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Billet de blog 22 janvier 2026

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Trump à Davos : un président voyou devant un parterre de milliardaires

Les propos et agissements récents de Trump révèlent l’affaiblissement de l’ONU. Le Forum de Davos, où d’importants discours de chefs d’État ont été prononcés, n’est pas un forum démocratique, c’est un club de milliardaires : cela devrait bien plutôt être à l’ONU que de telles rencontres et de tels discours aient lieu.

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Le 21 janvier 2026, Donald Trump, présent physiquement au Forum de Davos pour la première fois depuis 2020, et accompagné par une importante délégation américaine, a prononcé un discours devant un parterre de milliardaires médusés. S’il a semblé reculer sur la question du Groenland et des droits de douane, personne n’a osé lui demander des comptes concernant l’opération militaire illégale qu’il a commanditée début janvier au Venezuela et qui a abouti à la capture d’un président en exercice, Nicolas Maduro, et a provoqué plus de 100 morts, en violation de l’article 2.4 de la Charte de l’ONU qui affirme qu’un Etat membre de l’ONU n’a pas le droit d’agresser un autre Etat membre !

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Personne non plus ne lui a demandé des comptes au sujet de sa politique intérieure : chasse aux migrants, expulsions illégales, répression des militants de gauche…, qui, là encore enfreint les principes de l’ONU, notamment la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 et la Convention internationale de 1990 sur la protection des travailleurs migrants et de leurs familles.

Ainsi, Trump est aujourd’hui, par ses paroles provocatrices et ses actes, un président voyou qui se rapproche dangereusement du fascisme !

Un soi-disant « Conseil de la Paix » qui entend remplacer l’ONU

Le « Conseil de la Paix » qu’il a lancé tout récemment représente d’ailleurs tout l'opposé de l'idéal du mutlilatéralisme démocratique et égalitaire tel qu'il a été défini depuis 1945 avec la création de l'ONU. En effet, à l'Assemblée générale de l'ONU, quasiment tous les Etats du monde sont représentés, et chacun, qu'il soit riche ou pauvre, dispose d'une voix. Alors que ce soi-disant "Conseil de la Paix" n'est qu'un directoire restreint réunissant des puissances autoritaires triées par l'argent. Trump veut faire fonctionner les relations internationales par la loi du plus fort, et non plus selon les règles équitables du droit international. Cette initiative de Trump est clairement une manière de contourner l’ONU, de la court-circuiter, de la vider de sa substance.

Or, ce soi-disant « Conseil de la paix » est anti-démocratique. Dans sa charte de 8 pages, il n’est pas mentionné une seule fois le mot « démocratie », ce qui est éloquent. Les Etats qui y siègeraient y seraient pour 3 ans (renouvelables sur décision de Trump), alors que les Etats qui verseraient 1 milliard de dollars auraient droit à un siège permanent, de même que les Etats-Unis. Trump lui-même serait une sorte de président à vie, et aurait droit de veto sur toutes les décisions. Dans le conseil exécutif restreint qu’il a constitué, il n’y a quasiment que des Américains (dont son gendre Jared Kushner), le seul non-Américain étant Tony Blair. Trump a envoyé des invitations à 60 Etats, la plupart n’étant pas des modèles de démocratie, comme la Hongrie, le Maroc, le Kazakhstan, l’Ouzbékistan, l’Egypte, la Turquie, l’Inde... La France a heureusement refusé. Il est crucial que les démocraties fassent de même et refusent d’adhérer à ce simulacre d’institution internationale pacificatrice.

La nécessité urgente d’une réaction de l’ONU condamnant Trump

L’ONU se doit aussi de réagir rapidement : elle devrait convoquer une Assemblée générale extraordinaire pour discuter de la situation critique du monde, et cette Assemblée générale devrait voter rapidement une résolution solennelle pour condamner tous les manquements aux droits humains et à la démocratie, à la Charte de l’ONU, de Trump.

Les propos et agissements récents de Trump révèlent aussi l’affaiblissement de l’ONU. Le Forum de Davos non plus, où d’importants discours de chefs d’État ont été prononcés, n’est pas un forum démocratique, c’est un club de milliardaires : cela devrait bien plutôt être à l’ONU que de telles rencontres et de tels discours ont lieu.

Le Forum économique mondial de Davos : un club de milliardaires plutôt qu’un forum démocratique

Le Forum économique mondial de Davos, qui a lieu comme chaque année depuis sa création en 1971 par l’économiste allemand Klaus Schwab, en janvier dans cette ville de Suisse, se présente comme une « plateforme pour améliorer l’état du monde », mais sa composition et son mode de fonctionnement révèlent une réalité beaucoup moins universelle et beaucoup moins progressiste : Davos est essentiellement un club de grandes fortunes et de dirigeants d’entreprises dont les intérêts ne correspondent pas du tout à ceux des peuples.

