COVID-19: le désastre mental.

L’hôpital est à bout. L’on craint une saturation. Alors, pour ne pas qu’on tombe malade (exigence castexienne) et qu’on vienne déranger les hôpitaux, certaines têtes pensantes du pays nous parlent d’un « autoconfinement solidaire » quand d'autres en appellent à agir radicalement.

1. On a reproché à la Chine son opacité, sa manipulation des chiffres. Soit! Force est de constater que la prétendue transparence occidentale et sa rigueur des chiffres ne conduisent à rien d’autres si ce n’est un état de folie collective. Au point où,  même un Erdogan a réussi à suggérer à un Macron des « examens mentaux ».

2. Les médiatiques nous disent qu’ils ne veulent pas avoir à trier les patients. Pour cela, ils conseillent aux politiques, du haut de leur science, de leur humanisme,  le couvre-feu, le confinement à temps partiel, et que sais-je. Soulignons en passant que le bilan socio-économique (et même sanitaire) du premier confinement n'est pas très glorieux.

Est-il raisonnable de "sauver" l'hôpital à ce prix ?

Les Médiatiques discourent chaudement non pas sur un traitement médical, sur l’étude du virus, mais sur des  nouvelles formes d’organisation de la vie qu'il faille adopter. Objectif : maîtriser la circulation du virus.

Comment "maîtriser" (soumettre à son autorité) quelque chose qu’on ne voit pas à l’œil nu  avec des lois et décrets ? Il y a ici un travestissement. Car, ce que ces gens pourraient maîtriser ou maîtrisent incontestablement c’est la circulation de la population. Des citoyens. Ce sont les citoyens qui écopent d’une amende en cas de non respect des mesures restrictives, non le virus. Lequel continue de mener sa  petite vie en dehors de l’agitation politique, et en se foutant pas mal des grosses déclarations de guerre qu'on lui déclare. 

3. Depuis une quinzaine d’années, si ce n'est plus,  les gouvernements successifs s’appliquent  à la réduction des « dépenses » publiques (lits d’hôpitaux , etc). La conséquence logique, le but idéologique recherché inavoué, est que l’hôpital comme tout autre institution, dans notre univers capitaliste, puisse trier les patients. Si l’hôpital ne voulait pas se mettre en état de trier, en temps de « paix », dans une nation aussi riche, les dirigeants y investiraient davantage.

Si tri il y a, il est tout sauf une malédiction du ciel. Il est le reflet des politiques gouvernementales. Que les autres pathologies soient négligées au profit de la Covid, c’est le résultat mécanique des politiques publiques et de la communication politique en temps épidémique. Espérer que l'hôpital dit public soit géré comme on gère une entreprise obnubilée par son chiffre d’affaires relève du crime moral. Aujourd’hui, c’est la classe politique française, dans sa totalité, du moins celle qui a gouverné, qui devrait être confinée et bâillonnée...pas masquée.

4. Les bons médecins ne peuvent et ne sauraient imputer la responsabilité de leur futur ou actuel tri sélectif à la population. Et on ne saurait nous appeler à préserver un système hospitalier précarisé en favorisant l'accumulation de la précarité dans la société. On "protège" le système hospitalier et on crée les conditions d'une société purement malade, autant psychologiquement que physiquement. Et puisque les gens ne pourront plus aller mourir simplement à l’hôpital, parce qu'on veut faire mine de ne pas les choisir, chacun mourra chez soi, isolé, désespéré...En même temps l'on sauve et l'on ruine. 

5. Les dirigeants politiques peuvent décider de ne rien entendre lors de grèves, des revendications; lorsque les infirmiers descendent dans la rue, ces dirigeants continuent leur vie bien chargé comme si de rien n'était. Mais quand il s'agit d'interdire la rue aux citoyens, sous demande express du corps ou d'une partie du corps médical, nos braves politiques n'hésitent pas à prendre les décisions.

Ce n'est pas le virus qu'on est en train de cerner, d'isoler, de détruire....mais c'est la vie des millions de gens.  Et surtout, qu'on ne nous parle pas de l'intérêt général. Pendant que des millions de gens à travers le monde bascule dans la pauvreté, et viennent grossir le rang des milliards de prolétaires déjà bien en place, le patrimoine d'une extrême minorité a bondi de 400%.

Si cette histoire de confinement, ne resurgit que là maintenant,  dans la perspective des fêtes de Noel, alors c'est vraiment pathétique. Drôle de guerre contre le virus! L'ère de la glaciation.

"Vous nous introduisez dans le [confinement];
Vous infligez au [Jeune/prolétaire] la culpabilité
Puis vous l'abandonnez à la peine,
Car toute faute s'expie ici-bas".

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