Colonisation en l'envers: Racisme à l'endroit

Le Code de l'indigénat fut adopté le 28 juin 1881. Six ans plus tard le gouvernement français l'imposa à l'ensemble de ses colonies. Ce code assujettissait les autochtones. Basé sur un l'inégalité et l'injustice, il fut sans cesse adapté de manière à préserver les intérêts des colons. Quel est donc ce code applicable en ce moment dans l'Hexagone assurant l'intérêt des "colons"?

Il y a des sorties médiatiques criminelles. La sortie du sinistre Olivier Faure, Secrétaire du Parti socialiste, jeudi matin sur France Inter, en est une.

Il n'y a donc pas que  l'Extrême-Droite et certains intellectuels proprement réactionnaires,  qui peuvent être porteurs de propos qui véhiculent l'extermination, la mise à l'écart de l'étranger, la négation de l'Autre. Le PS aussi remplit ce rôle, et à perfection. Fabius, le monsieur du conseil constitutionnel, avait déjà reconnu une bonne qualité au Front National, celle de poser les bonnes questions. Voilà

C'est toujours la même méthode. François Copé qui vient avec son histoire du pain au chocolat et qui nous parle de racisme anti-blanc. La République sous le choc. Cette fois-ci, c'est Olivier Faure qui fut pris à témoin par un auditeur. Interrogé sur la «discrimination antiblanche»,  le député socialiste de Seine-et-Marne a concédé que la gauche avait "souvent évité la question pour ne pas avoir à y répondre". "Il existe des endroits où le fait de ne pas être issu de l'immigration peut poser problème à des gens qui sont issus de ces quartiers et qui peuvent se sentir exclus", ajoute le numéro un du PS. Autre propos du Sécrétaire: "Il y a des endroits où il y a des regroupements qui se sont faits, génération après génération, et qui donnent le sentiment que l'on est dans une forme de “colonisation à l'envers".

C'est dit, c'est entendu. Ce genre de propos relève de la haute criminalité. C'est à dire qu'on renverse le problème, on ne tient nullement compte de ce que veut réellement dire "être exclu". Se sentir exclu est une chose, ça peut même être dérisoire, être exclu par contre est un fait, qui est parfois couronné par la loi, le système. On a tous nos démêlés intimes, la politique ne consiste pas à les résoudre. Certains députés, eux-aussi, se sentent-mal rémunérés, faudra t-il se pencher collectivement sur le sort? Bien sûr que non.

Tout le monde peut sentir exclu. Socialement, économiquement, racialement, intellectuellement,etc. Lorsque je lis Valeurs Actuelles par exemple, je me sens exclu. Lorsque je vais à Concorde, je me sens exclu. Lorsque je vais à Evry, je me sens exclu. Et si Sarkozy lis Médiapart, il peut lui aussi avoir le sentiment qu'il est exclu.  Et c'est au nom de ce sentiment d'exclusion, qu'il y a quelques temps, certaines personnes ont à leur tour, décidé de mettre en place des ateliers non-mixte. Cherchez l'erreur. 

Il s'agit d'un sentiment légitime, mais il n'a rien à voir avec l'exclusion véritable. Certes, il y a plusieurs types d'exclusions véritables, on peut disserter là dessus à n'en plus finir,  mais restons sur la préoccupation des électeurs, des auditeurs qui interpellent nos élus. Leur préoccupation en vérité est d'ordre raciale, ou plus largement identitaire. L'identité.

Mais voyons, il n'y a pas que l'identité française dans ce monde, ces immigrés eux-mêmes ne savent mêmes plus véritablement ce qu'ils sont. Sont-ils Maliens ou Bambara...ou les deux? Dans tous les cas, pourquoi parlent-ils français? Sont-ils congolais ou Luba ou Kongo ou Mongo ou tout ça à la fois? Dans tous les cas, commnt se fait-il que le plus grand pays où l'on parlera français sera la RDC? 

Parler de colonisation à l'envers, c'est un mensonge (effectif ) et un crime (potentiel) . D'abord, parce que par ignorance ou volonté d'ignorance, on ignore ce qu'a été réellement la colonisation à l'endroit, c'est à dire dans les colonies françaises, ensuite parce que l'idée de colonisation à l'envers donne l'impression que les personnes immigrées seraient dans ce pays comme tout autre personne. Or rien n'est plus faux. L'immigré c'est le rebut de la société française. On est entrain de falsifier le réel.

Répandre cette idée de colonisation à l'envers vise une chose: persécuter l'imaginaire colon, c'est à dire le banal immigré. Et qu'un député de gauche ose se faire le porte parole de certaines pensées, en utilisant, le mot colonisation, j'estime qu'il y a crime de masse dans l'air. ça mijote!

Le Code de l'indigénat

La colonisation n'a jamais une banale impression. Elle a été un système de droit.Et dans ce système de droit, les colonies étaient soumises au code de l'indigénat. Y a t-il en France un code l'indigénat dont serait victime les "blancs", disons les "Français"? Hé bien, c'est tout le contraire. 

Le Code de l'indigénat distinguait deux catégories de citoyens: les citoyens français (de souche métropolitaine) et les sujets français, c’est-à-dire les Africains noirs, les Malgaches, les Algériens, les Antillais, les Mélanésiens, etc., ainsi que les travailleurs immigrés. Les sujets français soumis au Code de l'indigénat étaient privés de la majeure partie de leur liberté et de leurs droits politiques; ils ne conservaient au plan civil que leur statut personnel, d'origine religieuse ou coutumière.

Alors, Olivier Faure, peut-il nous dire dans quelle catégorie il rangerait ce plaignant qui se sent exclu? Et ce plaignant peut-il nous dire pourquoi il se sent exclu dans une République qui consacre la Liberté, l'Egalité, la Fraternité?

Qu'il y ait des quartiers, et ce n'est pas Place des Vosges, où on ne retrouve que des immigrés, ne fait pas de la France un pays envahi, ou colonisé. Toute personne qui laisse entendre qu'elle est envahie ou colonisée est un criminel. Car, lorsqu'on est envahi ou colonisé, il est légitime de combattre l'envahisseur ou le colon. Dans le cas d'espèce, il s'agira de combattre des gens sans défense. Crime donc!

Maintenant, si Olivier Faure veut se rendre utile, il peut toujours instruire ses électeurs sur l'état du monde. Car oui, la colonisation n'est pas terminée, et en la matière, la France, même provincialisée,  a sa petite touche. French touch!

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