Le voyou de la République: Benalla

"Le jour où tu veux faire la révolution, t’apprends d’abord à avoir un diplôme.” avait lancé le Macron a un adolescent qui avait eu l'esprit pacifique en l'appelant par son prénom: "Manu". Ce qui avait fort courroucé notre Jupiter. Heureusement, ce jour-là, Benalla ne léchait point le cul du Jupiter, l'adolescent allait payer les frais de sa tentative révolutionnaire.

Benalla est un voyou. Un faussaire. Un délinquant. Un agresseur. Un barbouze d'exception, jouissant des prérogatives de la République. L'affaire Benalla qui s'ouvre est d'ores et déjà close. Car, il s'agira du procès d'un individu, alors qu'en réalité, c'est le procès de la République, ou du moins du gouvernement, qui doit être engagé. 

Cependant, la République ne saurait condamner la République. Elle ne pourrait s'auto-révolutionner.  La République va donc créer, enfin il va se créer une "affaire d'Etat", un "Benalla gate". Les opposants vont faire leur boulot: appeler à la démission d'untel. Comme si ce que revèle ce genre d'affaires est une histoire de "compétences personnelles". C'est le pouvoir républicain qui est ainsi, qui fonctionne ainsi, et qui ne peut que fonctionner ainsi.

Dans la discrétion la plus absolue, le Président François Hollande, pendant son quinquennat, n'a t-il pas ordonné l'exécution d'une quarantaine de personnes à l'étranger? Ils étaient terroristes, pourra t-on rétorquer, mais où est la Justice dans tout ça?  

 

Le Brouillon Macron

Les promesses d'une République exemplaire par le candidat Macron, on le voit, depuis le début de son quinquennat, n'étaient qu’enfumage. Il ne suffit pas de signer des lois de moralisation. D'ailleurs, qui moralise qui? Dans quel but, puisque nous vivons par ailleurs sous le régime de concurrence sacralisée? La République est-elle capable de "moraliser" sans pervertir qui que ce soit? 

Macron est la continuité logique et stricte de Sarkozy et Hollande. Il n'est pas possible en République d'être dans la discontinuité. Même une sixième République portera en elle le poison des précédentes. La vérité est que le terme République, au delà de sa stricte étymologie, a une histoire inséparable du crime, de la violence.

La République a besoin des voyous. Benalla en est un. Macron l'embauche, le charge de mission,l'équipe,l'héberge Quai Branly aux frais de l'Etat. On ne l'héberge pas à Place d'Italie, à la Chapelle, où justement des jeunes dames ont besoin qu'on les protège des migrants-harceleurs, des migrants-violeurs...On ne l'héberge pas dans le 19e, 18e, 20e arrondissement....La République l'installe fraternellement Quai Branly pendant qu'elle baisse les APL, qu'elle s'agace du ''pognon de dingue", pendant qu'elle réfléchit comment bouleverser, supprimer cette dispendieuse Sécu.

L'Hebdomadaire Marianne avait déjà présenté Nicolas Sarkozy comme étant le Voyou de la République. Les juges et les électeurs n'ont vu dans ce titre qu'un effet de style et de marketing...ils y ont vu de l'exagération démocratique (liberté d'expression). Or, présenter Nicolas Sarkozy, dès cette époque comme le voyou de la République avait quelque chose de substantielle, véridique. Ce n'était pas une provocation. Hélas!

Benalla, flic?

On peut admettre, dans une bagarre, des coups de part et d'autres. On peut admettre dans une lutte pour sa survie, un homme qui donne des coups à son exploiteur. Mais, comment comprendre qu'une personne jouissant d'un train de vie républicain, à qui on n'a rien fait et face à qui on ne pouvait rien visiblement, exerce lui, une violence inouïe à l'égard de personnes INNOCENTES et SANS DEFENSE? Qu'est-ce qui motive tant Benalla? C'est quoi cet excès de zèle? Lui, Benalla, il a son brassard de la police, il a son casque, il a ses rangers, il a son gros blouson et il assomme, aidé par d'autres vrais flics, des manifestants. Manifestants qui ne sont rien et ne peuvent rien, la preuve depuis leur bastonnade, ils n'ont rien pu faire....il aura fallu attendre les "bons services" du Monde, Mediapart et tout le reste. 

Le citoyen en République, n'est-il pas au bout du compte, un être en détresse, lorsque celui-ci est confronté à un dépositaire de l'Ordre public? Benalla a agi en tant que policier. Certes, faux policier, mais aux côtés de vrais policiers...qui ont laissé faire leur camarade de circonstances. Combien de Benalla avant? Combien après? Combien à cet instant? Et comment se fait-il qu'il y a des Benalla sous un régime de liberté-égalité-fraternité?

                                                                                 Le jugement dernier

Licencier Benalla, le Condamner à payer une amende, le condamner à la prison avec sursis est un moindre mal, une moindre justice face aux actes de ce monsieur. Sa condamnation sera vaine puisqu'elle échappe au désir véritable d'une véritable Justice par la République, par l'Etat.

Il faut pousser le bouchon plus loin. Ce n'est pas simplement le délinquant Benmallade, Benanale ou Benalla....le coupable c'est cette République. Et ce n'est pas faire de la petite politique que de le dire.  Il est donc vain de condamner Benalla...si c'est pour que son Patron, le Président de la République, lui,reste aux affaires. Il faut déraciner le Mal, non pas lui tailler ses fleurs.

La mise en garde à vue de Benalla est inintéressante. Pur juridisme de Républicain. Pur Sacrifice...pur bouc émissairation.Et nous, peuple, dans notre soif de vengeance, n'attendons que le coupable soit déchu de son officialité, de ses prérogatives. Nous attendons qu'il soit "sursisé"..et nous voilà rassasié, satisfait de la bonne France.

Comme dit Griezmann: Vive la République!

 

 

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