Les prochaines élections municipales de mars 2020 et « le vote communautaire ».

A chaque période des élections politiques on voit un certain nombre de listes des candidats s’activer en diverses sollicitations ciblant des minorités dont celle des membres de la communauté musulmane. Mais ces derniers ne sont pas dupes des buts recherchés même s’ils sont à l’écoute des propositions des uns et des autres candidats.

Le prix Nobel de littérature Albert Camus, qui se définissait comme algérien et dont on commémore cette année le 60 ème anniversaire de sa disparition, affirmait : 

«La démocratie ce n’est pas la loi de la majorité mais la protection de la minorité » (Carnets III, 1951-1959).

A chaque période des élections politiques on voit un certain nombre de listes des candidats s’activer en diverses sollicitations ciblant des minorités dont celle des membres de la communauté musulmaneMais ces derniers ne sont pas dupes des buts recherchés même s’ils sont à l’écoute des propositions des uns et des autres candidats.

Il est parfois difficile de faire comprendre à ceux qui ambitionnent de devenir de futurs élus que la religion musulmane, déjà très malmenée, ne saurait être un enjeu politique de ces élections. Ses fidèles ne souhaitent qu’une chose, que leur religion soit traitée à égalité des autres religions et basta la politique de l’indigénat. 

En vérité, même s’il peut exister des attentes spécifiques de telle ou telle catégorie de la population il n’y a pas de « vote communautaire». Chaque citoyen se déterminant d’abord par rapport aux problèmes qui se débattent dans la société et auxquels il a intérêt : l’emploi, le logement, les soins, l’école, le transport, le cadre de vie, ... etc. 

Les questions religieuses viennent bien après et elles peuvent très bien se résoudre en dehors des élections. 

L’autre constat c’est qu’on voit agir à chaque élection des personnes souvent les mêmes qui ont pour habitude de se dire «représentants» de la communauté musulmane alors qu’elles n’en ont aucun pouvoir. Certains vont même jusqu’à utiliser ce moyen pour se glisser dans des listes électorales faisant miroiter des voix qu’attireraient leur présence moyennant la promesse «d’une mosquée ». Foutaise !

Malheureusement, voilà de trop nombreuses années que ces petits noyaux d’individus agissent envers des partis politiques pour des intérêts propres à eux et très éloignés de ceux de leur communauté. 

Par contre, ce qu’on rencontre chez de nombreux citoyens musulmans c’est un très fort taux d’abstentionnistes bien supérieur à celui qui touche l’ensemble de la société. 

Comme disait Pierre Mendès-France (ami d’Albert Camus) : «Parce qu’elle dépend essentiellement de la volonté des citoyens, parce qu’elle suppose un effort permanent, la démocratie n’est jamais acquise.».

A bon entendeur ...

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