Une certaine justice protège des industriels délinquants

Lettre ouverte au Président de la République : depuis six ans, une certaine justice protège des délinquants et corrupteurs notoires (le groupe de BTP des frères DE SOUZA - voir sur Internet des reportages de presse sur Antonio DE SOUZA) et un maire complice. Il y a atteinte avérée à plusieurs droits de l'homme fondamentaux. Monsieur Macron y mettra-t-il fin ?

Monsieur Emmanuel Macron
Président de la République
Sous couvert de
Monsieur Patrick Strzoda
Directeur de cabinet
55, rue du faubourg Saint-Honoré
75008 Paris

La Varenne Saint-Hilaire, le lundi 7 juin 2021

Lettre ouverte recommandée avec accusé de réception

Objet :
Cas d’un dysfonctionnement persistant et inacceptable du service public de la justice au protégeant des délinquants identifiés.

 

Monsieur le Président,

Je vous prie de prendre acte de cette lettre ouverte qui vous signale de graves dysfonctionnements de l'appareil judiciaire dans notre circonscription, commis en appui aux délits d'un groupe de BTP délinquant récidiviste et par ses complices. Je vous prie de bien vouloir y mettre un terme.

Certes, il n'y a pas mort d'homme. Mais, le rôle de l’État ne consiste pas à poursuivre et à sanctionner uniquement les coupables d’homicide.

Dans notre cas, il y a eu quand même mise en danger volontaire d'autrui, création d'une atteinte permanente à la vie privée, dommages volontaires à la propriété d'autrui (ébranlement des fondations d'une maison, création d'une capillarité, fissure horizontale de neuf mètres à trois mètres de haut sur un mur porteur,).

Les auteurs ont commis ces délits délibérément, de manière planifiée, pour s'enrichir aux dépens de tiers ; une fois les dégâts constatés, ils ont refusé de remettre en état. Et pour finir, avec le concours volontaire et diligent d'une municipalité, ils ont fabriqué de faux permis de démolir et ils ont aussi réalisé des escroqueries de jugements.

L'appareil judiciaire dûment saisi a laissé tout cela impuni !

La gravité de ces dysfonctionnements tient à la protection ostensible, sur une longue durée, apportée par le service public de la justice au non-respect de principes fondamentaux des droits de l'homme :

  • droit à la santé,
  • droit à la vie privée,
  • droit de propriété et au respect de la propriété des citoyens,
  • atteinte à l'ordre public et aux lois et règlement en vigueur
  • égalité devant le Fisc (fraudes au Fisc formellement signalées à la justice et non corrigées ni réprimées).

Circonstance aggravante : les délits commis sont le fait d'une entreprise importante, dirigée par des personnages récidivistes, bien connus de la presse. Pour nous intimider et nous décourager, les responsables nous ont avertis explicitement par avance qu’ils avaient des relations privilégiées avec le maire et avec l’appareil judiciaire.

J'accuse nommément le groupe de BTP « Pierre France » dirigé par les frères De Souza et leur filiale « Décoration De Souza et Frères », j'accuse leur salariée Elisabete ex-épouse Vigier, cadre juridique du service contentieux des faits suivants : mise en danger délibérée d'autrui, chantier de démolition non déclaré, absence des précautions professionnelles d'usage dans la profession, dommages apportés délibérément à la maison d'autrui, refus de réparer. Je les accuse de menaces pour nous décourager de porter l'affaire devant la mairie ou la justice. Je les accuse d’avoir fabriqué des faux et de les avoir utilisés pour tromper autrui et aussi d’escroquerie à plusieurs jugements.

J'accuse aussi de complicité de faux et d'usage de faux, de complicité dans des préjudices portés à autrui, le maire de Saint-Maur-des-Fossés, Monsieur Sylvain Berrios, j'accuse son adjoint à l'immobilier Monsieur Pierre-Michel Delecroix. Il ne s'agit pas d'un particulier qui a fabriqué des faux, mais de responsables officiels qui dans le cadre de leurs fonctions ont validé des documents qu'ils savaient faux ; ils ont ainsi falsifié les archives municipales de l'urbanisme.
Une fois saisis d'une demande d'annuler les faux permis, ils ont refusé d'assumer leur obligation.

Ces délits ont été portés devant la justice. Nous avons dépensé en plus de sept ans plus de 10.000 € en frais de justice alors que mon épouse et moi, nous avons des revenus modestes.

