2020: L'antiracisme, fille bien-aimée du capitalisme.

Assa Traoré a été désignée par le magazine New-Yorkais, le Time, comme "gardienne de l'année". Ite missa est. Félicitations à l'élue des gardiens de notre pensée et de notre civilisation New-humaniste.

Le « racisme », mot ayant perdu toute consistance véritablement criminelle, regrettons-le, me semble être un moindre mal à côté de ce que l’Afrique subsaharienne, elle-même, inflige à ses propres enfants. Punition quasi diabolique qui s'apparente soit à un crime rituel, soit un châtiment éternel.

L’Afrique, dirais-je sans aucune difficulté, a besoin sans cesse de vendre, de prostituer, et même de faire cadeau ses enfants à qui le souhaite.

Ce crime de l’Afrique (qu'on ne peut nommer) contre elle-même choque moins les « antiracistes » et les « panafricanistes ». Pourquoi donc?

Exiger des « autres » plus qu’on exige de « soi » grandit les « autres » sans nous grandir.

Si le racisme est un crime, et c’est un crime, et que l’Occident est raciste, et il est raciste, reste à se demander que font les « nègres antiracistes» en terre raciste alors qu’ils peuvent tous re-émigrer dans cette Afrique dont on nous dit, depuis quelques temps, qu’elle est l’avenir du monde. Quel monde!  Interrogation spécieuse. Cependant, je la pose pour abréger les souffrances de nos militants antiracistes d'Occident, ainsi que pour orienter l’esprit du lecteur dans une direction inhabituelle. Je crois ne pas être assez idiot pour assigner les gens, a fortiori ceux qui se reconnaissent dans le mot "noir", en tant qu'identité, en résidence; dans une quelconque résidence. 

Pourquoi certains « noirs », notez les guillemets, de leur propre chef, vont au temple du « racisme » ? Vont vendre leur force de travail à l’Occident ? Vont déployer leur génie en Occident?vont enseigner en Occident ? Vont étudier ? Et pourtant, il existe un continent debonnaire, "non raciste", "non capitaliste"  nommé Afrique...Il y a une préférence occidentale. Un désir presque qu’increvable d’occident qui vient presque absoudre cet Occident de son mal capital et initial .

Il y a à ce niveau, ce désir presque qu'increvable, une hypocrisie féroce qui hante l’Afrique et qui la maintient aussi basse que terre.

Les mouvements dits "antiracistes", qui par miracle, n’opèrent que dans les pays développés, là où on peut rencontrer les "nègres" dit capables ou évolués ou nommés, primés, bref sanctifiés par le Capital,  n’ont à mes yeux aucun élan révolutionnaire à caractère mondial et universel. Ils ne sont pas ce qu’ils  croient être. Car, dominés ma foi, par le ressentiment, la réaction plus que par une réelle conviction de l’égalité et de la justice comme horizon indépassable de notre humanité. Et c'est ce qui explique leur détestable rhétorique renfrognée: privilège Blanc, racisé.e, micro-agression (micro-concept), intersectionnalité etc.

Les « antiracistes » n’engagent pas l’humanité dans une voie nouvelle. En excellents lobbyistes, ils demandent à ceux qui sont aux affaires d’ajouter des bonnes places pour quelques « nègres » capables. Ils jugent le ratio trop faible.

Dans cette lutte, les États Unis sont les mieux préparés, les plus avancés, les plus "révolutionnaires". On pourrait donc taxer les USA comme le pays le moins "raciste" au monde. Troublant, n'est-ce pas? Vérité fondamentale, hélas!

...Qu’est ce que cela change à la face du monde,  que ce soit un Obama ou un Trump , président des Amériques ? Rien, implacable vérité.

Les mouvements dits "antiracistes" sont des mouvements identitaires, qui s’emboîtent parfaitement dans le monde actuel. Et qu’est ce que le monde actuel ? Sauvagerie du capitalisme. Le capitalisme a besoin « d’ennemis » digérables: les « antiracistes » le sont parfaitement. 

Si on n’est pas raciste, on n’a nullement besoin de se déclarer antiraciste. De se définir par rapport au racisme. Le mot "antiraciste" me paraît donc quelque peu symptomatique d’une société gravement malade et incurable. Que faire ? L’enterrer vivant.

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