Il faut faire sauter Macron….!

Pour justifier la réforme libérale des retraites  de Macron, les « experts » mettent en avant quelques notions : Justice, Egalité, Universelle….Hé bien, on n’est pas exactement chez Orwell, on est chez Macron.  

Et dans une certaine mesure, c’est bien pire. La réalité dépasse la fiction. La réalité "libérale" est plus forte que les fantasmagories "socialistes", les avatars "communistes".

Si certains, en s’opposant à Macron ou plus spécifiquement à sa réforme de retraites, se pensent "révolutionnaires", qu’ils sachent que Macron est prêt à mourir pour "ses idées". C’est un « révolutionnaire ». D'ailleurs, il est l’auteur d’un livre : Révolution.

Si Macron n’est pas « révolutionnaire », il faut au moins le considérer comme un authentique fondamentaliste.  C'est-à-dire qu’il méprise infiniment ceux et celles qui ne pensent pas comme lui. Ceux et celles qui pensent que le libéralisme n’est pas la voie du salut éternel de l’humanité. Un tel type, un tel élu, ça ne peut être un démocrate. C’est une machine.  Un presque cyborg.

Comment la France en est arrivée à élire pareil gadget? Gadget de torture. 

Peut-on discuter réforme des retraites  avec des cyborgs, du genre Delevoye, Fillon et cie ? Des types qui en un an, vous claque tout le patrimoine d’un ouvrier ou salarié, si ce n’est de sa généalogie,  durant toute son existence ? Il n’y a pas de discussions possibles. Il n’y a pas de grands débats. Simulation grotesque ! Simulation par point….Ah le point ! On y est ! La fameuse retraite par point du gouvernement, qu’on appelle encore système universel de retraite.

Système universel par points

Les technocrates dominent la langue. Ils ne sont pas simplement une menace pour la démocratie mais aussi pour la langue française. Car, dans l’expression système universel par points, le mot universel n’a pas sa place. 

Il s’agit tout simplement d’un système (univers) par points.  Mais lorsqu’on dit système par points, la nature inégalitaire et déshumanisé d’un tel système saute aux yeux. Pour les amateurs de séries, il faut penser au type de société qu’on observe dans Black Mirror.

Un système par points est un système par individu. C'est l'individualisation à outrance. Hélas, ici pas de Greta Thunberg pour nous alerter sur ce dérèglement de l'humain.  Le point en lui-même n’existe pas. Ce qui existe, pour le système, ce sont les individus,  et plus exactement les salariés, à qui il faut attribuer des points. A vos marques....

En ajoutant universel entre système et points, les technocrates, qui sont de fins manipulateurs tentent de nous présenter un système individualiste et inégalitaire pour un système universel et juste.

Dans la séquence politique que nous traversons, c’est le bon Hamon qui a commencé avec cette histoire « d’universel ». Revenu universel, prêchait-il la main sur le cœur. On avait l’impression que le socialiste s’adressait à toute la planète. Que non! Son "revenu universel" ne concernait que la France.

Les experts qui l’entouraient, dont Piketty, auraient quand même pu lui dire de faire gaffe aux mots, à leur portée. Et donc, au lieu de faire son pompeux, son revenu, loin d’être universel, était un "revenu national", un "revenu systématique".

Macron va cuisiner la douce France à sa sauce. Ça sera, lui, Macron ou le chaos. Autrement dit le chaos ou le chaos. Il faut choisir.

La réforme de retraites que propose Macron obéit aux injonctions du capitalisme. Avec cette réforme, l’on consacre encore un plus le salariat. Pitié pour les chômeurs, ces sales paresseux !  Le salariat comme l’alpha et l’oméga de l’existence. Le sens de la vie ? Cumuler des points. Le sens du travail ?  Cumuler des points.

Sauf que, les capitalistes, eux, n’accumulent pas des points, mais  le capital. Voilà le point fondamental de ce bas-monde.

Un magazine s’est récemment amusé à indiquer que, Lucy, doyenne de l'humanité, aurait dû travailler 10 millions d'années au Smic pour être aussi riche que le milliardaire Bernard Arnault.

Or, tout l’or de ce Bernard Arnault, aussi génial soit-il, ne lui provient pas de son seul travail. La richesse est produite par les travailleurs, excusez du peu, les prolétaires. 

Dans un monde où les inégalités sont aussi saisissantes,  on doit pouvoir réfléchir sur un autre système de retraite que celui adossé sur des points….sur la concurrence.

Le problème des retraites se retrouve ainsi mal posé. Ou disons, posé selon les termes de l'ennemi...les termes des capitalistes. Les syndicats croient s'opposer à l'Etat macronien, au fond, ils sont alliés. 

Il faut tout de même adresser un message de soutien aux manifestants-grévistes, mais également un message d'avertissement: sans radicalité, ils seront les dindons de leur propre farce. Se dresser contre la réforme des retraites en cours est désormais insuffisant. Il faut envoyer un message clair aux  capitalistes : en  leur renvoyant leur banquier.   

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