Nous avons perdu sept ans de notre vie inutilement, sept années pourries par l'humiliation de ne pouvoir faire valoir ses droits, de ne pas être considérés comme des citoyens de plein droit par un appareil étatique que nous finançons par nos impôts et taxes ; humiliés par une justice en principe prononcée au nom du peuple français.

Considérant la durée de traitement des procédures ouvertes sur cette affaire, la manière dont elles ont été traitées, j'accuse les différents services d'État locaux et judiciaires qui en ont eu à connaître d'avoir dysfonctionné en connaissance de cause, de manière volontaire, durable et sélective.

Quand nous avons protesté du délai trop long ou du non-respect du Code de procédure, on nous a fait la réponse judiciaire bidon : « si vous n'êtes pas content, faites appel ». Après des décisions ostensiblement inéquitables, cette réponse renvoie en réalité vers des procédures sans fin est ruineuses en argent et en temps.

Cette réponse n'est pas recevable dès lors qu'il est avéré que le recours aux magistrats concernés a montré qu'ils sont volontairement aveugles au contenu et que jusqu'à ce jour, biaisent sur la forme pour proroger l'impunité de délinquants connus, récidivistes et qui ont remis cela en laissant derrière eux des preuves matérielles indiscutables.

Cette réponse n'est pas recevable après sept ans de procédure : ce n'est ni plus ni moins qu'un déni de justice, un refus de statuer sur les faits.

À notre époque, tout le monde est instruit et tout le monde sait que par la forme, l'appareil judiciaire peut noyer n'importe quelle requête : justice formelle et justice substantielle, réelle.

Monsieur Éric Dupond-Moretti, Garde des Sceaux, ministre actuel de la Justice, a constaté publiquement que la justice française a perdu une partie de la confiance des citoyens.

Aussi, je confirme solennellement mes accusations et je déclare que si je calomnie quelqu'un, alors que je sois jugé et condamné. Je dis la pure vérité, les faits et les preuves matérielles sont là. J'ai soixante-quinze ans et je suis prêt à aller en prison !

Mais, qu'on ne vienne pas m'accuser de porter atteinte à la réputation de ces voyous en défendant haut et fort la vérité et mes droits constitutionnels.

Les droits piétinés pendant une période de plus de six ans, sous le regard impassible et complaisant de l'appareil judiciaire sont pourtant des droits fondamentaux :

  • Toute cause doit être entendue,
  • Toute procédure doit être équitable ; elle doit accorder des moyens égaux aux parties.
  • Toute procédure doit se dérouler dans un délai raisonnable.

Voici des victimes qui ont subi :

  • mise en danger d'autrui,
  • atteinte grave à leur maison,
  • refus de remettre en état,
  • faux et d'usage de faux,
  • escroqueries aux jugements.

Ces délits ont été signalés à la justice avec des preuves matérielles à l’appui. Et aucune sanction des coupables.

En outre, les victimes ont rapporté aux magistrats le non-respect du COS en vigueur au moment des faits (Code de l’urbanisme) et l'escroquerie au FISC correspondante, le travail non déclaré, le non-respect des normes régionales de la sécurité inondation.

La maison du cadre du groupe de BTP, rénovée au-delà des limites légales et des intérêts des tiers a été vendue tout de suite après les travaux qui ont duré six mois – cette opération financière qui a suivi tout de suite la fin du chantier contredit les affabulations du substitut de procureur qui avait déclaré que « les travaux signalés visaient à améliorer le cadre de vie d’une famille. Cela ne nécessite pas de suivi judiciaire ». En plus, il y a eu un accord préalable avec le nouvel acheteur pour ne pas nous permettre de réparer les dégâts même à titre provisoire à nos frais. Nous n'avons pas reçu de droit d'échelle malgré des demandes par lettre recommandée avec accusé de réception.

Notre maison pourrit sur pied !

D'autre part, alors que les plaintes et assignations ont été déposées au nom de mon épouse, propriétaire unique de la maison (je n’ai fait que l’accompagner en justice, par solidarité conjugale), les différentes procédures ont été instruites par l’appareil judiciaire uniquement en mon nom : en excluant la vraie propriétaire du bien endommagé, mon épouse Marie-Claude Marrot.

À notre époque, il est sans doute plus aisé sociologiquement de commettre des injustices contre un ARABE, un ancien indigène. Il semble qu'ainsi, il a été plus aisé de me faire une place dans ce qui correspond à un nouveau « mur des cons » réel ou virtuel.

Et il semble que quand on dispose d'une certaine fortune plus ou moins mal acquise et des relations afférentes, le droit des gens modestes ne compte plus.

