la nature humaine

Nous fonctionnons à travers la représentation que nous avons du monde de la vie.

Comme un capitaine de navire, nous avons une carte dans notre cerveau qui nous aide à piloter notre bateau, en l'occurence à faire nos choix.

Si la carte est fausse, nous prendrons des décisions qui seront fausses le plus souvent, mais qui parfois tomberont juste ...

Si la carte indique qu'à ce point là il existe une île et que vous tombiez dessus, ce n'est pas la preuve que la carte est juste, contrairement à ce croient beaucoup.

Si vous avez fait de la navigation, même routière, vous avez cette expérience.

Pour aller à un endroit précis, il faut non seulement avoir une carte fiable, mais en plus savoir s'orienter et conduire correctement. Si la carte est approximative et que votre sens de l'orientation est un tantinet pifométrique, vous avez quand même une probabilité d'atteindre une île perdue au milieu de l'océan. Mais l'île sur laquelle vous abordez est-elle celle que vous visiez ?

Pour atteindre son but, il fait être bon navigateur ET bon pilote, que ce soit en bateau, avion ou voiture ou à pied.

Conduire sa vie demande donc de connaitre le fonctionnement de la vie, avoir des relations humaines fructueuses demande de connaitre la nature humaine et son fonctionnement, donc des cartes justes, plus de la sagesse pour le pilotage.

Pour connaitre la nature humaine, il n'est pas nécessaire de lire machin ou truc, il suffit de s'observer. Le problème est que s'observer, ça s'apprend car ce n'est pas inné.

Comme dit très clairement Gilbert Pouillart dans son billet, ressentir n'est pas penser, comme voir n'est pas observer.(http://blogs.mediapart.fr/blog/gilbert-pouillart/210314/ressentir-nest-pas-penser )

ou mes billets sur la neurobiologie du cerveau où je distingue "penser" et "avoir des pensées".

Au plus haut niveau, tous les êtres sensibles, humains et animaux, sont identiques. Tous, sans exception, courent pour fuir les souffrances et courent pour satisfaire leurs désirs. Même si on dit que dans la relation sexuelle d'approche, l'homme chasse à courre et la femme chasse à l'affût, il n'en reste pas moins que les deux chassent, donc courent !Clin d'œil

Nos actions et réactions n'ont qu'un seul et unique but, satisfaire nos désirs. Même pour la sangsue, pourtant dépourvue de système nerveux, la vie est identique.

Une fois cela bien établi, vous comme moi, comme machin et truc, fachos, démocrates, fourmis, méduses, etc, nous pouvons passer à l'étape suivante.

La nature de tous les êtres sensibles, donc humaine parmi celles ci, exige que nous satisfassions nos désirs.

Nous sommes des machines à satisfaire nos désirs et fuir nos répulsions. Tout notre cerveau est conçu pour ces deux tâches fondamentales.

Le premier de tous les désirs, le désir fondamental, est la recherche de bonheur, en couple avec la fuite des emmerdements.

Quels sont les filtres à travers lesquels passent nos affects, nos représentations du monde, nos pensées, bref toutes nos activités cérébrales ?

Je reprendrai ici cette citation du grand, très grand Gandhi :

« Surveille tes pensées, elles deviennent des mots.

Surveille tes mots, ils deviennent des actions.

Surveille tes actions, elles deviennent des habitudes.

Surveille tes habitudes elles deviennent ton caractère.

Surveille ton caractère, il devient ton destin » 



Nous ne maitrisons en aucun cas toute cette espèce de soupe qui se passe dans nos cerveaux, ce torrent tumultueux d'idées, fruit de connexions neuronales, nous donne l'impression d'avoir une vie indépendante de nos volontés. Tellement indépendant d'ailleurs, que certains n'hésitent pas à affirmer « on ne me changera pas ! ».

