Les "intellectuels africains" s'expriment sur le coronavirus

Jeune Afrique a publié sur son site internet une tribune, datant du 10 avril 2020, de 25 intellectuels africains sur la pandémie qui frappe le monde. Les tribuns appellent à la mobilisation des intelligences, des ressources et de la créativité des Africains pour vaincre la pandémie de Covid-19.

''Intellectuels africains'': une race à part entière

25 intellectuels africains, dont certains enseignent et vivent aux Etats-Unis, ont préféré cosigner une tribune sur l'Afrique au sujet de la pandémie plutôt que d'instruire le monde, l'Afrique, sur la triste réalité de cette pandémie aux USA. Pourquoi? 

Pourquoi des penseurs aussi éparpillés dans le monde, qui "prêchent" leurs savoirs plus ailleurs qu'en Afrique, se sentent obliger de signer une tribune sur l'Afrique et pas sur la situation de la pandémie en Amérique? En Asie? Et même en Europe?

La France, quant à elle, ne se prive pourtant pas de se tailler une opinion sur l'Afrique via ses penseurs du Quai d’Orsay:"L'effet pangolin : la tempête qui vient en Afrique ?"

Pourquoi nos intellectuels exilés se privent-ils, ou disons, nous privent-ils de leurs regards sur les sociétés dans lesquelles ils vivent et travaillent pour s'épancher sur l'Afrique? 

En lisant la tribune, on constate pourtant que, même à vingt-cinq, ils n'ont rien à proposer de franchement neuf, enthousiasmant et stimulant à l'Afrique. Les chefs d'Etats gagneraient davantage à  attendre sagement les DSK, le FMI, l’aide bilatérale de la France, de la Chine, de l’Allemagne, des USA... 

La fameuse tribune

"Coronavirus : pour en sortir plus forts ensemble", voilà le titre de la tribune. Elle brille par son opportunisme. Et pourquoi pas, Ebola: pour en sortir plus forts ensemble? Sida: pour en sortir plus forts ensemble? Paludisme: Pour en sortir plus forts ensemble? Maladie diarrhéiques: pour en sortir plus forts ensemble? 

Lisons la tribune des "intellectuels africains" parmi lesquels Kako Nubukpo, Alioune Sall, Felwine Sarr, Achille Mbembe, Reckya Madougou, Souleymane Bachir Diagne, Franck Herman Ekra et Hakim Ben Hammouda.

Dès la première ligne de leur tribune, ces penseurs apprennent aux africains que :"Covid-19 est le nom scientifique du virus responsable d’une maladie respiratoire très contagieuse pouvant devenir mortelle." 

Euh, comment ça la covid-19 c'est le nom d'un virus ? Selon la nomenclature de l'OMS, la Covid-19 c'est le nom de la maladie et le SARS-cov-2 c'est le nom du virus. Sur le site de l'OMS, il est écrit: "La COVID-19 est la maladie infectieuse causée par le dernier coronavirus qui a été découvert". Et les coronavirus forment une vaste famille de virus qui peuvent être pathogènes chez l’homme et chez l’animal.

Nos "intellectuels africains", à défaut d'être des pointures en virologie, auraient pu faire preuve d'un peu plus de sérieux. Quand même, ce n'est pas parce qu'on s'adresse aux "africains", qu'il faut les prendre pour des imbéciles finis...

Poursuivons la lecture de la tribune: "ses [du covid-19] effets sont dévastateurs : il sème la mort, plonge les économies les plus puissantes dans la récession, et constitue une menace sans précédent pour l’existence des sociétés humaines. "

