Chem Assayag
Nombreuses activités d'écriture, photo...
Abonné·e de Mediapart

90 Billets

1 Éditions

Billet de blog 27 déc. 2010

Chem Assayag
Nombreuses activités d'écriture, photo...
Abonné·e de Mediapart

« L’économie idiot ! »

Chem Assayag
Nombreuses activités d'écriture, photo...
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

A 18 mois des élections présidentielles de 2012 le choix des thèmes de campagne va être crucial pour les différents candidats dans l’optique de l’imposition de leur propre agenda aux autres prétendants à l’Elysée, aux médias et aux électeurs ; un petit détour par la campagne présidentielle américaine de 1992 peut ici être très instructif.En 1992 George Bush Senior est Président des Etats-Unis. Il a succédé en 1988 au charismatique et populaire Ronald Reagan dont il a été le vice président pendant 8 ans. Tout semble en place pour que Bush soit réélu facilement : la chute du mur de Berlin en 1989 a montré de façon éclatante au monde entier la supériorité du modèle occidental et justifié la politique internationale menée par les Etats-Unis pendant les années 80, et la première guerre d’Irak s’est achevé sur un franc succès pour les américains conférant à Bush l’image du guerrier vainqueur. Ainsi en mars 1991 G Bush culmine à 90% d’opinions favorables dans les sondages, un niveau historique au XXème siècle pour un président américain. Pourtant 18 mois plus tard il sera battu par un jeune gouverneur quasiment inconnu de l’Arkansas, Bill Clinton. Entre temps que s’est-il passé ?Il s’est passé que les électeurs américains se sont avant tout prononcés sur des questions intérieures et notamment l’économie. En effet le chômage atteint à l’époque des niveaux très importants (près de 8% de la population active) et le déficit budgétaire, en raison principalement des dépenses militaires, est abyssal. En 1991 le pays est même en récession (variation du PIB -0.2% ). Dans ce contexte les stratèges de la campagne de Bill Clinton décident d’appuyer là ou ça fait mal, c'est-à-dire d’insister sur les mauvais résultats économiques de Bush : c’est James Carville, le responsable de la campagne de Clinton qui lance alors ce slogan « It’s the economy, stupid » - littéralement « c’est l’économie idiot !» pour indiquer que Bush aurait d’abord du s’occuper de ce qui intéresse avant tout les américains: la situation économique du pays et par ricochet la leur.Si les comparaisons ne sont pas transposables à 100% d’un pays et d’une époque à l’autre on peut néanmoins penser que dans le contexte de crise économique dure que traverse la France, caractérisé par un chômage très élevé, une stagnation du pouvoir d’achat, la rigueur budgétaire et des perspectives économiques médiocres voire sombres, les électeurs se prononceront avant tout en 2012 sur les questions économiques et sociales ; exactement comme les américains en 1992. En ce moment ce qui compte pour beaucoup c’est de savoir si le fils va trouver un emploi, si la fille va enfin échapper à une succession de CDD et de temps partiels, si le grand père pourra être soigné correctement tout en étant pris en charge par la sécurité sociale, si le père qui part à la retraite dans quelques années aura le même niveau de pension... Les questions internationales, les vrais ou faux débats sur l’identité nationale et l’immigration, les réformes constitutionnelles… tout cela est intéressant mais en temps de disette ce n’est pas cela qui détermine le vote pour une grande majorité de nos concitoyens.Dès lors on voit bien l’intérêt du futur candidat Nicolas Sarkozy : tout faire pour détourner l’attention de l’électeur des questions économiques et sociales, domaines où son bilan sera très mauvais, et au contraire sortir en permanence de son chapeau des diversions – ici l’émergence de la figure de Marine Le Pen tant qu’elle reste à des niveaux électoraux « raisonnables » est une très bonne nouvelle car le fonds de commerce du FN est justement celui des thèmes qui font diversion. Si ces questions économiques et sociales viennent quand même occuper un espace central de la campagne on usera jusqu’à la corde l’argument de la crise mondiale (« c’est pas de notre faute »), du « ceux d’en face n’auraient pas fait mieux, au contraire», plus quelques « enjolivements » statistiques dont les chiffres du chômage nous fournissent des exemples édifiants chaque mois.A contrario les adversaires de Nicolas Sarkozy, et singulièrement le PS, devraient enfourcher le thème de l’économie avec une grande force et démontrer à quel point la politique menée depuis 2007 a été injuste, inégalitaire et par dessus tout inefficace, tout en traçant de vraies priorités pour les prochaines années et une vraie rupture. Or aujourd’hui hormis les questions de personnes et les débats byzantins sur les calendriers de primaires on ne voit rien venir… c’est pourtant là dessus que se jouera l’élection à notre avis.