Ce à quoi je réponds toujours « mais vous, est-ce que vous pensez que vous pouvez vous changer vous même ? »

Je ne connais aucune tentative, aussi violente soit elle, ayant réussi à changer une personne contre sa volonté. Entre les camps de rééducation des régimes totalitaires, goulags etc, démocratiques comme Guantanamo, ou les serviettes froides pour soigner les autistes, échec total et complet. Seul ceux qui en tirent des avantages financiers et des titres de professeurs ou des postes de ministre de l'intérieur, défendent encore ces méthodes de tortures. Par contre, je connais une multitude de personnes qui se sont changées elles même. Ce qui prouve que si nous ne maitrisons pas notre soupe cérébrale à chaque instant, nous pouvons en modifier le cours général.

Si je décide de changer, je peux me changer !

Tina n'est qu'un mirage affirmé par les tenants de l'ordre établi pour la stabilité de leurs avantages. Et ils défendent cet ordre établi car ils pensent que leur bonheur passe par cette étape et que si l'ordre établi changeait, ils seraient en danger de malheur.

Franco, Pinochet, Staline, Hitler, Obama, Svoboda, Plenel, Perraud, Hollande, Mère Théresa, l'Abbé Pierre, vous et moi, ne faisons qu'une chose : défendre nos intérêts.

Le Dalaï Lama le précise clairement. A une question posée en conférence sur l'égoisme de tout un chacun, il répondit ceci :

« Il faut être égoiste ! »

Stupeur dans la salle … réponse inattendue par la plupart des présents.

De toute façon, c'est notre fonctionnement.

Pour mettre un peu de piment à ce billet, JL Mélenchon est bien d'accord avec le Dalaï Lama sur ce point puisqu'il dit « je ne peux être heureux dans un océan de malheur ». Mélenchon, comme le Dalaï Lama, comme vous et moi et tous les êtres sensibles défendons nos intérêts.

Et le Dalaï Lama de continuer :

« Mais il existe deux types d'égoistes. L'égoiste stupide et l'égoiste intelligent »

Alors que nous avons été élevés dans un contexte moral judéo chrétien où l'égoisme est un vilain défaut et fait partie des sept péchés capitaux, la neurobiologie du cerveau nous révèle que nous ne pouvons faire autrement que défendre nos intérêts. Et tant pis pour les idéalistes du juste comportement moral, le Dalaï Lama souscrit à la neurobiologie. C'est comme le mensonge. Il y a le mensonge pour protéger et le mensonge pour agresser. Le mensonge blanc consiste à mentir à la police qui cherche un juif pour l'envoyer dans un camp, le mensonge noir consiste à dire qu'on n'est pas le voleur de tel objet pour éviter les conséquences de ses actes. Les deux sont mensonge, mais l'un est blâmable alors que l'autre est louable. Vive les mensonges blancs, il faut mentir blanc !

Si notre carte de navigation pour la vie est imprécise et même fausse, il est absolument certain que nous choisirons des options erronées quant à la réalisation de nos buts, et le premier d'entre eux, être heureux. C'est ce qui fait la différence entre les égoistes stupides et les égoistes intelligents. Stupides dans le sens d'ignorants, les ignorants croient, dur comme fer, que les « self made men ou women », ça existe ! Comme au temps de Pasteur où les médecins de l'Académie de médecine croyaient en la génération spontanée !

Le self made man ou woman, s'est fait tout-e seul-e. Il n'a jamais eu de parents, il n'a jamais eu d'instituteurs, il n'a jamais eu de boulanger pour faire son pain, ni d'agriculteur pour son lait de vache ou de soja, il a roulé sur des routes construites par lui même et personne d'autre, et toute l'histoire humaine avant lui ou elle, il ou elle n'en a pas bénéficié. D'ailleurs, il-elle fait des enfants tout-seul-e … j'arrête là.

La légende du self made man ou woman est pourtant une croyance bien ancrée dans notre monde. Le « je me suis fait à la force du poignet », ce qui pour la masturbation est certainement utile, devient une sorte de crédo civilisationnel universel dans notre monde mondialisé. Je cite un sage : « il y a plus de différence entre un oriental spirituel et un oriental matérialiste, qu'entre un oriental et un occidental tous deux spirituels ou matérialistes» (Kalou Rinpoché).

