirs » de son pays, .....Ne datant donc pas d’hier, on se demande pourquoi le racisme de l’Etat américain ne suscite aucune critique sérieuse des savants africains qui y sont ?  

 

La vérité est que,  le système américain est le système qui exploite et domine  le plus le corps-noir et qui le « valorise » également le mieux.  Le camerounais Francis Nganou, ex sans-papiers en France devenu grand boxeur et acteur aux USA, n’est-il pas aujourd’hui une « fierté » pour l’Afrique et son Cameroun natale? Nul n’a songé, ceci est une ironie,  pourtant a remercié ce pays que sont les USA d’avoir intégré le « noir » Francis Nganou et de l’avoir hissé à la face du monde.  Mais je vois également dans l’ascension américaine de ce boxeur un racisme (positif?)que personne ne tient à souligner.Il n’aurait pas eu ce fabuleux corps athlétique, ce corps transpirant propre au spectacle et au divertissement, qu’il serait devenu sans doute une de ces nombreuses victimes de la police américaine.

Que dire alors de toutes ces grandes figures noires du cinéma et du sport aux USA? Ne sont-ils pas de bons « patriotes » américains ?

Laissons de côté les afro-américains, qu’on ne devrait plus d’ailleurs appelés ainsi à mon sens. Ce sont des « américains ». Ni plus, ni moins. 

Il y a une fascination puissante en Afrique pour les États-Unis, des élites aux populations (cf la loterie américaine)...et à côté un vif et superficiel sentiment anti-français. Et ce n’est pas un Alain Mabanckou qui me démentira. Lequel a dû d’abord s’américaniser, avant que  son pays, la France, ne lui ouvre afin quelques portes royales.

Tout comme, il y a chez nombre d’américains, une fascination pour cette Afrique: le retour au « bercail », la quête de ses origines par ADN. 

Les pays du monde entier envient un peu le traitement que les USA infligent aux « noirs ».Au fond, les africains (noirs), eux-mêmes ne valident-ils pas ma thèse : les USA, pays le moins « raciste » au monde ou du monde occidental. Aussi farfelue que puisse paraître une telle thèse, elle mérite d’être examinée  le plus sérieusement.

M’enfin, on peut donc être tous d’accord sur un point  : notre monde est raciste: criminel et inégal Il ne faut pas l’emmenager, il faut le détruire, déconstruire. Il ne faut pas polémiquer sur cette question (la question du racisme, notamment celui le plus partagé dans le monde, y compris en Afrique même, le racisme à l’égard du nègre). Oui, aussi douloureuse que peut-être l’actualité raciste, il ne faut pas s’emballer devant une telle monstruosité. Il ne faut pas faire spectacle et commerce de son propre malheur. Pire en compagnie des bourreaux. Il faut faire sauter « ce monde inégale et criminel » où des milliards d’êtres humains sont maintenus couchés, asphyxiés, et menottés.Il faut travailler à le faire sauter. 

L’anti-racisme me semble bien trop peu de chose. Je suis même parfois déconcerté lorsque X se présente simplement  comme un militant anti-raciste...Le noir que je me suis découvert être  a du mal à s’émerveiller devant un anti-raciste, même sympathique. Quant au raciste, au monde-raciste, il faut lui promettre sa fin et s’engager dans la voie de radicalité communiste.

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