Les fameux "intellectuels africains" ont visiblement arrêté de penser, de réfléchir. Ils répètent...Ils tiennent une posture: celle du missionnaire. Des missionnaires de l'Occident. Le Covid-19 touche principalement le monde occidental. Mais le monde occidental ce n’est pas la fin du monde ou la faim dans le monde. Un examen sérieux de cette épidémie (pandémie), qui plus est pour un africain, nous interdirait de parler du covid-19 comme une maladie dévastatrice. Le SARS-cov-2 n'a attaqué aucun avion, aucun bateau, aucune industrie, aucune récolte, aucun bétail, aucune ferme...Une grande proportion de gens guérissent de cette maladie sans le moindre soin médical.  Est ce le cas d’Ebola? Cette maladie épargne les jeunes enfants. Est-ce le cas du paludisme?  En quoi la covid-19 est il dévastateur ? Hormis son effet hallucinogène, délirant, y compris chez quelques intellectuels, cette maladie ne dévaste pas grand chose si ce n’est les cerveaux.

La covid-19 est une maladie. Un point, un trait. Et s'il faut à tout prix parler de maladies avec des effets dévastateurs, le Covid-19 a beau être une pandémie, mais il n'est rien à côté du Sida et ses millions de morts en Afrique (plus de 10 millions). Rien à côté du paludisme. Rien à côté d'Ebola.

Ce sont les dirigeants du monde qui ont décidé eux-mêmes de mettre à l'arrêt leurs économies. Ce qui a plongé les économies les plus puissantes dans la récession, ce sont des choix politiques et pas la virulence du virus. Que les « intellectuels »ne racontent pas  aux "africains" n'importe quoi.

La Covid-19 constitue t-elle menace sans précédent pour l'existence des sociétés humaines? Grotesque! 

Et l'arme nucléaire? La course aux armements? Les rivalités nationales? Les inégalités gigantesques? La destruction des Etats à gauche et à droite par l’impérialisme, stade suprême du capitalisme?....ce ne sont pas là des menaces sans précédent pour l'existence des sociétés humaines? Il n'y a que des "intellectuels africains" confinés à l'Occident pour nous servir pareille soupe.

Les 25 intellectuels écrivent : " L’Afrique n’est pas le foyer d’origine de cette pandémie....quel scoop! ...pourtant elle fait face à ses durs effets, par les contagions humaines en nombre croissant et la contraction brutale d’une partie significative des activités sociales et économiques essentielles. Le continent est donc sommé d’apporter une réponse indispensable, puissante et durable à une menace réelle qu’il ne faudrait ni exagérer ni minorer, mais bien rationaliser."

Ils se contredisent pathétiquement. En déclarant que la covid-19 constitue une menace sans précédent pour l'existence des sociétés humaines, les intellectuels africains sont bel et bien  en train d'exagérer. Ils ne rationalisent rien. Ils apportent leur graine de sel.... Alors, leur "il faudrait", il faudrait qu'ils se l'appliquent de toute urgenceCar, l'Afrique aujourd'hui, souffre de tous les maux de la terre sauf du Covid-19. Les contaminés et les morts de cette maladie en Afrique  ne représentent, pour l'heure, absolument rien. Pas grand chose à côté  des victimes de la misère. Le bilan du covid-19 en Afrique est d'à peu près 12 492 cas contaminés et 649 morts dans toute l'Afrique. Pas grand chose à côté des victimes d'autres pathologies. Pas grand chose à côté des criquets pèlerins au Corne de l'Afrique. Le propos des "intellectuels africains" gagne donc encore en insignifiance. En impuissance.

Le seul point essentiel qu'ils soulignent est : la contraction brutale d’une partie significative des activités sociales et économiques essentielles. Simple effet domino. Les économies des pays africains, pour la plupart, sont ultra dépendantes des pays développés ou émergents. En mettant leurs économies à l'arrêt, les pays riches ont également privé les économies des pays pauvres de devises essentielles. Une telle privation équivaut à un séisme socio-économique dont on ignore l'ampleur.

Et comme si cela ne suffisait pas, ces pays africains se sont eux-mêmes  embarqués dans la mode mondiale du confinement. Du chômage! Ils ont décidé de fermer les écoles, les universités, les commerces, les petites entreprises locales ....ils ont décidé de "confiner" des populations"inconfinables". Ils ont décidé de contempler l'Occident. Voilà le désastre. Rien à voir avec le virus.