L'humanité est mondialisée depuis le commencement de l'humanité, comme de tous les êtres sensibles. La mondialisation concerne exclusivement l'économie, et en aucun cas la nature humaine, ou la nature de la mouche.

L'ignorant pense pouvoir exister sans les autres. L'ignorant pense en termes de « moi et l'autre ». Il fait, non pas une différence entre Chenpeneuzer et Elisabeth Chaudansson ou un ver de terre, mais une dichotomie totale entre les deux. C'est ce que nous appelons communément « la concurrence ».

Une amie âgée d'une soixantaine d'années m'a confié il y a peu « comment se fait-il que 99% hommes, particulièrement en groupes, se comportent comme des spermatozïdes ? »

Je lui ai expliqué que notre cerveau, grâce à l'évolution, avait plusieurs stades, du reptilien au néocortex. Néocortex qui est le plus évolué et constituant 80% du cerveau humain (http://fr.wikipedia.org/wiki/N%C3%A9ocortex). Mais ce n'est parce que nous avons un aspirateur que nous l'utilisons, et de même pour le néocortex. En présence d'une femme, certains hommes se comporteront avec leur cerveau reptilien ne voyant qu'un objet de plaisir, d'autres y verront peut être un être humain qui a du talent en art, en architecture, un alter ego d'un autre sexe qui possède un tas de centres d'intérêts pouvant être enrichissant et profitable dans l'échange. Pour cela, il faut chercher ailleurs que dans le cerveau reptilien, siège des émotions sexuelles pour la reproduction. La mante religieuse a exactement les mêmes pulsions. Harpagon est pareil avec sa cassette. Valls avec ses expulsions de Roms. Hollande et son Ani. Tous des reptiliens !

Si nous observons la vie avec beaucoup plus d'attention que nous le faisons, à cause de nos habitudes culturelles, nous pouvons nous poser la question suivante :

L'univers s'est construit sur la base de la concurrence ?

Est-ce que la molécule d'eau est le fruit d'une bataille entre tous les atomes ayant généré de l'eau, ou le fruit d'une coopération entre des atomes ayant des « crochets » compatibles entre eux pour s'associer et faire de l'eau.

Batailles ou atomes crochus ?

Je vous laisse apprécier vous même, j'ai mon opinion, et je la partage.

A l'époque grandiose de Darwin, toute évolution s'est traduite par la concurrence entre les espèces et dans chaque espèce pour chaque individu. Il fallait absolument justifier le capitalisme …

Le capitalisme est « naturel », aujourd'hui, c'est Tina même combat …

Est-ce que la vache est en concurrence avec l'herbe qu'elle mange, ou est-ce un cycle de vie où chacun a sa fonction ?

Il faut se méfier de ses perceptions ...

http://www.youtube.com/watch?v=o-6HA41F6Lg

Soit on pose que la règle de base dans la vie est « moi » et les autres, tous bien différents de moi, indépendants de moi, et même concurrents de moi.

Soit on pose que la règle de base de la vie est l'interdépendance, non seulement de tous les êtres sensibles, mais de tous les phénomènes … puisqu'un vol de papillon en Amérique du sud peut provoquer un cyclone sur un autre continent.

Nous avons donc à défendre nos intérêts personnels soit à travers une vision individualiste et égocentrée, soit collective interdépendante.

Nous avons le choix. Car c'est un choix fruit d'une décision personnelle. Même si nos civilisations ont lourdement insisté, pour ne pas dire forniqué avec la propagande, pour nous bourrer le crâne avec la compétitivité et la concurrence, il n'en reste pas moins que certains, grâce à leur capacité réflexive, sont arrivés à la conclusion que nous vivions dans un système où le vivant n'est qu'interdépendance. Cela nous a donné l'écologie. Et l'esprit écologique est totalement antinomique avec la concurrence qui n'est et ne peut être que prédatrice, ontologiquement.

