Manières africaines. Acte 2: le cas ivoirien.

Les mêmes causes.....

Puisque monsieur Alassane Dramane Ouattara, chouchou de la communauté internationale, hier  intime de Sarkozy, aujourd’hui complice de Macron, est en train d’éliminer politiquement tous ses adversaires politiques, au rythme où vont les choses,  lors du scrutin présidentiel d'octobre 2020, les ivoiriens devront choisir entre Alassane Ouattara et Alassane Ouattara.

Pendant que la communauté internationale, maintient en otage Laurent Gbagbo et son compagnon Charles Blé Goudé, lequel souhaite participer aux prochaines présidentielles, Monsieur Ouattara, lui, s’occupe du cas, de son ex allié, l’ex rebelle, l’ex premier ministre, l’ex président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro.

Mais...sans les rebelles de Guillaume Soro et les forces françaises, il est évident que  monsieur Ouattara n’aurait jamais pu  devenir  président de la Côte d’Ivoire. Lors de la crise post-électorale de 2011, ce ne sont pas les populations ivoiriennes qui se sont mobilisées, et qui, par la suite, ont  installé Ouattara au pouvoir, au prix de leur sang.

Alassane Dramane Ouattara, pour arriver au pouvoir, a fait clairement appel à la fameuse communauté internationale. Celle-ci a répondu présente. Embargo par ci, descente militaire par là.

Et depuis, en Afrique,  le cas Ouattara fait jurisprudence. Plusieurs opposants, en mal d’inspiration, se bornent à imiter Ouattara :

  • Allô, la communauté internationale, vous m’entendez ? J’ai gagné les élections dans mon pays, mais celui qui est au pouvoir refuse de me laisser la place…en plus, il massacre les droits de l’homme. Venez donc dans mon pays, brave communauté….Venez rétablir l’ordre des urnes. La population n’attend que vous ! 

Hélas, ce type de discours, drôlement libérateur, mais en réalité profondément servile, qui a marché avec Ouattara, n’a pas pris avec Jean Ping du Gabon, et Maurice Kamto du Cameroun.

 Quelle cabale !

L’Etat ivoirien vient de lancer un mandat d’arrêt international contre Guillaume Soro pour « atteinte à l’autorité de l’Etat ». Nemo auditur propriam suam turpitudinem allegans.

Autrement dit, il nous est impossible de nous indigner sur le cas Soro. Ce qui se passe entre lui et Ouattara, depuis l’accession de ce dernier au pouvoir, relève de la haute mafia...du crime organisé. 

Dans cette histoire de mandat d’arrêt internationale, la vérité, ou disons le sérieux de l’accusation, nous importe peu.

Les ivoiriens seraient  bien avisés de regarder cette guéguerre entre ces opportunistes à la tête de leur pays  de très loin, de très haut. Pour une fois, que ces personnalités osent mettre leur propre vie en danger, qu’ils se massacrent entre eux….

Monsieur Soro n’est pas une victime du régime Ouattara comme une autre. Pour que l’un et l’autre puissent  accéder au pouvoir, des milliers d’innocents sont morts. On ne peut donc pas s’épancher sur le sort actuel de monsieur Soro Guillaume. Un minimum de décence s’impose.

Quel Etat !

Tout comme  nous ne pouvons apporter la moindre valeur, à cet « Etat ivoirien », dirigé par Ouattara, qui exhibe un mandat d’arrêt international contre un ex pilier de cet Etat « malade » sous le prétexte drôlatique d’atteinte à l’autorité de l’Etat.

De quelle autorité "l’Etat ivoirien" peut-il se prévaloir ? Faut-il rappeler aux dirigeants actuels qu’ils ont soutenu, implicitement ou explicitement, la rébellion de monsieur Guillaume Soro au Nord du pays lorsque Laurent Gbagbo était au pouvoir ?  

N’est-ce pas le régime actuel qui a soutenu l’arrestation de Laurent Gbagbo au palais présidentiel  dans les conditions que tout le monde connaît? Était-ce une manière de renforcer l'autorité de l'Etat?

Les crises incessantes au sein des forces de l’ordre ivoiriennes sont là pour nous démontrer qu’il n’existe pas d’autorité  de l’Etat en Côte d’Ivoire. Monsieur Ouattara et son gouvernement incarnent autre chose, mais pas l’autorité de l’Etat….

Monsieur Guillaume Soro voulait se présenter aux élections présidentielles d’octobre 2020. Crime de lèse Opportuniste. Monsieur Ouattara a peur. Il connaît la capacité de nuisance de son ex allié. Il ne va pas répéter les mêmes erreurs que Gbagbo. Il ne va donner aucune chance à ses concurrents d’espérer qu’une victoire électorale est possible. Il ne va même pas laisser le temps à monsieur Soro de prétendre qu’il a remporté les élections: il n'y participera pas. Vraisemblablement. Tout comme ces innocents que la Haye maintient captif que sont Blé Goudé et Laurent Gbagbo.

Quelle communauté internationale!

Bien sûr,  la communauté internationale est bouche bée. Les ONG également. Les cris d’orfraie sont à géométrie variable. Ouattara, lui, n’est point présenté comme un dictateur, un saccageur des droits de l’homme. C’est le genre de démocrate qui manque à l’Afrique…Le genre de démocrate africain avec qui Macron aime s’afficher. Ça fait eco, n’est-ce pas ?

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