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal
Un projet de loi au détriment du vivant
En pleine crise énergétique, le gouvernement présente dans l’urgence un projet de loi visant à accélérer le déploiement de l’éolien et du solaire. Un texte taillé pour les industriels, et qui sacrifie la biodiversité comme la démocratie participative.
par Mickaël Correia
Journal — Éducation
Revalorisation salariale : les enseignants se méfient
Plusieurs enseignants, très circonspects sur la réalité de la revalorisation salariale promise par Emmanuel Macron, seront en grève le 29 septembre 2022, dans le cadre d’une journée interprofessionnelle à l’appel de diverses organisations syndicales. La concertation annoncée pour le mois d’octobre par le ministre Pap Ndiaye sur le sujet s’annonce elle aussi houleuse.
par Mathilde Goanec
Journal — Social
Anthony Smith, inspecteur du travail devenu symbole, sort renforcé du tribunal
Devant le tribunal administratif de Nancy ce mercredi, la rapporteure publique a demandé l’annulation des sanctions visant l’agent de contrôle, accusé par le ministère du travail d’avoir outrepassé ses fonctions en demandant que des aides à domicile bénéficient de masques en avril 2020.
par Dan Israel
Journal — Extrême droite
Extrême droite : les larmes (de crocodile) des élites libérales
Les succès électoraux de l’extrême droite, comme en Suède ou en Italie, font souvent l’objet d’une couverture sensationnaliste et de dénonciations superficielles. Celles-ci passent à côté de la normalisation de l’agenda nativiste, dont la responsabilité est très largement partagée.
par Fabien Escalona

La sélection du Club

Billet de blog
Giorgia Meloni et ses post-fascistes Italiens au pouvoir !
À l’opposé de ce qui est arrivé aux autres « messies » (Salvini, Grillo…), Giorgia Meloni et ses Fratelli d’Italia semblent - malheureusement - bien armés pour durer. La situation est donc grave et la menace terrible.
par yorgos mitralias
Billet de blog
Italie, les résultats des élections : triomphe de la droite néofasciste
Une élection marquée par une forte abstention : Le néofasciste FDI-Meloni rafle le gros de l’électorat de Salvini et de Berlusconi pour une large majorité parlementaire des droites. Il est Probable que les droites auront du mal à gouverner, nous pourrions alors avoir une coalition droites et ex-gauche. Analyse des résultats.
par salvatore palidda
Billet de blog
Interroger le résultat des législatives italiennes à travers le regard d'auteur·rices
À quelques jours du centenaire de l'arrivée au pouvoir de Mussolini, Giorgia Meloni arrive aux portes de la présidence du Conseil italien. Parfois l'Histoire à de drôles de manières de se rappeler à nous... Nous vous proposons une plongée dans la société italienne et son rapport conflictuel au fascisme en trois films, dont Grano Amaro, un film soutenu par Tënk et Médiapart.
par Tënk
Billet de blog
Trop c’est trop
À tous ceux qui s’étonnent de la montée de l’extrême droite en Europe, il faudrait peut-être rappeler qu’elle ne descend pas du ciel.
par Michel Koutouzis