La concurrence, par définition, c'est l'élimination de «l' autre », et il est décidément ridicule de mourir d'une grippe parce qu'on aura tué l'avant dernier survivant qui était … médecin.

Nous avons le choix de nous battre pour défendre nos intérêts contre les autres ou tous ensemble, y compris avec les tenants de la concurrence, donc d'être égoiste intelligemment ou stupidement comme des ignares.

En ayant une carte de la vie basée sur l'interdépendance, cela implique que nous ayons conscience que faire une petite saloperie papillon peut provoquer un cyclone ailleurs.

Que cette saloperie soit d'ailleurs petite ou gigantesque ne peut intéresser que les médias y voyant une possibilité de vendre de l'article. Voler 1€ ou 1 million d'€, c'est voler. Et si on vole-papillon, on est sur le même registre que Goldman Sachs-cyclone. Et ceci est valable pour chacune de nos actions.

Surveille tes pensées, elles deviennent des mots.

Nous ne maitrisons pas nos pensées, mais nous ne sommes pas obligés d'y croire.

Ceux qui sont les tenants d'un individualisme forcené et mortifère, non seulement pour les autres mais pour eux même, ont une tendance très facheuse à s'identifier à leur soupe émotionnelle cérébrale.

« je pense donc je suis » est leur devise. Le « je » existe par la capacité autoréflexive. Et les stupides, forts de leur « je », abrutis par les vapeurs alcooliques de l'orgueil et le raisonnement obscurci par les fumées de l'ignorance, en déduisent que si « je » existe, c'est qu'il est indépendant de tout le reste de l'univers, même si ces mêmes imbéciles ignares pestent s'ils sont pris dans un ouragan climatique ou contre un ami de trente ans qui les aura trahis. Ne se rendant même pas compte qu'eux aussi dépendent des autres. Mais même s'ils s'en rendent compte, ils le refusent. Et c'est toujours, bien évidemment la faute de « l'autre » si quelque chose ne tourne pas rond.

« Je » a besoin d'être reconnu, protégé, choyé, aimé. Nous sommes tous friands de louanges et détestons les critiques. Si « je » n'avait pas besoin d'être aimé, Meetic n'existerait pas. Si « je » n'avait pas besoin d'être reconnu, Valls serait resté émigré espagnol nationalisé français et non éjecteur de conscience de vie. Si « je » n'avait pas besoin d'être protégé, il n'y aurait pas de sécurité sociale.

Que « je » ait besoin de tout cela n'est pas un problème en soi, il est donc hors de question de sacrifier « je » pour je ne sais quelle cause. Le sacrifice de « je » est impossible. Même dans le suicide, on ne supprime pas le « je », on ne fait que supprimer le support corporel de ce « je ». Quand un peintre brûle un de ses tableaux, il ne se supprime pas avec.

J'entends les récriminations de ceux qui pensent qu'une fois mort, il n'y a plus rien. Peut être qu'il y a quelque chose, peut être qu'il n'y a plus rien, aucune des deux croyances n'étant démontrable. Mais quelle que soit sa croyance, le suicide ne change rien à l'attachement à l'ego, au « je », au « self » mieux exprimé en anglais que dans notre langue française.

Les pensées deviennent paroles … parfois au point d'avouer « mes paroles ont dépassé ma pensée ».

Les pensées sont neutres, elles ont leur propre vie indépendante de nos volontés. Le premier de nos actes est effectivement de les traduire en paroles.

Paroles adressées à soi même ou aux autres, dialogue intérieur ou inter personnes.

Le dialogue intérieur se transforme en actions, le dialogue inter personnes étant déjà une action. Une action a des conséquences. Une parole aux autres a des conséquences. Un dialogue intérieur peut avoir des conséquences, mais pas plus qu'une pensée.

Combien de fois nous est-il arrivé de souhaiter que ce connard de chauffeur qui nous a fait une queue de poisson se casse la gueule au prochain virage ? Combien de fois avons nous souhaité que cette salope qui se ballade en mini jupe et ne veut pas de nous se fasse violer au prochain carrefour ? Que cette boite de merde qui est notre concurrent sur le marché fasse faillite ? Que ce gros naze de machin ou truc ait un gros accident le rendant impotent ?

