Charles Kabango
Citoyen
Abonné·e de Mediapart

222 Billets

0 Édition

Billet de blog 19 août 2020

Pauvre Soudianta-Keïta: le Mali et ses drôles de révolutionnaires.

C'est du déjà vu. Nihil novi sub sole. 1968, 1991, 2012 (le délogeur délogé),2020. Les dihajistes s’en prennent aux populations, au territoire et les militaires aux institutions. Quel courage !

Charles Kabango
Citoyen
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Où en est le Mali avec toutes ces "révolutions militaires"? Quel est le niveau de vie de la population malienne? A t-il connu un rebondissement spectaculaire suite aux différentes insurrections ? Au plan sécuritaire, le Mali a t-il repris le contrôle sur la totalité de son territoire? L'Etat Malien est-il plus viable?

Un léger regard suffit à se convaincre que les coups d'Etat au Mali ont été aussi futiles que l'alternance droite/gauche en France.

Souvenons nous que, le président François Hollande, alors houspillé et maltraité dans son pays, avait été accueilli tel un hérault panafricaniste au Mali en 2013. Que le "peuple malien" exulte aujourd'hui face au coup d'Etat et l'arrestation d'IBK, je n'y vois que, l'éternel signe d'une déchéance nationale, étatique. Fait colonial. Le signe d'une Afrique qui ne sait plus à quel saint se vouer.....à quelle puissance étrangère se vendre...à quel homme providentiel local s'oublier...

Avec un territoire fragmenté, balkanisé, désétatisé, il y a autre chose à faire au Mali que les coups d'Etats. Pis, ce genre de coup d'Etat, qui ressemblent davantage à des coups en dessous de la ceinture. Jusqu'ici, les coups d'Etat n'ont servi à rien, sinon à accentuer l'état de déliquescence de l'Etat du Mali.

Les militaires devraient avoir d'autres chats à fouetter qu'être obnubilés par la présidence de la république. Et les "populations" vont-elles éternellement servir de caution romantique  à ces bazars insurrectionnels? Ne sont-elles pas fatiguer d'acclamer des "hommes de situation" sans le moindre impact positif sur la situation générale du pays?

Il suffit qu'un militaire s'énerve un beau matin, mobilise ses camarades de caserne, descende sur le palais présidentiel, capture le Chef de l'Etat apeuré, et la "révolution" est dite. Les drapeaux flottent...

Il est étrange de constater qu'en dépit des "condamnations" qu'on a entendues de de tous les côtés ( CEDEAO, UA, UE, "communauté internationale"...), le président IBK a quand même démissionné. Forcé de démissionner par les mutins. Autrement dit, les fameuses condamnations ne rimaient à rien. Du vent! Que le Mali s'enfonce dans ses prétentions "démocratiques" ou autres...ça, c'est leur affaire! 

Les maliens ont le droit de manifester dans la rue. Mais s'ils ne servent qu' à annoncer le pouvoir militaire, lequel souffre pourtant des pires maux qui puissent frapper une armée, aux affaires;  s'ils se contentent à chaque fois de personnalités militaires surgissant d'on ne sait où,  il y a péril en la demeure. Etat à la sauvette.

Courage aux Maliens !  

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Entreprises
Un scandale financier luxembourgeois menace Orpea
Mediapart et Investigate Europe révèlent l’existence d’une structure parallèle à Orpea, basée au Luxembourg, qui a accumulé 92 millions d’actifs et mené des opérations financières douteuses. Le géant français des Ehpad a porté plainte pour « abus de biens sociaux ».
par Yann Philippin, Leïla Miñano, Maxence Peigné et Lorenzo Buzzoni (Investigate Europe)
Journal — Exécutif
Macron, la gauche Majax
Pour la majorité présidentielle et certains commentateurs zélés, Emmanuel Macron a adressé un « signal à la gauche » en nommant Élisabeth Borne à Matignon. Un tour de passe-passe qui prêterait à sourire s’il ne révélait pas la décomposition du champ politique orchestrée par le chef de l’État.
par Ellen Salvi
Journal
Élisabeth Borne à Matignon : le président choisit la facilité
Trois semaines après sa réélection, Emmanuel Macron a décidé de nommer Élisabeth Borne comme première ministre. À défaut d’élan ou de signal politique, le chef de l’État a opté pour un profil loyal, technique et discret, dans la veine de son premier quinquennat.
par Dan Israel et Ilyes Ramdani
Journal — France
Le documentaire « Media Crash » de retour sur Mediapart
Après quelque 150 projections-débats dans des cinémas partout en France, « Media Crash » est désormais disponible sur Mediapart, avec des bonus. Le film a suscité l’inquiétude des dizaines de milliers de spectateurs qui l’ont déjà vu, face à la mainmise sur l’information de quelques propriétaires milliardaires, aux censures qu’il révèle et à la fin annoncée de la redevance.
par Valentine Oberti et Luc Hermann (Premières lignes)

La sélection du Club

Billet de blog
L'UE a dépensé plus de 340 millions d’I.A. pour le contrôle des frontières
Comme l'écrit Statewatch depuis 2007 l'UE a dépensé plus de 340 millions pour la recherche sur les technologies de l’Intelligence Artificielle (I.A.) destinée au contrôle des frontières, des demandeurs d’asile, de l’immigration, alors que la proposition de loi en la matière actuellement en discussion ne fournit pas les sauvegardes contre les emplois dommageables de ces technologies.
par salvatore palidda
Billet de blog
« Grand remplacement » : un fantasme raciste qui vient de loin
La peur d’un « grand remplacement » des « Blancs chrétiens » est très ancienne en France. Elle a connu une véritable explosion à l’ère coloniale, face à la présence, pourtant quantitavement faible, des travailleurs africains en métropole. Alain Ruscio montre ici que ce fantasme raciste fut un filon politique et un calcul abondamment exploités du XIXe siècle à nos jours.
par Histoire coloniale et postcoloniale
Billet de blog
Migrations environnementales #1 : la sécheresse dans la Corne de l’Afrique
Le manque d’eau pourrait, selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), concerner 40 % de la population mondiale avant 2050 et pousser à la migration jusqu’à 700 millions de personnes. Dans la Corne de l'Afrique, le réchauffement climatique entraîne déjà des déplacements de population.
par BPI - Migrants, réfugiés, exilés
Billet de blog
Le radeau de la Méduse ou le naufrage du vieux monde
[Rediffusion] Les connivences du pouvoir politique et financier aux affaires du vieux monde témoignent chaque jour de leur mépris pour les populations et la démocratie. Partout la nostalgie impérialiste de la domination s'impose comme sauvetage de la mondialisation sauvage. Ne laissons pas le saccage et la peur nous plonger en eaux troubles et relisons plutôt Le radeau de la Méduse du génial Géricault.
par jean noviel