Citoyennes, Citoyens!

Qu'est-ce que le militantisme? Défendre une cause. Quelle cause? La cause commune: le communisme. Qu'est-ce que le militantisme? Défendre une cause. Quelle cause? La cause individuelle/bourgeoise:le capitalisme. Qu'est-ce que le milantisme? Défendre une cause. Quelle cause?La cause nationale: le nationalisme.

Les insoumises et les insoumis militent-ils pour la cause commune, la cause individuelle, ou la cause nationale?  Si on se réfère à leur programme, il milite pour deux choses: communisme (l'avenir en commun) et le nationalisme (protectionnisme solidaire; marseillaise; le drapeau tricolore). Si on se réfère à leur pratique, il milite pour trois choses: commune (manifestation pour le climat), bourgeoise ( parlementarisme décomplexé; la défense religieuse de l'individu Mélenchon ), nationale (le drapeau tricolore lors des manifestations, la marseillaise). Si on se réfère au discours, il milite pour deux choses: la bourgeoisie (discours sur les migrants), national (leur discours sur la souveraineté). 

Or, il se trouve que communisme et nationalisme n'ont pas simplement une relation de contradiction, ils entretiennent un rapport d'inimitié absolu. Le génie des Insoumis est cependant de nous avoir réconcilier ces deux termes, bien que la contradiction fondamentale demeure.

Résultant: les Insoumis militent pour tout (communisme) et son contraire (nationalisme). On retrouve chez nos camarades de l'Insoumission le "en même temps" cher à Macron. Et c'est ce en même temps qui lui a permis de pomper phynancièrement et mauralement,  le PS et les Républicains. Plus, la catastrophe Fillon, ça donne l'élection de Macron. 

Qu'est-ce que Fillon?Qu'est-ce que Mélenchon? Qu'est-ce Sarkozy et le reste?

François Fillon, c'est ce catholique, candidat à la présidentielle de 2016, qui avait lançait à ses militants: "Qui imagine un seul instant le Général De Gaulle mis en examen"? , taclant alors a ses concurrents à la primaire de la droite et du centre Alain Juppé et Nicolas Sarkozy. Plus tard, après avoir remporté la fameuse primaire, à la suite de scandaleuses révélations, l'admirateur du Général De Gaulle fut mis en examen. Cependant, pas question pour lui de démissionner, au contraire, ils disaient à ces militants qu'il était une victime, qu'on essayait de l'assassiner politique, que la justice était indigne, instrumentalisé, qu'il faut qu'elle respecte le temps des élections, la voix du peuple prête à s'exprimer.....Quel irresponsable! Quel danger public! Quel saboteur des règles! firent Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon. Pour ce dernier, candidat à l'époque, il avait même ajouté tout sagement et suavement sur les antennes d'Europe 1: " (...) Non, il n'y a pas un temps pour la justice. Le temps de la justice c'est le temps permanent (...)quand on est pas content de la justice, il faut changer les lois, pas mettre en cause les juges...le juge applique la loi au nom du peuple français. La formule Au nom du peuple français est consacré à la justice."

Puis, patatras! Mélenchon se fait perquisitionner. On apprend plusieurs choses: ces perquisitions sont une attaque politique, on apprend qu'il est la République, on apprend qu'il est sacré, on apprend qu'il a failli en venir aux mains avec un procureur, un policier, on apprend qu'il a demandé à ses militants (de la cause individuelle ou commune?) de venir en nombre au siège du mouvement, on apprend qu'il a mis fin au travail des enquêteurs, du juge, lequel applique la loi au nom du français.

"Lorsqu'on est pas content de la justice, il faut changer les lois." Ceci valait uniquement pour Fillon. Tout comme la morale de la mise en examen ne valait que pour Sarkozy. Bien, maintenant parlons un peu de cet autre monsieur.

Nicolas Sarkozy, ex Président de la République, mis en examen dans une kyrielle d'affaires, avait dit en 2014, sur le plateau de TF1: "Il y a une instrumentalisation politique d'une partie de la justice...". Quant à sa mise en examen, il avait qualifié de "procédure grotesque". Face à ces déclarations les nombreux lecteurs de Mediapart, militant de la France Insoumise, n'ont jamais accordé la moindre importance. Il était clair pour eux, et pour nous aussi, que Sarkozy faisait là tout ce que "ces corrompus de politique" savent faire: se victimiser. Sarkozy en voulait un peu au ministre de l’Intérieur de l'époque, Manuel Valls.