Bref, nous avons tous faits des souhaits qui, heureusement, ne se sont jamais réalisés.

Entre les idées qui nous arrivent dans l'esprit, et les dialogues intérieurs, nous ne sommes pas obligés d'être tiraillés. Pinocchio et Jiminy criquet ne sont pas la vie de tous.

Encore une fois, cela dépend de la carte de navigation que nous avons, en termes plus clairs, soit nous avons une éthique de vie, soit nous naviguons à vue.

Pour ceux qui ont une éthique concurrentielle, il n'y a aucun état d'âme à sacrifier 10 000, ou 10 millions ou 60 millions comme lors de la dernière guerre ou 1 milliard ,comme ceux qui aujourd'hui n'ont pas accès à l'eau potable, de personnes pour que leurs actions à la bourse grimpent.

Pour ceux qui ont une éthique d'interdépendance, le plus petit moustique ou ver de terre est important.

Ces deux là n'ont aucun débat intérieur sur ce qui convient, ou pas, de faire. Comme pour des militants politiques, il est inutile d'aller essayer de les convaincre de quoi que ce soit par la parole. Il peut être utile de discuter et débattre avec ceux qui sont hésitants.

Les hésitants n'ont pas trouvé la carte de navigation qui leur paraît valable.

Pour ma part, entre la carte de Valls et celle de l'Abbé Pierre, j'ai fait mon choix. Les deux gèrent des milliards, mais il faut reconnaître que l'un des deux défend plus les intérêts de la collectivité de la vie.

Une fois ce choix opéré d'avoir une éthique très claire, non seulement de ne pas tuer, mais en plus de ne pas faire de mal à qui que ce soit et à quoi que ce soit en respectant l'environnement, il y a parfois des situations où garder l'esprit clair et altruiste demande une résolution au dessus de nos forces psychiques.

Nous sommes parfois face à des situations qui nous « mettent » en colère.

Je réfute cette expression depuis des dizaines d'années. De même que je réfute « l'argent salit tout ». De même que « si elle s'est fait violer, c'est de sa faute, elle n'avait qu'à s'habiller autrement ». Pas plus que je n'accepte « c'est la faute au système ». Si c'est la situation extèrieure qui « met » en colère, nous devrions avoir les mêmes réactions ou actions.

Regarder le soleil tous yeux ouverts rend aveugles tous les voyants, alors qu'une représentante du sexe féminin en mini jupe ne « donne » pas envie à tous de la violer et encore moins « passer à l'acte ». Et heureusement !

Certains, ceux qui ont peur des conséquences, le font en privé, où c'est là d'ailleurs que se passent la plupart des viols. 46 % des violés sont des enfants.

http://www.sosfemmes.com/violences/viol_chiffres.htm

Ceux là, croient au « pas vu pas pris » comme Cahuzac, Dassault, et tous ceux qui cliquent sur « déconseiller » plutôt que débattre. Cela procède du même mécanisme psychologique, faire en cachette aux autres, ce que nous n'aimerions pas qu'on nous fasse. Ceci à des échelles bien différentes bien sûr, mais qui vole un œuf vole un bœuf, et qui vole un bœuf est vachement costaud ! (Pierre Dac)

Eric Berne,

http://www.philo5.com/Mes%20lectures/BerneEric_DesJeuxEtDesHommes_1975.htm

a fait d'ailleurs un recensement, non exhaustif, des jeux sociaux auxquels nous jouons à trois degrés différents. Le premier est plus ou moins anodin, névrose plus ou moins lègère, le deuxième est au stade d'habitude bien ancrée, névrose avec tendance au toc, et le troisième se termine à l'hopital, le cimetière et/ou la prison. Mais un jeu commence, comme le dit Gandhi, par une idée dans la tête, et qui se poursuit, comme une bêbête qui monte qui monte.

