La religion du masque

Respectons les mesures barrières.

« La misère religieuse est, d'une part, l'expression de la misère réelle, et, d'autre part, la protestation contre la misère réelle. La religion est le soupir de la créature accablée par le malheur, l'âme d'un monde sans cœur, de même qu'elle est l'esprit d'une époque sans esprit. C'est l'opium du peuple. », in Contribution à la critique de la philosophie du droit de Hegel, Karl Marx.

Et Marx rajoute quelques paragraphes plus loin : «  L'histoire a donc la mission (...) d'établir la vérité de la vie présente.  Et la première tâche de la philosophie,qui est au service de l'histoire, consiste, une fois démasquée l'image sainte qui représentait la renonciation de l'homme à lui-même, à démasquer cette renonciation sous ses formes profanes. »

                Démasquons le masque 

C’est la nouvelle religion de l’humanité : le masque. Son port, quelque peu obligatoire, est devenu une espèce de crucifix qu’il faut arborer pour pouvoir se déplacer ou pénétrer dans les temples de la consommation. Figurez-vous que, même dans un pays comme le Cameroun, l’autorité administrative a interdit la présence des citoyens dans les bars, sans le port du masque. MDR! M’accusera t-on  de racisme si je demande pourquoi ce même gouvernement tarde à imposer le port du préservatif? Quant à la France, pays où le port du voile et de la barbe furent si suspects et malmenés, car masquant le saint visage, il est devenu impossible de s’afficher librement, à visage découvert. LOL! Au nom de quoi ? La santé publique! Elle a bon dos. Terriblement! La vérité crue est que la République française est discriminante à souhait et que sa devise n’est qu’une feinte de l’esprit, un orgueil national, une tricherie mondiale.

On a dit aux « fidèles » qu’il faut porter un masque, non pas vraiment pour eux-mêmes, mais pour les autres.  Et les « fidèles » s’exécutent...l’amour du prochain, c’est cardinal.

Enfin, uniquement lorsqu’il s’agit de « ranger » les citoyens et leur imposer des « gestes » nouveaux ou des garde-à-vous on vous félicite.  Car, lorsqu’il s’agit des inégalités, de la misère, du chômage, les donneurs d’ordre manquent d’inspiration divine. Les gestes barrières n’existent plus, et quand bien même ils existent, les donneurs d’ordre les supprime (le projet macronien). Ils appliquent les mêmes vieilles recettes conduisant aux mêmes vieux excès.  

Pendant donc qu’on oblige les pauvres citoyens, ou à se confiner, ou à porter un masque, les États et les firmes industrielles ou pharmaceutiques se livrent à des affrontements sans masques. Ils ne craignent nullement  de conduire l’humanité à des « guerres inutiles ». Et en ce qui concerne les firmes pharmaceutiques, on le voit très bien,  la recherche du profit est le seul moteur de leurs actions.

C’est à l’individu, le fameux confiné, devenu masqué, que l’on fait croire que le destin de l’humanité repose entre ses mains. Que l’avenir de ce monde se joue dans sa capacité à n’être qu’un individu (distanciation), se confinant et se masquant. 

Il faudrait que les citoyens arrêtent de se laisser discipliner par des États qu’ils n’arrivent pas à discipliner ou à contrôler. Le vote même dans les pays qui se targuent d’être des « démocraties » n’étant nullement un outil de contrôle. Ce n’est pas à l’Etat, ce monstre froid, de contrôler ses citoyens, vieille histoire, c’est l’inverse qui doit se produire. Ce n’est pas les citoyens  qu’il faut tracer mais les gouvernants, les États, les firmes entre autres pharmaceutiques.

Il est évident que ce n’est pas le masque qui sauvera le monde de son ensauvagement réel. Mais la capacité des peuples à s’auto saisir de leur destin et à s’unir. 

Ce virus n’est pas plus criminel que les États. Il y a donc aussi quelques gestes ou idées barrières à avoir à l’égard de nos États, au lieu de sans cesse se plaindre qu’ils n’ont pas fait ceci ou cela: 

- Refus du nationalisme et du repli identitaire. C’est pourtant ce qu’on observe un peu partout dans le monde. 

- Fin de la propriété privée des moyens de production (l’expropriation des firmes pharmaceutiques étant ici plus que d’actualité et plus que nécessaire).

- Partage du temps du travail qui entraînera une réduction significative du chômage. Voire son abolition.

- Fin de la distinction travail manuel et travail intellectuel , au lieu de se confondre avec quelques sociologues qui découvrent que certains métiers n’étaient pas assez « valorisés ». Inutile de décerner les médailles à ces braves infirmières qui sans les cultivateurs n’auraient aucune force pour se lever chaque matin.

- Pour le communisme. Il faut avoir l’idée du communisme plus que tout en tête. Face au cancer capitaliste et aux éventuelles pandémies avenirs, le communisme est capable de rassembler l’humanité autour d’objectifs clairs et (de biens) communs.

Ce n’est pas tout, mais voilà quelques idées barrières et révolutionnaires fondamentales. Il vaut mieux les avoir en tête, peut être en portant un masque, que de porter un masque sans les avoir en tête. Il vaut mieux se laver les mains en méditant sur ces idées que de se masturber à l’entrée d’un magasin tout bonnement  avec du gel hydroalcoolique, en pensant qu’on est en train de contribuer à une espèce de sauvetage de la planète. 

Il faut donc sortir de cet envoûtement sanitaire. Cette pression virale. Cette religion du masque qui a pour seule évangile l’apocalypse.

D’ailleurs, l’OMS vient d’annoncer que le covid-19 pourrait bel et bien se transformer en une véritable endémie. Je laisse le soin à chacun d'imaginer nos futures sociétés....oops, nous aurions déjà un vaccin, et donc nous serions délivrés du mal. Enfin, si Trump le permet.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.