Flambée du sentiment antiraciste: la belle affaire.

Le raciste et "l'anti-raciste" ont en commun le mot raciste. C'est leur point de départ. Dans anti-raciste, ce n'est pas le prétexte ou le préfixe anti qui compte ou fait sens, c'est le mot raciste qui est...anti n'est pas. Le raciste, l'être, est. L'antiraciste, le non-être, n'est pas. Si bien qu'il éprouve le besoin d'énoncer cette supplique : Black Lives matter. 

Et au "Blanc", quelque peu blanchâtre, de génuflexer en priant le Noir ainsi: 

"pardonne-nous nos offenses
comme nous pardonnons aussi
à ceux qui nous ont offensés
et ne nous soumets pas à la tentation
mais délivre-nous du mal." Amen!

Black ou Noir et Blanc ou White communient. Place aux processions!

Si les processions antiracistes ont pu avoir lieu, en cette période si liberticide, c'est parce qu'elles n'avaient aucune dimension politique. Elles auraient la moindre revendication politique, ma foi, sous prétexte de covid-19, elles auraient été réprimées dans le sang ou la paix du Christ. 

Quelles sont donc ces manifestations contre les violences policières qui épargnent les Etats? On manifeste contre les violences policières (l'Etat), tout en réclamant justice (à l'Etat) pour Adama. Autrement dit, on donne l'occasion à cet Etat de se racheter, et d'asseoir sa toute puissance, sa seule puissance.

Pauvre Adame Traoré! Sais-tu  seulement ce que tu es devenu? Un "républicain". Res publica: chose publique. La chose publique. La chose du public (Noir). 

La justice, dans l'affaire Adama Traoré, est morte-née. Elle n’est plus à rechercher dans la Justice de l’Etat. La justice  a cessé d'être possible, au moment même, où l'on a commencé à parler d'une affaire Adama Traoré. Comme dans toutes les affaires, ce qui compte ce n’est plus la justice, mais l’opinion. 

Justice pour Adama n'est plus qu'un slogan que l’on tourne et retourne dans toutes les sauces-manifestations: de Nuit Debout aux Gilets jaunes. Et   les cuisiniers nous disent que c’est ça la lutte contre le racisme. Trêve de plaisanteries!

Que cherche, au fond, Assa Traoré, que la mère Despentes a qualifié d'Antigone contemporaine? Pourquoi pas, Macron étant lui-même Jupiter... tout est possible dans cette France.

Il y a un déséquilibre inhumain entre le crime raciste et les manifestations antiracistes ambiance babacool. Il y a, comme une parfaite cohabitation dans la République. Nul ne pose sur la table le problème fondamental ou les problèmes fondamentaux.

Adama Traoré et George Floyd, oublions leurs rapports compliqués avec la police,  avaient-ils des existences digne de ce nom? Travaillaient-ils? Leurs vies comptaient-elles déjà  avant les attentats policiers  ? Dans quelle société ont-ils tenté d’exister et pourquoi cela n’a pas été possible ? Quel monde s’offrait à eux? 

Le racisme mortifère subi par ces deux individus n’est-il que le seul fait de la police ? Non.

La violence policière couronne le tout. Elle n’est pas une exception. C’est une violence presque finale. 


Les parlementaires de France ont quand même produit, ont toujours produit ou voté quantité de lois, en vigueur jusqu’aujourd’hui, profondément racistes.

Alors, monsieur Castaner devrait moins faire l’interessant. Le plaquage physique est une chose, mais le plaquage psychologique et moral une autre chose spécifique à l’administration étatique. A quand son interdiction ? 

L’attitude des responsables politiques français vis à vis de cette question est donc outrageusement affligeante. Nullement à la mesure du problème. Qu’est ce qu’on a à foutre des genoux au sol?

Le racisme qui doit nous occuper n’est pas une affaire de sentiments. Mais de droits, notamment  celui des travailleurs immigrés, de justice, d’égalité (réelle)...de politique donc.

 Une lutte contre le racisme (des États) sans prétention révolutionnaire, sans communisme, est une lutte d’arrière garde. 

Et, aussi perturbant que cela puisse paraître pour quelques uns, il ne faudrait guère s’engager dans la lutte contre le racisme dans son costume de « Noir » ou à avec ses gants de « Blanc ». Je suis donc évidemment mal à l’aise à côté de tous ces sympathiques « indigénistes » métropolitains et ces « décoloniaux » sous pression et admiration de l’empire américain.  

 

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