La situation extérieure n'agit que comme révélateur de ce que nous sommes et avons à l'intérieur de nous même. C'est dur dur pour un type comme Valls se comportant comme un vulgaire facho à l'encontre des Roms. De gauche ? Peut être, mais facho quand même. Et je suis convaincu qu'il le croit. Il suffit de le voir succomber à la colère quand on le met en contradiction entre ses dires et ses actes. Il a sa propre carte de navigation sur ce qu'est la gauche.

Rien ne « met » en colère. Nous avons de la colère en nous, et grâce à un stimus extérieur, cette colère s'exprime.

La colère est une émotion qui n'existe pas sans objet. On est en colère toujours contre quelque chose ou quelqu'un.

Pour s'en convaincre, il suffit de s'assoir tranquillement dans un fauteuil et de penser « je suis en colère ». Rien ne vient. Par contre, rappelez vous une situation où vous étiez en colère, là c'est immédiat.

Et la colère est très mauvaise conseillère …

En colère, on peut dire et faire des choses qu'on regrettera toute sa vie après. En colère, on tape sur un de ses enfants, trop fort, et on l'envoie bouler contre un rebord de meuble qui le met dans un fauteuil tout le reste de sa vie. Bonjour le désastre pour les deux. Un ami m'a raconté une histoire vécue. Allant rendre visite à une amie, il est arrivé chez elle alors qu'un homme essayait de la violer. Sa réaction fut immédiate. Il a attrapé le premier objet un peu lourd et l'a assainé, non sur la tête pour le tuer, mais sur un des reins pour le rendre inoffensif et impuissant. Il l'a fait résolument, fermement, sans aucune culpabilité ou doute, et sans aucune colère. Je lui suis reconnaissant de m'avoir communiqué ce truc que j'utiliserais dans la même situation. Eclater un rein est certainement moins grave que le tuer. Et c'est très efficace m'a-t-il précisé.

S'attaquer à une injustice telle que le massacre des Palestiniens ou de n'importe quelle autre population martyrisée dans le monde demande, exige même, une clarté d'esprit maximum.

Ce que font certains, balancer des missiles sur Israël, alors que si Israël est piquée par un moustique elle envoie un porte avions est tout simplement mortifère. Certains se demandent d'ailleurs s'il n'y aurait pas quelques magouilles des services secrets là dedans. Boycotter tous les produits venant des colonies, et même pour certains tous les produits sans exception, me paraît être bien plus efficace dans notre monde où l'avidité est maitresse. De même que tous les flatteurs vivent aux dépends de ceux qui les écoutent, toutes les fortunes des banques dépendent des crédits que nous demandons pour assouvir telle ou telle de nos envies, tous les supermarchés vivent de notre acceptation de manger des saloperies, tous les politicards vivent du fait que nous participons à cette mascarade que sont les élections, etc.

Combattre l'injustice, et c'est ce qui est écrit sur les murs des écoles tibétaines de l'Inde « Never give up », « n'abandonne jamais ». Ne jamais abandonner le combat contre l'Injustice, avec un I majuscule pour les regrouper toutes.

Mais avec une lucidité exceptionnelle, une détermination sans faille, une discipline de vie faisant foin de l'émotionnel, une éthique à toute épreuve.

Gandhi a sorti les Britanniques en refusant d'acheter les produits fabriqués en Grande Bretagne avec les matières premières de l'Inde et grâce aux manifestations pacifiques. Avec des armes, il y aurait eu des millions de morts. Mandela a-t-il pris des fusils ? Non, pourtant l'Apartheid est morte en Afrique du sud. Elle perdure en Palestine, mais je vous parie tout ce que vous voulez que si tous nous boycottions les produits des colonies illégales, la politique d'Apartheid d'Israël serait mise à genoux, pour le plus grand bien des Israéliens et des Palestiniens. Bon, certains y perdraient quelques avantages, mais quel soulagement pour les populations. De la même façon, je boycotte tous les produits de Chine populaire, sans exception. Et je fais la différence entre Taiwan et Pékin. D'ailleurs, ça fera du bien à notre balance commerciale ! Je participe à la compétitivité du pays sans faire de chômeur-se !