Deux maires et un ancien préfet ont déjà été condamnés pour corruption par ce même groupe des frères De Souza. Le grand frère dirigeant du groupe a déjà fait de la prison. Il suffit de taper « Antonio De Souza » sur un navigateur Internet pour en savoir. Mais les actes illégaux continuent impunément et ils continueront tant que les sanctions prévues par la loi et la jurisprudence ne sont pas dissuasives...

J'ai écrit à la Chambre de l'instruction, au président du TGI de Créteil, au Conseil d’État qui m’a donné raison en renvoyant l’affaire devant la Cour d’appel administratif qui a refusé de re-statuer en fait et en droit, à l'ancien ministre de la Justice.

Aucun effet. La plainte pénale reste dans son congélateur... depuis bientôt sept ans.

Pour la plainte civile au fond, je suis obligé par les magistrats de la procédure de référé de m'y présenter en situation d'infériorité juridique ou faire appel d'une expertise ripou : il faudrait alors trouver 7000C supplémentaires et attendre plusieurs mois... pour un résultat incertain. Et si nous devions entrer dans le jeu des procédures et appels à l'infini, le futur magistrat chargé du contrôle de nouvelles expertises judiciaires va-t-il veiller à ce que le Code de procédure civile soit respecté ? Ou bien va-t-il laisser encore une fois porter atteinte de manière arrogante à l’égalité des moyens des parties, au respect du contradictoire ?

  • Aucune garantie.

Le résultat concret est un préjudice à la santé de personnes physiques que l'on oblige à vivre dans une maison devenue insalubre depuis plus de six ans. Il n'en reste pas moins que des droits fondamentaux sont bafoués ostensiblement.

La justification de cette situation par le manque de financement du service public de la justice ne rend pas recevable pas un retard à statuer de plus de six ans puisque que les preuves matérielles sont disponibles dans une affaire aussi simple.

Le droit internationalement reconnu stipule que toute cause soit entendue. Il stipule aussi :

  • le droit à une procédure équitable,
  • le droit à une justice rendue dans un délai raisonnable,
  • le droit à des procédures pour un coût abordable.

Notre argent, notre contribution au fonctionnement de l'État, se retournent ici contre nous pour enrichir illégalement des voyous objectivement protégés par des organismes étatiques.

Nonobstant de nombreux courriers adressés par mes avocats et par moi-même à plusieurs niveaux de l'appareil judiciaire, y compris à Madame la précédente Ministre de la Justice, rien ne s'est passé dans le respect des principes fondamentaux du droit et de la pratique judiciaire. La responsabilité de l'État français est engagée constitutionnellement et aussi par l'engagement dans le cadre de plusieurs conventions et traités internationaux.

Aussi aujourd'hui, par la présente lettre ouverte, Monsieur le Président de l'État français vous êtes dûment informé de cette situation.
Compte tenu des preuves et faits matériels disponibles, si une position claire sur la défense de nos droits fondamentaux n’est pas affirmée, alors l’État sera considéré comme partie prenante du non-respect des obligations constitutionnelles et des obligations de la France découlant des traités et conventions internationales relatives aux droits de l'homme, relatives aux preuves et faits matériels disponibles.

Dans notre République « Patrie des droits de l'homme », qui donne des leçons au monde entier, on trouve au moins un groupe financier crapuleux et arrogant, « Pierre France », ivre de son impunité, qui jette à la figure de ses victimes ses relations privilégiées avec une municipalité et avec l'appareil de la justice.

Dans notre République, on trouve un groupe de BTP qui peut donc développer son capital par la rapine ostensible aux dépens des contribuables honnêtes aux revenus modestes, avec l'assentiment des organes judiciaires et exécutifs.

En étant pessimiste, je peux admettre que dans certains contextes sociopolitiques, ces supercheries judiciaires que nous avons subies pour protéger des délinquants avérés pourraient durer encore des années. Comme l'ont affirmé les récidivistes du groupe de BTP « Pierre France 2 », nos recours en justice pourraient même ne jamais aboutir à cause de la corruption des mœurs citoyennes qui a rendu possibles ces graves dysfonctionnements.

Je vous adresse cette lettre ouverte parce que raisonnablement vous êtes notre dernier recours en France.

Je suis né « Français inférieur » (statut officiel d'indigène). La guerre d’Algérie aidant, cela m'a cependant permis de faire des études jusqu'en troisième.

