Plutôt que supprimer les dividendes arrêtons la spéculation.

De plus en plus de voix s’élèvent pour demander le non paiement des dividendes aux actionnaires au motif que l’Etat intervient financièrement pour aider les grandes entreprises en ce temps de confinement dû à l’épidémie du coronavirus. Or, pratiquement rien n’est demandé contre les spéculateurs financiers ...

De plus en plus de voix s’élèvent pour demander le non paiement des dividendes aux actionnaires au motif que l’Etat intervient financièrement pour aider les grandes entreprises en ce temps de confinement dû à l’épidémie du coronavirus. Or, pratiquement rien n’est demandé contre les spéculateurs financiers qui profitent de la crise sanitaire en pratiquent la vente à découvert pariant sur la baisse des cours des actions qui chutent inexorablement. On préfère s’en prendre aux actionnaires parmi lesquels de très nombreux petits épargnants dont beaucoup de retraités qui ont placé leurs économies dans différents placements liés aux cours des actions de la bourse. Ces derniers sont déjà lourdement pénalisés par l’effondrement de leurs portefeuilles de titres, assurances vie et autres que souvent les banques leurs avaient conseillés s’ouvrir. Qu’on aime ou qu’on aime pas les actionnaires ces derniers participent à l’économie du pays et aident à consolider les sociétés qui ont besoin de ce financement pour leurs investissements. D’ailleurs après la crise on aura encore besoin d’eux pour lever des fonds qui seront nécessaire au redressement qui demandera du temps et de la patience. Il ne s’agit pas de soutenir aveuglément les actionnaires mais de prendre en compte le fait que le krach boursier les a déjà bien pénalisés d’autant plus que les cours d’avant la crise n’étaient pas au mieux. Est-ce de la justice? Pourquoi devrait-on les empêcher de percevoir une rémunération prévue et alors même que les valeurs des actions ont lourdement dévissé? Il serait plutôt préférable que l’Etat interdisent la spéculation notamment la vente à découvert qui fait baisser encore plus le prix des actions. Comment peut-on accepter que depuis le début de cette période d’incertitude, de panique et de mobilisation sans précédent des hôpitaux civils et militaires et du personnel médical des opérateurs sans scrupules spéculent en toute liberté sur les conséquences négatives économiques qu’engendre immanquablement la pandémie du coronavirus. C’est incompréhensible que peu de médias en parlent. Pourquoi?

Voici pour rappel l’article deja publié contre les spéculateurs financiers. Il est encore temps de les bloquer  

Crise sanitaire du coronavirus aidant les spéculateurs boursiers toujours gagnant

