Charles Kabango
Citoyen
Abonné·e de Mediapart

223 Billets

0 Édition

Billet de blog 23 nov. 2017

Charles Kabango
Citoyen
Abonné·e de Mediapart

Macron, la France et la misère du monde

Si les français dans leur relative majorité pensent qu’il y a "trop" d’étrangers dans leur valeureux pays, il faut que les représentants s’y plient.Vox populi vox dei ! Les misérables étrangers et migrants devront donc comprendre que la France ne peut pas accueillir "toute la misère du monde". Ce fameux mot d'ordre, Droite, Gauche, les extrêmes se l'arrachent....L'immigration, c'est le défouloir.

Charles Kabango
Citoyen
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

ça sent la petite phrase! Et donc l'impuissance politique. Jupiter a beau être Macron, il n'échappe pas moins au registre de l'insignifiance. Qui l'eût cru!

Emmanuel Macron était dans le 10e arrondissement de Paris, en début de semaine,  pour assister au lancement de la 33e campagne hivernale des Restos du cœur. Le président de la République s'est fait interpeller par une dame, marocaine dit-on, je n'ai rien vérifié, sur sa politique concernant le droit d'asile. le monarque, toujours prêt à jouer franc jeu, explique à la dame: "Si vous n'êtes pas en danger, il faut retourner dans votre pays....Je ne peux pas donner des papiers à tous les gens qui n'en ont pas.Sinon, comment je fais après? On prend notre part mais on ne peut pas prendre toute la misère du monde... "

- Que sait Macron du danger qu'encourent les gens? Et puis, qui décidera qu'untel est en danger et pas l'autre? Est-il raisonnable d'opposer le syrien, qu'on qualifie de réfugié et le togolais, qu'on qualifie probablement de migrant économique, expression, soit dit en passant totalement ridicule. Ceux qui fuient la guerre, ceux qui fuient la misère, ceux qui fuient la faim, ceux qui fuient les conditions de vies délétères sont tous et toutes de pauvres gens. Ils rencontrent les mêmes difficultés ici en France. Ils ont tous, deux mains, deux pieds, une tête....bref il s'agit sans aucun doute d'humains. Qui sont forcément là par instinct de survie ou par légitime envie de vivre aussi comme un anglais, un français, un belge. Après tout, pourquoi donc laisser cette Europe vivre dans sa tour babylonienne?

Si danger veut bel et bien dire péril, insécurité, alors 99,9 des sans-papiers en France sont en danger. 

Dans son délire moïque, le triste Macron, jadis, que banquier dans un truc privée, ose dire: "Je ne peux pas donner des papiers à tous les gens..." Voilà, la vie de ces milliers de gens en France repose sur le bon vouloir de "Je", c'est à dire MACRON. Oui, on l'aura compris, l'Etat, c'est Macron. Ce qui renforce les propos du philosophe Badiou lorsqu'il il qualifie l'élection de ce dernier comme un "coup d'Etat démocratique". (cf Éloge de la politique, aux éditions Flammarion)

-Sinon, comment je fais après?  Sinon quoi? Je...Je...Je qu'est-ce que Macron veut faire après? Se pendre?  Je n'y vois aucun inconvénient, surtout que des scientifiques s'agacent du fait que nous soyons de plus en plus nombreux sur la planète. 

-On prend notre part....Quelle part? Qui fixe cette part? Sur la base de quoi? Il s'agit de vies humaines, non pas de part de marché. Il n'y a pas de part à prendre, d'autres à ne pas prendre. Il y a une situation de misère,il faut la combattre. Aucune misère, sous aucun prétexte légal, ne peut être justifié. 

-on ne peut pas prendre toute la misère du monde... C'est devenu un classique! Ils se succèdent à la tête de l'Etat, et ils balancent imperturbablement le refrain à la gueule des esclaves.  A quoi ça sert, monsieur Macron, de déclarer que ce qui se passe en Libye est un crime contre l'humanité, si c'est pour après dire ce genre de fausses banalités? Y a t-il une différence entre les négriers Libyens, et notre cher "Je" qui déclare fièrement qu'il ne peut pas accueillir toute la misère du monde?

On entretient l'opinion dans une espèce de fausse évidence. Il n'y a pas aux portex de la France "toute la misère du monde " qui toque. Dire que la France ne peut pas accueillir toute la misère qu monde ne relève que de la stricte arrogance de l'Etat français à l'égard de ces milliers de gens qui errent sur son sol, et vivent dans des conditions qui s'apparent parfois à l'esclavage.