Revenons à la tribune : "C’est une opportunité historique pour les Africains, de mobiliser leurs intelligences réparties sur tous les continents, de rassembler leurs ressources endogènes, traditionnelles, diasporiques, scientifiques, nouvelles, digitales, leur créativité pour sortir plus forts d’un désastre que certains ont déjà prédit pour eux."

Les 25 intellectuels sont en transe. La pandémie serait donc une opportunité pour les Africains! C'est tout le monde qui voit midi à sa porte. M'enfin,  pendant que les 25 fantasment sur une union des élites, tous les regards sont tournés vers la Chine. Là où l'épidémie est née. Et ça été l'occasion pour la Chine, en dépit des critiques qu'on peut lui adresser, de démontrer sa puissance impériale. Sa puissance mondiale. La Chine fut le premier pays à rendre public  le séquençage du génome du coronavirus 2019-nCoV. Et, elle est aujourd'hui en tête de la production mondiale des équipements sanitaires pour combattre la maladie. Il faut voir les querelles auxquelles se livrent les puissances du monde dans les ports chinois. Et l'Afrique, pendant que ses intellectuels théorisent sur on ne sait quoi, la Chine fait des "dons"  de kits de dépistage sur tout le continent.

L'ONU vient de sonner l'alerte sur une éventuelle pénurie de préservatifs. Et qui est-ce qui va doubler sa production pour inonder la demande mondiale ?  La Chine.

L'Afrique s'est dérisoirement confinée. Elle a fermé ses écoles et autres. Elle demande à sa  jeune population de rester à la maison. Comme en Occident. Le continent est pourtant le moins touché par la pandémie. Qui produira les biens (de premières nécessités) dont les populations africaines ont besoin? La Chine qui se déconfine et l'Europe même en plein confinement. Et ces "intellectuels" osent nous parler d'une opportunité historique pour les Africains?

L'Afrique doit-elle se mobiliser parce que "certains" parient sur son sort ou bien parce que l'amélioration des conditions de vie de ses masses est une priorité? Est-il besoin d'attendre une pandémie et ses 600 morts en Afrique pour s'investir à la transformation de ce continent où pullulent les désastres?

L'optimisme des 25 intellectuels frise le ridicule. Les indépendances en 1960 n'étaient-ils pas aussi des opportunités historiques? La création de l'Union Africaine?  La guerre froide? La crise financière? Le désastre Libyen?  ou que sais-je? Ce ne sont pas les opportunités qui manquent. Mais les faits sont têtus. Il ne sert à rien de verser dans le sentimentalisme identitaire ou dans ce type de panafricanisme tout à fait gazeux.

Lisons maintenant quelques pistes envisageables par nos sentimentalistes:

1." Les systèmes de santé en Afrique doivent être repensés totalement au regard de nombreuses considérations et limites actuelles, et nous ne devrions pas attendre les possibles effondrements engendrés par une pandémie de cette ampleur pour agir diligemment et efficacement."

Voyons! En Afrique, on peut balancer ce genre de propos vague sur absolument tout: les systèmes éducatifs, les monnaies....mêmes les Etats eux-mêmes doivent être repensés. Mais, déclarer qu'il faut repenser les systèmes de santé, ça ne veut pas dire grand chose au fond....ça n’engage en rien  nos tribuns. Et cette pandémie, a moins mis en évidence la sous-médicalisation de l'Afrique, que la perversion du système médical américain par exemple.

Et si nos intellectuels osaient plutôt affirmer la nécessité d'exproprier les multinationales pharmaceutiques, de déclarer les médicaments et matériel médical biens publics mondiaux. Il s'agit d'une pandémie. Pourquoi ne pas donc penser le problème à échelle mondiale? Quant à repenser les systèmes de santé en Afrique? Il faudrait donc lancer un "retour au pays" de tous les médecins et experts africains et arabes et autres qui voudraient bien les accompagner pour y construire un système de santé. On va pas demander à des Lionel Zinsou de construire un système de santé.