Comme dit Coluche, il suffirait qu'on n'achète plus les produits merdiques pour qu'ils ne se vendent plus.

Se battre avec des fourches contre des mitrailleuse est stupide, c'est le fruit d'un obscurcissement de l'esprit rempli de colère. Les Tibétains savaient clairement qu'ils ne faisaient pas le poids face à l'armée chinoise, beaucoup sont donc partis, dans des conditions de voyage effroyables,

livre de Chogyam Trungpa :

« Cependant, ayant appris en chemin la fuite du Dalaï Lama, il se dirigea vers l'Inde. N'ayant au départ que neuf compagnons, ce furent bientôt trois cents personnes qui le suivirent. Après de nombreuses épreuves, ils ne furent que quatorze survivants à atteindre la frontière de l'Assam, neuf mois plus tard »

http://marseille.shambhala.fr/details_book.php?id=10.



Trungpa et ses compagne-ons de route n'ont tué personne. Mandela n'a tué personne. Gandhi n'a fait de mal à personne. J'aimerais avoir leur courage, leur lucidité, leur force de caractère, leur indomptable détermination à lutter contre l'injustice. Ce sont ces personnes là qui me font penser que la nature humaine peut être grandiose.

Je vois les politicard-es comme des malades mentaux. Malades d'ignorance, malades d'orgueil, de colère, d'avidité, de jalousie, ils ne sont que des reptiliens qui font un bras d'honneur à l'évolution chère à Darwin.

Il n'y a pas de méchanceté ultime dans la nature humaine. Même le pire des salopards sera attendri, peut être à son corps défendant, par une gamine lui offrant des fleurs à une cérémonie officielle (Staline adorait). Même Hitler a accordé le mariage à Eva. Même Pinochet avait des amis, et pas que Thatcher qui elle même avait des enfants. Même Valls aime quelqu'un.

La nature humaine ne nous fabrique pas « naturellement » bons, et je ne l'écrirai pas au féminin car la conotation a été dévoyée (ah, les mots), mais elle nous fabrique naturellement non méchants ultimement donc toujours aptes à recevoir et donner de la gentillesse.

Si la nature voulait que nous soyons des combattants, elle nous aurait donné des sabots à la place des mains (Dalaï Lama).

Et que certains utilisent leurs cerveaux pour faire des armes

http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_missiles

ou des stratégies de choc,

http://www.dailymotion.com/video/x5kffc_naomi-klein-la-strategie-du-choc_news

ne prouve en rien que nous sommes faits pour cela. Et le fait que Staline, Hitler ou Thatcher et Valls puissent craquer d'amour et gentillesse prouve au contraire qu'il existe une possibilité dans chaque être humain. Possibilité qui est de notre pouvoir de cultiver et agrandir pour le bien de tous les êtres, si on possède la patience nécessaire et les méthodes pédagogiques nécessaires. Si on perd patience, on donne le gouvernail à la colère et on retombe, immanquablement dans le désastre.

Une fourchette est une fourchette. Certains l'utilisent pour se nourrir avec, d'autres pour tuer. On a le droit d'utiliser son cerveau pour aimer. D'autres l'utilisent, car ils ont oublié de grandir, pour piquer le seau et la pelle de leurs camarades de jeu au square de la vie.

Sans absolument aucun doute, je suis persuadé que le XXI è siècle sera, non pas spirituel, (http://www.guichetdusavoir.org/viewtopic.php?t=12570%29)

mais sera fraternel ou ne sera pas.

Vive l'amour, c'est ce qu'il y a de meilleur dans le gâteau de la vie !

Et pour finir, une chanson

http://www.youtube.com/watch?v=xqtIUdy87GM

et une autre

http://www.youtube.com/watch?v=1smjjXlj3L8



et pour finir, les tsiganes montent au ciel et nous avec et en musique



http://www.youtube.com/watch?v=xLdiFJ_O7O4&list=PLA9E913BD889121DD

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