L'hypocrisie. Enfin parlons de simulacre de l'Etat, et de nos chers parlementaires est donc palpable, visible à l’œil nu...Tel parlementaire républicain tout court, républicain En Marche, Insoumis en pâte à modeler, communiste en charbon qui va s'outrer devant ses collègues à l'Hémicycle sur ce qui se passe en Libye....Oh chers collègues, c'est inacceptable! ....C'est un crime contre l'Humanité....Où va notre planète....C'est ici dans cet hémycle que fut aboli patati patata......Qui donc peut accepter ce qui se passe en Libye? Personne! Qui peut faire quoi dans les conditions actuelles de ce pays? Personne. Mais, en France, Etat de droit donc....la situation des sans papiers ou des migrants...va t-on continuer à la gérer de cette façon ultra administrative? N' y pas de quoi pousser un cri d'indignation quand on entend un président de la République distinguer futilement réfugiés et les autres migrants....comme si il faut maintenant que les autres appellent de leur voeux la guerre dans leur pays, pour pouvoir bénéficier de la magnanimité de sa Majesté Macron?

Macron fait pour l'instant son malin. Qu'il continue...le bonheur l'attend!

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal
Ce que le gouvernement a fait aux chômeurs
La première réforme de l’assurance-chômage est pleinement entrée en vigueur il y a tout juste un an, et nul ne sait combien de chômeurs elle a pénalisé. Si les chiffres sont invisibles, les conséquences sur la vie des gens sont brutales. Témoignages.
par Cécile Hautefeuille
Journal — Migrations
Sur TikTok, les passeurs font miroiter l’Angleterre à des Albanais, qui s’entassent à Calais
Depuis le début de l’année, les Albanais sont particulièrement nombreux à tenter la traversée de la Manche pour rejoindre l’Angleterre, poussés par des réseaux de passeurs dont la propagande abreuve les réseaux sociaux. Une fois dans le nord de la France, beaucoup déchantent.
par Nejma Brahim
Journal
L’imam Iquioussen, réclamé par la France, a été arrêté en Belgique
Visé par un mandat d’arrêt européen émis par la France, le prédicateur Hassan Iquioussen a été interpellé par la police belge vendredi, près de Mons. Il appartient désormais à la justice belge de se prononcer sur son éventuelle remise à la France. 
par Camille Polloni
Journal
« Les SDF étrangers ne sont pas les bienvenus » : un préfet ne devrait pas dire ça
Dans un tweet, le préfet de l’Hérault a déclaré vouloir « en finir avec la délinquance des SDF étrangers » à Montpellier, affirmant que les CRS « ne les lâcheraient pas ». Une stigmatisation assumée, dans la lignée de la politique prônée par Gérald Darmanin envers les « délinquants étrangers ».
par Prisca Borrel, Nejma Brahim et Camille Polloni

La sélection du Club

Billet de blog
Billet du Brésil #5 / Dimanche, un coup d’État est-il possible ?
S'accrochant au pouvoir, Jair Bolsonaro laisse planer le doute sur l'éventualité d'un coup d'Etat, en cas de défaite aux élections. Mais les conditions sont-elles vraiment réunies pour garantir son succès ?
par Timotinho
Billet de blog
Élections au Brésil - Décryptage et analyse
Lecteurs et lectrices des pages « International » de la presse francophone savent que le Brésil vit un moment crucial pour son destin des prochaines années. À moins d'une semaine du premier tour des élections présidentielles, le climat est tendu et les résultats imprévisibles sous de nombreux aspects.
par Cha Dafol
Billet de blog
L'affrontement bolsonariste du « Bien » contre le « Mal » : erreur philosophique et faux antagonisme
[Rediffusion] Au Brésil, les fanatisés bolsonaristes se présentent en porteurs du bien. Si toute réalité humaine porte, mélangées ensemble, les dimensions de bien et de mal, lorsqu'un groupe fanatique et son chef optent pour la haine, l'esprit de vengeance, le mensonge, la violence, la magnification de la dictature et la torture à l'aide de fake news, ils ne peuvent pas prétendre « nous sommes des hommes bons ».
par Leonardo Boff
Billet de blog
Les élections au Brésil : changement de cap, ou prélude à un coup d’État ?
Les élections qui se dérouleront au Brésil les 2 et 30 octobre prochain auront un impact énorme pour les Brésiliens, mais aussi pour le reste du monde, tant les programmes des deux principaux candidats s’opposent. Tous les sondages indiquent que Lula sera élu, mais la question qui hante les Brésiliens est de savoir si l’armée acceptera la défaite de Bolsonaro. Par Michel Gevers.
par Carta Academica