La première piste qu'envisage les 25 est donc en réalité une non-piste. C'est un point obscur. Deuxième piste:

2. De même, le partage de connaissance, de savoir-faire et de matériels médicaux sera un élément décisif.. L’énorme patrimoine culturel et traditionnel d’où est issue la pharmacopée africaine devrait être davantage mobilisé, mutualisé, panafricanisé, en association avec la médecine et les recherches dites modernes, comme l’ont fait avec succès certains pays comme la Chine. La créativité et l’ingéniosité locales devraient être stimulées, et l’offre artisanale valorisée à l’instar des équipements hydratants hygiéniques nouveaux proposées dans de nombreux pays (Ghana, Cameroun, …)

Le partage de connaissance (non gratuit), sauf à dire une bêtise, est déjà une réalité. Des étudiants africains partent se former en Asie et en Europe. Mais au lieu d'avancer  l'idée timide d'un partage de matériels médicaux, dont on ignore s'il est gracieux ou non, pourquoi ces intellectuels ne militent pas pour que les matériels médicaux sortent du champ de la propriété privée? 

Le deuxième piste est bel et bien une piste, mais trop étroite, qu'elle nous paraît sans issu. Qui pour stimuler la créativité et l'ingéniosité locales? Le FMI? Nos footballeurs? Nos Etats ?  Etats Unis et l'UE vont relancer leurs économies à hauteur de plus de 5000 milliards. De quoi stimuler....Quid de l'Afrique?

3.L’Afrique doit apprendre de ses expériences et des autres régions du monde frappées par la pandémie, elle devrait davantage favoriser la solidarité dont elle possède les gènes, la sensibilisation massive, notamment en zone rurale, et le dépistage massif des populations. Les exemples provisoires de réussites montrent que ce ne sont pas nécessairement les moyens a priori abondants des pays à PIB très élevés qui produisent les meilleurs résultats sanitaires, à l’instar du Vietnam donnant 550 000 masques à 5 pays de l’Union européenne ou même de Cuba exportant son expertise dans la médecine d’urgence vers les pays dits développés.

Le propos est évidement raciste. Donc criminel. Qu'est-ce cette histoire de solidarité et de gènes?  On ne saurait affirmer que le Nigéria et l'Afrique du Sud sont des pays exemplaires en matière de solidarité envers leurs populations les plus démunies. On a vu toute la puissance des xénophobes dans un pays comme l'Afrique du Sud,  alors quel est ce gène de solidarité qui caractériserait l'Afrique et pas les autres?

Cuba, le Vietnam, la Chine, la Russie ont "aidé" l'Europe et l'Afrique....s'il existe un gène de la solidarité mondiale, ce serait  dans ces anciens pays communistes qu'il faut aller chercher. Pas en Afrique. Trop renfermée sur elle-même!

Épargnons-nous d'autres petites sottises. Et terminons ce billet en commentant la fin de la fameuse tribune: 

Nous en appelons à tous les intellectuels africains, aux chercheurs de toutes les disciplines, aux forces vives de nos pays, à rejoindre le combat contre la pandémie du Covid-19, nous éclairer de leurs réflexions, de leurs talents, nous enrichir des fruits de leurs recherches et tous de leurs propositions constructives. Il nous faut nous fixer un cap optimiste tout en ayant courageusement conscience des lacunes à combler. Une autre Afrique est possible tout comme l’est une autre humanité dans laquelle la compassion, l’empathie, l’équité et la solidarité définiraient les sociétés. Ce qui pouvait ressembler jusqu’ ici à une utopie est entré dans l’espace des possibles. L’Histoire nous observe qui nous condamnera si nous nous laissons aller à conjuguer notre avenir au passé.

Osons ne pas perdre confiance en l’avenir ou en nous-mêmes. Osons lutter ensemble contre la propagation du Covid-19 et osons vaincre ensemble le précariat mondial auquel donne naissance la pandémie éponyme. Oui, l’Afrique vaincra le coronavirus et ne s’effondrera pas.