Après une guerre d'indépendance sanglante, je suis devenu citoyen de plein droit d'un pays, l'Algérie. J’ai occupé des postes de responsabilité dans l’organisation de jeunesse du pays. J'ai pu aller jusqu'au baccalauréat, puis profiter d'études supérieures : j'ai ainsi vécu dans un pays du Tiers-monde. L’Algérie m'a offert une bourse d'études supérieures dans une des plus grandes institutions scientifiques et techniques du monde.

En URSS, j'ai suivi des études supérieures polytechniques et de cinéma. J'y ai vécu comme un étranger ordinaire dont les droits fondamentaux étaient respectés. Dans le même temps, j'y ai occupé des responsabilités syndicales pour représenter les étudiants algériens, arabes et africains en Ukraine soviétique. J'ai ainsi connu de l’intérieur le fonctionnement du monde communiste - le second monde. J'ai quitté l’URSS suite à une grève d'étudiants étrangers que j'avais organisée contre un certain racisme ; à cause de cela, le recteur de ce plus grand institut polytechnique d'Ukraine a dû démissionner bien qu'il fût par ailleurs membre du Soviet Suprême de l'URSS.

Je ne suis pas rentré en Algérie parce que je voulais compléter mes études de cinéma ; pour des raisons de langue, j'avais le choix entre les USA, le Royaume-Uni ou la France. J'ai choisi la France par affinité culturelle et j'y ai continué mes études en faisant des petits boulots. Toujours pour financer mes études, j'ai pu travailler par la suite comme conseiller technique de la direction confédérale de la CGT pour les questions d'immigration.

L'État français m'a aidé à récupérer la garde en France de mon fils qui était laissé chez ses grands -parents soviétiques. Puis, j’ai travaillé dans la télévision publique. J'ai eu la confiance des services de sécurité pour participer à des tournages d'actualité de la télévision publique à l'Élysée et dans des entreprises du ministère de la Défense.

Mais, quand en 1991, j'ai dénoncé le détournement de fonds publics destinés à l'audiovisuel public pour les Musulmans de France, j'ai été renvoyé comme un malpropre. Ma démarche était purement républicaine parce que je suis athée : je considérais que le comportement de la direction de la chaîne compromettait l'intégration harmonieuse d'une minorité défavorisée paisible... Et la justice s'est couchée devant les délinquants haut placés.

Plus tard, devenu Français par le mariage, j’ai pensé que l’appareil judiciaire m’accorderait enfin l’égalité réelle de traitement et le respect des lois. En vain.

Quand j'ai insisté pour être réintégré dans les fonctions de réalisateur et de producteur, j’ai obtenu en échange des preuves matérielles que j’avais réunies, la promesse du staff électoral d’être réintégré en cas de victoire du Président Jacques Chirac. Mes preuves ont été utilisées avec les moyens matériels et humains du candidat et de son parti ; Monsieur Jacques Chirac a bien été réélu, Madame Tasca a perdu sa circonscription (j’ai contribué à la majorité présidentielle). J’ai rappelé notre accord pour ma réintégration dans mes fonctions. Comme j’insistais, j'ai été accusé de manière ubuesque de « tentative d'assassinat du premier ministre de la France » !

Un procureur a accepté de porter avec zèle cette accusation fantaisiste et surtout non fondée.

Quand il s'est avéré, que j'avais les preuves d'une promesse écrite sur en-tête de la Présidence et que l’accusation ne tenait pas, ledit procureur, en association avec un préfet m'a fait interner d’urgence en psychiatrie, par voie administrative ! Les précautions légales n’ont pas été respectées.

Oui, cela arrive en France ! Et pour étouffer un scandale politique !

Et lorsque finalement les médecins ont refusé de participer à la farce psychiatrique au terme de dix jours d'expertise, le parquet est revenu encore à la charge avec des accusations de « diffamation… de Madame Tasca »… à la demande de Monsieur Perben, le ministre de la Justice de Monsieur Chirac. Le ministre qui quelques mois auparavant avait accepté et utilisé contre Monsieur Lionel Jospin et Madame Tasca les preuves matérielles que j’avais fournies. Monsieur Perben, celui-là même dont le staff avait aussi financé et encadré leur diffusion. La justice a rejeté finalement sa plainte hypocrite de diffamation de sa collègue.

