L'ambassade du Cameroun à Paris vandalisée.

Ces zozos ne vont pas nous inventer les luttes de libération. Ce n'est pas depuis Paris qu'ils feront tomber quoi que ce soit. Même un manguier, ils ne pourront faire plier. Qu'ils rentrent au Cameroun, bordel, botter le cul  au "dictateur".

 

 

Prise de l'ambassade du Cameroun à Paris par les révolutionnaires camerounais. Prise de l'ambassade du Cameroun à Paris par les révolutionnaires camerounais.

C'est devenu un classique. Quelques groupes d'africains installés en France, répartis par pays, ont pris la bonne habitude de manifester contre les régimes qui sont en place dans leurs pays d'origine ...Ils manifestent, en suppliant au passage, explicitement ou implicitement, la bonne France de faire quelque chose (intervention militaire, sanction économique, dénonciation...). 

Ça défile contre Bongo du Gabon! Contre Biya du Cameroun! Contre Eyadema du Togo...ça défile place de la République. Ça défilé contre le Franc CFA ! Ça filme!  Ça veut créer l'événement, pas n'importe où, à Paris s'il vous plaît. The place to be.

Cette espèce d'immigrés africains, assez particulière tout de même, découvre une fois qu'elle est installée en Occident, qu'en fait, rien ne va "chez elle", et qu'elle est capable de "révolution". Mon œil!

Cette espèce d'immigrés décident alors de lutter depuis Paris (parfois à Berlin ou Bruxelles), iPhone à la main. Ainsi, n'importe quel énergumène des rangs virtuels devient révolutionnaire éclairé. N'importe quel énergumène croit devoir répandre gratuitement sa bêtise révoltante sur Youtube, sur Facebook....tout le monde fait des vidéos. Tout le monde a son opinion indécrottable. Tout le monde devient du jour au lendemain chef de file, militant de je ne sais quoi...et tout ces gens abreuvent leurs pauvres concitoyens de leur métaphysique révolutionnaire....Enfin leurs bobards révolutionnaires. Métaphysique est un bien grand mot pour ces gens.

Ce samedi 26 janvier donc, des camerounais que je ne souhaite véritablement qualifier ici, ont pris d'assaut les locaux de l'ambassade du Cameroun à Paris, situés Rue d'Auteuil dans le 16e arrondissement. Ils se sont livrés à des actes de pillage, de casse, d'incivisme dans leur propre ambassade.

Au nom quoi ? De Biya. Ils disent qu'ils en ont marre, marre de Biya, qui selon leur triste conscience, leur dérisoire connaissance est un "dictateur". Ils disent que le président Paul Biya a volé les élections de leur champion, ex ministre de ce "dictateur sanguinaire". Soit! Qu'ils aillent donc se battre à Yaoundé, à Douala!  Qu'ils aillent verser leur sang, c'est toujours ça le prix.... Qu'ils aillent affronter l'armée de leur "dictateur"! Qu'ils aillent mobiliser ces jeunes désœuvrés dans les villes et campagnes, qu'ils aillent parler au plus de 20 millions de camerounais qui survivent tant bien que mal.

Ces zozos ne vont pas nous inventer les luttes de libération. Ce n'est pas depuis Paris qu'ils feront tomber quoi que ce soit. Même un manguier, ils ne pourrront faire plier. Qu'ils rentrent au Cameroun, bordel, botter le cul  au "dictateur". Que font-ils à Paris ? Ils font les esclaves. Esclaves de l'occident. Incapables de s'émanciper là où ils vivent, là où ils travaillent, là où ils chôment, là où leurs enfants sont tranquillement à l'école...Ils espèrent et veulent libérer un pays désormais lointain au nom de leur origine, au nom des liens du sang. J'ai longtemps critiqué les braves "gilets jaunes", et je continuerai de le faire, pour leur nationalisme étriqué, hé bien, le moment est venu de ridiculiser, de casser l' "originisme" défiguré, le nationalisme désincarné, fictif, ombrageux de ces immigrés. 

Pourquoi ces esclaves haussent le ton quand il s'agit de l'Afrique, de leur pays le Cameroun? Ah ! Ils s'imaginent que le simple fait de vivoter en Occident, de sous-exister France, leur confère des droits supérieurs sur le Cameroun. Ils s'imaginent être dans le vrai et leur déprimant Cameroun dans le faux.  Ils n'ont rien compris du tout. Ils ne comprendront jamais rien. Ils ont avec leur propre pays un rapport colonial, colonialiste. Ce sont désormais des masques....."Blancs". On ne peut qu'ici saluer assez rapidement le vigoureux Fanon.

L'ambassade du Cameroun à Paris, aussi triste soit-elle, accomplit un travail de première nécessité aux camerounais qui vivent en France. Ce n'est pas la chambre de Biya.  Les usagers de cette ambassade se plaignent déjà de l'extrême lenteur des services....ce qui a un sérieux impact sur leur situation administrative en France, et comme si ça ne suffisait pas, des allumés se permettent d'aller mettre l'ambassade sens dessus dessous. Dans l'intérêt supérieur de qui ? Quel impact pour les camerounais vivant au Cameroun? Quel impact pour les camerounais vivant en France? 

Que ces désœuvrés soient châtiés. Leur irresponsabilité est presque criminelle. Qu'ils soient punis par celui qu'ils appellent le "dictateur" Paul Biya. Sinon, à quoi bon  le gratifier d'un titre qu'il ne peut correctement assumer. Que Biya nous prouve qu'il est dictateur en mettant la main sur ces activistes 2.0. Nous autres, avons besoin de preuve, qu'il nous prouve sa toute puissance.

S'attaquer aux matériels de l'ambassade du Cameroun ce n'est pas s'attaque au régime de Biya, c'est compromettre la situation de milliers de camerounais ici en France, c'est jeter en pâture ses compatriotes à la gueule du loup.... C'est légitimer le traitement (déjà )peu humain de la préfectorale française à l'égard des étrangers.

Toutefois, ce viol de l'ambassade du Cameroun à Paris est en réalité le signe pur et simple que Cameroun est d'ores et déjà installé dans une guerre civile de la pire espèce. Et le responsable en chef de cette situation catastrophique, il ne faut se leurrer, c'est le président de la République du Cameroun, ou plus généralement le régime. C'est lui le premier responsable. C'est lui qui a conduit ce pays inexorablement à la dérive....Les "autres" (oppositions, intellectuels..) ont moutonnement suivi. Même s'ils continuent de croire qu'ils incarnent une quelconque chance pour ce pays.

Pitié pour le Cameroun!

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.