    Dissidence

Etant un africain, et même intellectuel africain, ce genre d'appel trop vague, trop bruyant, trop identitaire, et donc superficiellement raciste, ne me convainc pas. Je décline l'offre. Elle manque de sérieux.  De propositions neuves. De propositions libérées des entrailles identitaires. Ce que j'observe, là, sous mes yeux, depuis le début de l'épidémie en Wuhan, m'interdit tout triomphalisme.  

Les dirigeants capitalistes mondialisés n'ont nullement été vaincu par aucune force politique. Ils se sont eux-mêmes mis en arrêt de travail. Croire que cela est synonyme d'une révolution en soi est une utopie dangereuse. Il n'y a qu'à regarder la Chine. Alors que les sentimentalistes africains nous épargnent leur facilité déconcertante.

Cette pandémie vient illustrer les inégalités monstres. Elle fera basculer des millions de gens dans la misère, en particulier tous ces débrouillards africains et asiatiques, aujourd'hui confinés. Et donc, pour ces prolétaires, difficulté d'accéder aux soins médicaux, à une école de qualité. Cette cruelle réalité frappe même aussi les Etats riches (USA).

Et lorsqu'on écoute les dirigeants actuels, rien n'indique qu'à la fin de cette épidémie, on entrera dans un monde débarrassé du capitalisme mondialisé, de ses lois cyniques, et donc de sa violence fondamentale...Les uns et les autres ne s'appuient que sur leurs émotions, leurs hallucinations pour nous promettre des lendemains qui chantent. La raison est mis en congés.

Au capitalisme mondialisé, la seule idée à échelle mondiale qui puisse faire face c'est le communisme: mise en commun des biens mondiaux essentiels à la vie. Il faut militer pour un ordre égalitaire.  Si les intellectuels africains ne deviennent pas de redoutables militants communistes qui assurent la formation les jeunes africains, alors ils ne servent à rien.

Mais en attendant, il peuvent déjà travailler à la consolidation des Etats existants, et remettre la question des matières premières sur la table. En attendant, il faut également que l'Afrique abandonne ses gesticulations démocratiques et ses élections sans le moindre intérêt pour les masses. En attendant, il faut des armées populaires. Et il faut que les intellectuels africains aient pour interlocuteur privilégié la jeunesse africaine. Aujourd'hui, cette jeunesse est grande orpheline du monde. Plus démunie qu'elle, on n'en trouve pas. C'est un fait, non une victimisation. Il faut que les "intellectuels africains" sortent des amphis et laissent un peu les tribunes, les masses africaines ne sont ni dans les facs, ni devant les quotidiens étrangers. Elles errent sur place en Afrique. Elles errent en Occident. Au Maghreb. Nul ne les regarde!

Que les intellectuels africains soient des prolétaires dans l'âme!  Non de néo bourgeois qui vivent leur ascension académique et social comme une ascension du continent. Leur destin personnel n'est pas le destin du continent.

Et ainsi, ils pourront adresser à l'humanité ce mot d'ordre essentiel: "Prolétaires de tous les pays, unissez-vous"! chargé de la sueur et du sang des africains.

 

PS: La tribune parue sur le site de Jeune Afrique a été cosignée par : Kako Nubukpo, Alioune Sall, Reckya Madougou,  Martial Ze Belinga, Felwine Sarr, Carlos Lopes, Cristina Duarte, Achille Mbembe, Francis Akindès, Aminata Dramane Traore, Souleymane Bachir Diagne, Lionel Zinsou, Nadia Yala Kisukidi, Demba Moussa Dembélé, Franck Hermann Ekra, Alinah Segobye, Mamadou Koulibaly, Karim El Aynaoui, Mamadou Diouf, Hakim Ben Hammouda, Paulo Gomes, Carlos Cardoso, Gilles Yabi, Adebayo Olukoshi, Augustin Holl.

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