Maintenant sur Marine Le Pen, c'est sans doute la seule, qui ne s'est jamais laissé enthousiasmer par une action de la justice contre un candidat. Bien au contraire, à chaque fois qu'un de ses adversaires dénonce cette justice instrumentalisée on-ne-sait-par-qui, elle applaudit des deux mains.  Car, elle aussi, a accusé la justice française d'obéir à des ordres....question d'affaiblir son parti en vue des européennes.

On peut, comme ça, remonter la petite histoire de l'élite politique française, et on constatera que, les politiques nient pour elles, ce qu'elle oblige soumet au peuple. Vous avez donc un ministre du Budget, qui, lui-même ne paie pas ses impôts...et pourtant, on se montre intraitable avec le citoyen ordinaire.

Les mouvements révolutionnaires

Que la Droite s’accommode d'élites opportunistes, elle y a tout intérêt. Mais que la Gauche, ne sache pas, dans des moments d'ultra faiblesse, se montrer intraitable face à ceux qui la conduisent, est une infirmité. Que le mouvement ne puisse se mouvoir sous l'effet que d'un homme, dont on peut démontrer par mille façons, que c'est du Mitterand 3.0, donne une idée assez claire de là où on va.

Le collectif prime. L'individu-roi, fût-il député, ne peut apporter au mouvement, ce que l'on n'a pas encore vu.  Et Lénine, a écrit de très utile passage sur l'opportunisme. Au lieu de se biberonner au lait de la philosphe Chantale Mouffe, les Insoumis devraient relire Lénine. Ce dernier a fait ses preuves, s'il ne s'agit que de la prise du pouvoir.

Paraphrasons donc Lénine: '' Et maintenant nous demandons : qu'ont donc apporté de nouveau à cette théorie ces tonitruants "Insoumis" qui font tant de tapage à l'heure actuelle et qui se groupent autour du socialiste français Mélenchon? Absolument rien ! Ils n'ont pas fait avancé d'un pas la science que Marx et Engels nous ont recommandé de développer ; ils n'ont enseigné au prolétariat aucun nouveau procédé de lutte ; ils n'ont fait que reculer en empruntant les bribes de théories arriérées ou boboïsées et en prêchant au prolétariat non pas la théorie de la lutte mais celle de l'agitation médiatique; agitation devant les pires ennemis du prolétariat, aux gouvernements et aux partis bourgeois qui cherchent inlassablement de nouveaux moyens de traquer les socialistes."

Et Lénine ajoute: 

"Nous savons que ces mots nous vaudront une avalanche d'accusations ; on criera que nous voulons faire de la France Insoumise un ordre '"jupitérien", persécutant les "hérétiques" qui s'écartent du "dogme", qui ont une opinion indépendante, etc. Nous les connaissons toutes ces phrases cinglantes à la mode. Mais elles ne contiennent pas un grain de sens ni de vérité. Il ne saurait exister de France Insoumise forte sans une théorie révolutionnaire qui unisse toute la gauche (ce qui suppose sacrifier la figure paternelle du Chef), d'où ils tirent toutes leurs convictions et qu'ils appliquent à leurs méthodes de lutte et à leurs moyens d'action. Défendre une telle théorie, que l'on considère comme profondément vraie, contre les attaques injustifiées et les tentatives de l'altérer ne signifie nullement qu'on soit l'ennemi de toute critique. Nous ne tenons nullement la doctrine de Marx pour quelque chose d'achevé et d'intangible ; au contraire, nous sommes persuadés qu'elle a seulement posé les pierres angulaires de la science que les socialistes doivent faire progresser dans toutes les directions s'ils ne veulent pas retarder sur la vie."

Citoyens, Citoyennes, si les dirigeant.e.s, les élu.e.s, eux-mêmes, n'ont que faire de la République, de ses lois, de ses règles, quelle folie nous pousse, nous, à les embrasser? Quelle peur nous étreint? Il faut se libérer des représentants du peuple, se libérer de leurs intérêts, qui n'st nullement le nôtre. 

Citoyens, Citoyennes, le camp est si faible, si touché, si esclave des élections, du pouvoir, qu'on peut aujourd'hui déclarer, avec une quasi certitude que, les premiers qui succéderont à Jupiter, s'ils sont des nôtres, après un léger cadeau, nous trahirons sans état d'âme. 

Citoyens, Citoyens, le temps est aux unions véritables, non pas aux coalitions électorales de circonstance. 

 

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