Il y a quelques jours les français s’étaient offusqués à juste raison de l’augmentation du prix des masques quand ils étaient encore en vente libre et du gel hydroalcoolique. Les fluctuations étaient de l’ordre de quelques petits euros en plus mais cela avait suffit pour faire intervenir le gouvernement, premier ministre en tête suivi du ministre de l’économie et des finances, et on nous disait que Bercy «tape du poing sur la table!».
Rapidement, la décision fut prise de mettre en place et en urgence des dispositions d’encadrement des prix avec enquêtes du service de la répression des fraudes la DGCCRF et des contrôles de police dans les pharmacies. «C’est inacceptable et révoltant!» entendait-on.
Le Président de la République lui même a répété à plusieurs reprises : «nous sommes en guerre!».
Or, il existe depuis cette crise sanitaire inédite des spéculations de l’ordre de plusieurs millions voire milliards d’euros qui profitent indûment et injustement de cette situation dramatique et des bouleversements économiques opérés par l’épidémie du coronavirus. Mais voilà, étrangement personne n’intervient dans ce domaine alors qu’il s’agit d’attitudes indécentes en cette période de confinement. Il s’agit d’opérations en bourse en particulier des ventes à découvert de titres qu’on ne détient pas en pariant sur la baisse du cours des actions. C’est assez facile de gagner de l’argent par cette technique vue la panique actuelle sur les marchés boursiers qui poussent à vendre à perte. Les cours s’effondrent et les spéculateurs empochent à tour de bras des sommes considérables.
Pire, leurs comportements irrespectueux de l’état catastrophique dans lequel se trouve le pays fragilisent nos grandes entreprises et aussi les banques qui se retrouvent toutes en grandes difficultés car les cours de leurs valeurs en bourse chutent inexorablement. Ces agissements blâmables se pratiquent en toute impunité. Certaines côtes des sociétés ont dévissé vertigineusement de plus de la moitié voir de trois quarts du cours affiché avant l’arrivée du coronavirus. La courbe du cac 40 a été divisée de presque la moitié passant de 6158 à 3632 au plus bas. Il est vrai que M. Macron a dit et redit que pour sauver les entreprises françaises le pays y mettrait le prix «quoi qu’il en coûte». Mais est-ce une raison de laisser faire tous les «vautours» de la finance qui semblent ainsi encouragés à spéculer davantage ?
Pourquoi le gouvernement ne s’en préoccupe pas alors qu’il avait réagi promptement pour mette fin aux augmentations de quelques petits euros des prix des masques et du gel pour se laver les mains. Pourquoi n’intervient-il pas pour stopper les pratiques blâmables de ces spéculateurs financiers qui profitent au vu et au su de tous de cette terrible crise sanitaire qui entraîne la mort chaque jour de plusieurs de nos compatriotes et l’hospitalisation de dizaines de milliers d’autres. Les hôpitaux sont saturés au point de faire appel aux structures médicales de l’armée et le personnel soignant est épuisé.
Devant ces pratiques financières abusives Il n’y a pas que le gouvernement qui est concerné il y a aussi toutes ces institutions de régulation du marché de la bourse dont on se demande à quoi elles servent. Alors que ces «gendarmes» de la bourse coûtent très cher aux contribuables on ne les voit pas intervenir avec l’énergie qui s’impose. Apparement, ces structures installées pourtant suite à d’autres crises financières ne tirent pas leçon du passé comme celle de 2008 ou sont incapables d’y faire face. De même, très peu d’analystes financiers ou de journalistes «spécialisés» dans ce domaine n’auraient perçu l’arrivée de l’effondrement de l’économie par le jeu des dominos quand la Chine découvrait le virus. 

Aussi bien à l’Elysée qu’à Matignon ou à Bercy qu’est-ce qu’on attend pour lutter contre ces dérives qui malmènent l’économie et ruine les petits épargnants. Il est urgent de prendre par décrets des mesures de fermeture temporaire de la bourse et des marchés financiers spéculatifs le temps de faire face aux menaces de la pandémie ?
Le pouvoir a bien décidé le confinement des citoyens, le report du deuxième tour des élections municipales ainsi que de nombreuses autres mesures sévères, pourquoi ne fermerait-il pas temporairement la bourse ou au moins interdirait les spéculations à la baisse ? Une telle décision empêcherait les insensés concernés de tirer profit de cette tragique crise médicale que le pays n’avait jamais rencontrée dans toute son histoire contemporaine ?
Qui pourrait identifier et expliquer à tous ces bénéficiaires financiers qu’il y va du devenir du pays et qu’ils ont par conséquent l’obligation de restituer l’argent qu’ils ont acquis en spéculant durant ces jours de déstabilisations causés par un fléau qui n’a pas son pareil historique?

Enfin, le président et son gouvernement se sont engagés à soutenir financièrement les entreprises et de prendre en charge le coût salarial dû aux mesures de confinement et de maintenir les droits au chômage et autres aides aussi pourquoi n’indemniseraient-ils pas les petits porteurs dont nombre de retraités en remboursant ou en rachetant leurs actions au cours d’avant cette crise. C’est une simple idée mais qui ne serait que justice sociale.

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