Quand elle veut, la justice fonctionne bien… jusqu’à un certain point : je n’ai pas été réintégré ; je n’ai pas été dédommagé pour l’arrestation à six heures du martin, pour la perquisition de mon domicile, pour le départ menotté, pour la garde à vue, pour l’internement psychiatrique abusif de dix jours. Et l’État a saisi sur ma banque le coût de mon internement psychiatrique abusif : cela équivalait à un voyage en Égypte ou en Grèce pour la même durée !

Toutes ces procédures et l’internement psychiatrique ont échoué, j'ai été finalement lavé de tout soupçon. Mais les délinquants que j'ai dénoncés n'ont pas été inquiétés et ils ont gardé par-devers eux l'argent volé à l'État.

Mais, ce système a atteint son but : il a réussi à me faire taire. J’ai compris que la justice française n’était pas capable de réintégrer dans ses fonctions un réalisateur et producteur lanceur d’alerte ni de m’octroyer des dommages et intérêts pour la perte d’une carrière professionnelle : la direction de France 2 m’a clairement affirmé que « j’étais désormais tricard à la télévision française et signalé comme tel à toutes les directions des chaînes ».

Voilà comment par un hasard de date et de lieu de naissance, j'ai pu connaître de l'intérieur et depuis des points d'observation privilégiés différents systèmes sociaux : en tout système, en toute profession, il y a des professionnels honnêtes, une justice noble et une justice moralement corrompue. Le problème est : dans quelles proportions.

Pour les millions de francs volés à la télévision publique, j'ai fini par comprendre que de hauts serviteurs de l'État français peuvent être des voyous. Mais comme les équilibres de l'État reposent entre leurs mains, alors des gouvernements, des Présidents ont baissé les yeux tant que cela ne portait pas atteinte aux équilibres politiques.

Mais dans le cas présent qui est celui d'une crapulerie à but d'enrichissement illégal aux dépens d'autrui et aux dépens de l'État, comment les frères De Souza, une fratrie qui a opté pour des délits récidivistes peut-elle trouver des relais au sein de l'appareil judiciaire aux dépens de contribuables honnêtes ?

Cela sera certainement incompréhensible pour les instances internationales de défense des droits de l'homme auprès desquelles la France s'est engagée tout en se proclamant haut et fort « patrie des droits de l'homme » et en faisant la morale à d'autres États.

Concernant mon expérience soviétique, j'ai commis un essai édité par Robert Laffont, qui décrivait à la fois la vérité et trouvait sa place dans la guerre froide. Il a reçu un accueil favorable. Pour sa pertinence et son originalité, il figure au nombre des ouvrages acquis par la bibliothèque du Congrès des États-Unis.

L’avenir n’est dévoilé à personne. La suite des évènements peut m'obliger de constater en dernière extrémité que toutes mes démarches restent vaines et que les frères De Souza avaient raison, qu’ils peuvent impunément, au vu et au su de tous et pour quelques milliers d'euros, mettre en danger la vie d'autrui, détruire la propriété d'autrui, refuser de la remettre en état, fabriquer des faux, escroquer des jugements, enfreindre les règlements de l'urbanisme et de la sécurité inondation, frauder le Fisc, commettre des abus de biens sociaux...

Dans mes cauchemars, je peux même imaginer qu'au lieu de faire enfin appliquer la loi et les engagements internationaux de la France dans le domaine des droits de l'homme, vous allez demander, comme le fit Monsieur le Président Jacques Chirac que je sois criminalisé, puis interné en psychiatrie.

Cela fournirait un matériau très intéressant pour écrire un nouvel essai sur des ressorts profonds du système social et politique français, sur l'application réelle des droits de l'homme fondamentaux et cela intéressera certainement le lectorat démocrate français et celui des États étrangers auxquels la France applique des « sanctions » pour cause de « non- respect des droits de l'homme ».

Ma démarche actuelle n'est pas politique parce que je respecte profondément et complètement la légalité républicaine et la fonction présidentielle. Mais la réalité sociale doit correspondre aux engagements officiels de l'État.

J’ai connu des cas où la justice a fait son travail, totalement ou partiellement. Assurément, dans cette affaire, elle dysfonctionne de manière scandaleuse. Et elle franchit les limites supportables même en tenant compte de la nécessaire séparation des pouvoirs et même en tenant compte de la nécessaire indépendance des magistrats. Dans les activités professionnelles, tout homme rend des comptes de manière transparente et rapide à ses supérieurs, ses clients ou ses mandataires. L’indépendance des juges n’a aucun sens en l’absence d’un appareil de contrôle et de sanction, même interne à la magistrature, mais impérativement facile d’accès, de mise en œuvre rapide et surtout transparent dans ses arguments, sans logorrhée « juridiste » absconse. La justice n’est pas destinée à noyer les poissons dans un fatras à la Molière ou à revenir excessivement cher.

