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Billet de blog 15 avr. 2020

Moratoire sur la dette des pays africains: la belle affaire!

Où sont donc ces 25 intellectuels dont le banquier Lionel Zinsou? Ils ont vu dans cette histoire de coronavirus, une opportunité historique pour qu'advienne une autre Afrique, une autre humanité. Bien, le G20 vient de dire oui à la suspension de la dette des pays les "plus pauvres". Et les pays pauvres tout court? Voici leur nouveau monde.

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Le Figaro nous apprend dans un papier publié sur son site que: "Les ministres des finances et les banquiers centraux du groupe G20 se sont accordés pour donner une grande respiration aux pays les plus pauvres."

Ça fait sourire! Le groupements des pollueurs de la planète qui accordent une "grande respiration" aux pays les plus pauvres, "écolos" par essence.

A Bangui, à cet instant précis, ça doit être la liesse populaire. Mais rappelons comme ça aux gens du Figaro que le deuxième poumon de la planète c'est en RDC.

Qu'est-ce que le Figaro appelle grande respiration? Le moratoire sur la dette des pays les plus pauvres décidé par le G20.

Le ministre saoudien des Finances, Mohammed al-Jadaan, à l'issue d'une réunion en visio-conférence du club des vingt pays les plus riches du monde, a déclaré: "Cette suspension de la dette (...) signifie que les pays pauvres n'ont pas besoin de s'inquiéter (Merci Seigneur! Merci Prince!) de faire face à leurs échéances au cours des douze prochains mois".

Islamiste saoudien et "libéral " du Figaro ont le même jargon, la même philosophie, la même morale, la même religion de l'argent. Ils partagent aussi et surtout des valeurs chers aux 25 intellectuels africains de Jeune Afrique: compassion et empathie à l'endroit des plus pauvres. Ne leur parler pas d'égalité et de justice. 

Toujours dans la même veine islamo-capitaliste ou libérale, le ministre allemand Olaf Scholz, sans le moindre complexe, déclare dans un communiqué: "Nous laissons ainsi aux pays concernés de grandes marges de manœuvre financières pour investir dans la protection sanitaire de leurs populations, immédiatement et sans examen chronophage au cas par cas."

Après la grande respiration accordée, selon  le Figaro, voici les grandes marges de manœuvres financières. On marche sur la tête. Les grandes (marges de) manœuvres financières c'est la FED et son dollar. C'est l'euro et sa BCE. Le simple fait que ce soit le G20 qui décide du fond de son âme de suspendre pour un an le remboursement des dettes est la preuve que les pays pauvres ou les plus pauvres n'ont aucune marge de manœuvres financières. Ces pays ne sont pas tenus en laisse: ils sont en cage.

 L'Allemagne s'est félicitée d'un « acte de solidarité internationale de portée HISTORIQUE ». Oh la belle histoire! Que le Niger se souvienne de ce jour.

Les pays du G20 ont-ils construits leurs systèmes de santé à l'aide d'une suspension de dette d'un an de pays-tiers?

Par ailleurs, les fameux pays les plus pauvres n'ont pas que la santé de leur population à gérer, il y a l'éducation, les infrastructures, etc.  Suspendre la dette d'un Etat en Afrique n'augmente pas ses capacités financières, surtout lorsque cet Etat subit de plein fouet la baisse des cours du pétrole. 

Le G20 n'est pas une institution sérieuse. Du moins pour les pays pauvres. Il est troublant de constater qu'à ce niveau, on entend moins les panafricanistes et autres brailler. Pourquoi, s'agiter sur les mots des professeurs Locht et Mira, si c'est pour faire les distraits devant les actes et discours "criminels" du G20. Oui, c'est criminel que le pollueur prétende accorder une "grande respiration" aux authentiques écolos. Le pollueur pollue, c'est son rôle.

 Le FMI, quant à lui, continue de vaquer à ses occupations et de donner des leçons comme s'il n'avait aucune responsabilité avec ses politiques d'ajustements structurelles,  dans ces pays "les plus pauvres" ?

Comment, des intellectuels africains, dont certains économistes et banquiers, ont pu prétendre qu'une nouvelle Afrique, une nouvelle humanité est prête à voir le jour à cause de la pandémie,  alors qu'ils n'ont même pas l'intention de liquider les institutions de Brettons Woods et leur philosophie du développement proprement misérable?  

Peut-on mettre du vin nouveau dans de vieilles outres? Le nouveau testament répond par la négative.

Il faut annuler la dette surréaliste des Etats africains (en particulier celles des pays les "plus pauvres"). Ce n'est pas une supplique....mais un commencement de  justice!  

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