Ce forum fonctionne comme une arène privée pour l’élite économique plutôt que comme un forum démocratique ouvert et représentatif. On y discute de l’état du monde et des relations internationales, mais ce devrait bien plutôt être à l’ONU, dans le cadre d’une Assemblée générale extraordinaire, que ces discussions devraient se faire, avec la participation des représentants des 193 Etats membres !

Tout d’abord, la sociologie des participants au Forum de Davos démontre clairement son aspect élitiste. L’édition 2026 illustre bien le profil dominant : près de 3 000 participants au total, dont environ 1700 dirigeants d’entreprises et près de 850 dirigeants de grandes entreprises. Autrement dit, le cœur de Davos est constitué de grands patrons et d’acteurs du capitalisme. Ces chiffres sont fournis par le Forum lui-même.

En outre, la représentation politique est incomplète : Davos attire certes des chefs d’État et de gouvernement, un chiffre souvent mis en avant par les organisateurs, et qui est autour de 64 représentants étatiques pour cette édition 2026, mais cela reste marginal si on le confronte à l’espace réellement universel qu’est l’ONU avec ses 193 États membres, chacun avec une place formelle et égale (qu’il soit riche ou pauvre) à l’Assemblée générale.

La comparaison est éclairante : l’ONU est une arène interétatique inclusive par conception. Davos reste une réunion à accès sélectif, où la voix des gouvernements est largement subordonnée aux intérêts privés. Cela s’inscrit bien dans l’air du temps, à une époque où le nombre de milliardaires dans le monde atteint des sommets inédits et où ils ne cessent de s’enrichir : depuis 2020, la fortune des milliardaires s’est accrue de plus de 80% et les inégalités mondiales ne cessent de se creuser !

De plus, si certes les thématiques mises en avant à Davos : « climat », « inégalités », « gouvernance technologique », recoupent souvent les priorités publiques, en revanche la manière dont elles sont abordées reflète clairement une perspective pro-marché : solutions partenariales public-privé, innovation privée, instruments financiers, confiance en la « tech » pour résoudre tous les problèmes. Alors que les solutions fondées sur l’extension des services publics et la redistribution des richesses, grâce à une meilleure imposition des très hauts revenus, sont exclues des propositions. Les sessions fonctionnent par invitation et accès payant ; la parole publique est donc transformée par des mécanismes d’entrée qui privilégient les acteurs ultra-riches capables de financer leur présence.

Hypocrisie environnementale du Forum de Davos

Enfin, Davos se caractérise par une flagrante hypocrisie environnementale : alors que ce forum se vante de traiter des urgences climatiques, l’impact carbone de l’événement et des déplacements de ses invités est considérable. Des analyses et enquêtes de terrain montrent une augmentation marquée du trafic d’avions privés liés à l’édition annuelle ; près de 1300 participants hyper-fortunés sont arrivés ces jours-ci à Davos en jet privé, ce que les ONG dénoncent à juste titre comme incompatible avec la lutte contre le réchauffement climatique. Cette contradiction symbolise ce qu’on pourrait appeler la « dissonance éthique » de Davos : prêcher la transition tout en perpétuant les pratiques à forte empreinte des élites.

Aujourd’hui, pour répondre efficacement aux défis mondiaux et globaux, à savoir les guerres, la justice climatique, la réduction des inégalités, la nécessaire régulation des multinationales, il faut des espaces d’échange et de dialogue où la légitimité n’est pas monnayée. L’ONU, malgré ses limites, demeure le principal cadre inter-étatique où chaque État membre dispose d’un siège et d’un droit à la parole. Les mouvements civiques, associations, les syndicats, les réseaux scientifiques et les parlementaires doivent pousser pour des formats délibératifs ouverts, transparents démocratiques, qui ne se réduisent pas à une scène d’image pour milliardaires et des PDGs se faisant passer pour des « philanthropes ».

Davos n’est pas totalement inutile : il facilite des rencontres, des coalitions publiques-privées et des échanges d’expertise. Mais le présenter comme un « forum démocratique » est inexact et potentiellement dangereux : cela légitime l’idée que la gouvernance mondiale peut être conduite principalement par les intérêts concentrés de la richesse. Pour transformer le monde vers plus de justice, il faut que les décisions se prennent dans des instances représentatives et démocratiques, soumises à des mécanismes publics de contrôle, et non dans les salons feutrés d’un club de milliardaires.

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