 

Monsieur le Président,

Vous êtes le plus jeune Président de la cinquième République. Vous êtes certainement aussi celui qui a le plus fait appel au concept de « valeurs ». La France critique souvent d’autres pays pour non-respect des droits de l’homme. Elle sanctionne des États importants pour la même raison officielle.

Mais, la situation scandaleuse qui est faite à mon épouse et à moi-même reflète-t-elle les valeurs de la France ?

Certes, les faits rapportés ici remontent à une période antérieure à votre élection et même à votre entrée en politique. Certes, des siècles de culture et de politiques racistes, esclavagistes, coloniales, impérialistes finissent par créer des réflexes particuliers au sein de l’appareil d’État qu’il est difficile de réformer… au point d’exiger d’ un enfant noir, descendant direct des habitants de Saint-Louis du Sénégal et donc relevant de l’État français depuis près de cinq siècles, au point d’exiger de cet enfant qu’il renonce à l’histoire de ses ancêtres et se réclame « descendant d’une des (plus de vingt) nations et peuples gaulois qui habitaient l’ouest de l’Europe »  et de lui imposer aussi d’accepter une coresponsabilité dans la colonisation, l’esclavage et le reste… Aucun retour critique et réaliste, sans préjugé idéologique sur un passé d’or, mais aussi de rapines, de feu et de sang, pourtant glorifié en bloc. Le petit Mamadou n’a pas à se revendiquer du « glorieux passé esclavagiste » ni des valeurs sous-jacentes ; il a le droit de sélectionner le meilleur de cette époque et il a le droit de nous transmettre le meilleur du siècle de Mansa Moussa, hérité de la tradition de ses parents maliens.

On continue de voir de mauvais politiciens, journalistes, policiers, juges créer impunément au nom de la liberté d’inférioriser et à partir de situations inventées ou fabriquées un passé judiciaire ou un casier judiciaire accolé à des individus, voire globalement à des catégories importantes de la population française – des gens eux aussi humanistes aux intentions et actions généreuses et nobles. Et là-dessus, sur cette intention ségrégationniste inavouée s’enclenchent encore et encore de nouveaux dénis de justice.

La culpabilité de l’État est de ne pas être clair sur les principes, de s’accommoder avec des contradictions sérieuses (double standard) et d’accepter en son sein cet « État profond » dévoyé sans en sanctionner clairement les activistes qui profitent de leur position dans les services gouvernementaux et les grandes entreprises.

 Comme votre ministre Monsieur Éric Dupond-Moretti, vous avez stigmatisé les tares de « l’État profond » ; certains auteurs évoquent l’existence d’« un État secret ».

Cependant, le fait de présenter sa candidature et d’accepter la responsabilité suprême du pays impose d’exercer un contrôle efficace des rouages de l’État et de veiller à ce que les différents services publics se maintiennent dans un périmètre strictement républicain et actualisé avec la réalité sociologique et économique de la France actuelle et en phase avec ses attentes démocratiques pressantes.

Ce courrier est un dernier recours dans le cadre national. Il ne poursuit aucun but politique ; je défends mes droits constitutionnels. À soixante-quinze ans et après près de sept ans d'attente et 10 000 € vainement dépensés en frais de justice, je n'en peux plus.

Mon épouse va sans doute tenter de son côté une nouvelle procédure : elle a compris que le fait d’avoir un mari, ancien indigène nuit à sa cause… comme aux temps glorieux pas si lointains où se marier à un indigène faisait perdre officiellement les droits de citoyenne française.

Je suis dans l’attente de votre réponse.

J’espère sincèrement que cet appel va régler cette sordide affaire en imposant aux voyous de réparer les dégâts qu’ils ont causé pour économiser quelques milliers d’euros aux dépens d’autrui et surtout en mettant fin à une certaine connivences entre l’appareil judiciaire et des opérateurs industriels privés.

Au-delà d’un délai raisonnable, je m’adresserai aux instances internationales tout en rédigeant un essai sur ce côté sombre la démocratie française… après celui sur l’URSS…

Je vous prie Monsieur le Président de la République, d'agréer mes salutations les plus respectueuses et républicaines.

Abdellah Ouahhabi

 

 Copie à :

Monsieur Éric Dupond-Moretti

Garde des Sceaux, ministre de la Justice

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