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Billet de blog 6 mai 2021

Dette publique et politiques économiques européennes

Le mardi 4 mai, la Gauche Démocratique et Sociale a organisé un débat intitulé «Dette publique et politiques économiques européennes: que faire?», avec Jean-Marie Harribey, économiste, Benjamin Lemoine, sociologue à l'IRISSO, Manon Aubry, co-présidente du groupe de la GUE au Parlement européen, et Christakis Georgiou, chercheur en études européennes à l'Université de Genève.

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Dette publique et politiques européennes © Gérard FILOCHE

Récemment, une controverse a divisé les économistes de gauche à propos de la proposition d'annulation des dettes publiques des Etats-membres de la zone euro détenues par le Système Européen des Banques Centrales. Cette controverse illustre la nécessité d'un débat approfondi sur les politiques économiques à mettre en œuvre au niveau européen dans la foulée de la crise économique provoquée en 2020 par la gestion de la crise épidémique. Cette crise a des conséquences économiques et sociales profondes qui appellent une redéfinition radicale des politiques économiques européennes.

Ce débat ne se cantonne pas à la question des dettes détenues par la BCE ou même à la politique monétaire à mettre en œuvre. En réaction à la crise économique, l'Union européenne a décidé de mettre en place un plan de relance (New Generation EU) qui fait appel à de la dette européenne pour financer des investissements publics et discute aujourd'hui des nouveaux impôts européens qui devront financer cette levée de dette. Aussi, un fonds de réassurance chômage européen (SURE) a été mis en place, lui aussi financé par une dette européenne. Le pacte de stabilité a été suspendu jusqu'en 2022 et un débat a été lancé sur sa réforme. Certains défendent aussi la perspective d'une révision des traités pour faciliter le développement d'un budget européen

Le débat sur l'annulation des dettes publiques doit donc faire partie d'un débat plus large sur les politiques économiques au niveau européen. En France, ce débat doit avoir lieu dans le cadre des débats en vue de la construction d'une plateforme programmatique que la gauche défendra dans le cadre des élections présidentielle et législative de 2022. C'est dans le but d'y contribuer que GDS organise cette table ronde avec Manon Aubry (eurodéputée GUE), Jean-Marie Harribey (économiste), Christakis Georgiou (chercheur en études européennes) et Benjamin Lemoine (sociologue).

Manon Aubry a travaillé pour l’ONG Oxfam comme spécialiste et porte parole sur les questions de lutte contre l’évasion fiscale et les inégalité, avant d'être élue députée européenne pour la France Insoumise (LFI) en 2019. Elle co-préside le groupe de la Gauche Unie Européenne au Parlement européen.

Jean-Marie Harribey est Maître de conférences d’économie à l’Université Bordeaux IV. Ses recherches portent sur la critique de l’économie politique, les concepts de valeur et de richesse, le travail, la protection sociale et le développement soutenable.  Il a notamment publié La richesse, la valeur et l’inestimable, Fondements d’une critique socio-écologique de l’économie capitaliste (Les Liens qui libèrent, 2013) et Les feuilles mortes du capitalisme, Chroniques de fin de cycle (Le Bord de l’eau, 2014). Il anime le Conseil scientifique d'Attac France, association qu'il a co-présidée de 2006 à 2009. Il a co-présidé les Économistes atterrés de 2011 à 2014.

Christakis Georgiou est chercheur en études européennes à l'Université de Genève. Il travaille sur le rôle des grandes entreprises françaises et européennes dans le développement de la construction européenne et plus particulièrement ces dernières années sur la zone euro et son évolution. Il est l'auteur aux éditions du Croquant de Les Grandes Firmes Françaises et l'Union européenne (2017).

Benjamin Lemoine est sociologue, chercheur CNRS et à l’Institut de recherche interdisciplinaire en sciences sociales (IRISSO – Université Paris Dauphine, PSL). Après avoir étudié la mise en marché de la dette publique française et ses effets sur le débat public contemporain, ses recherches portent désormais sur le droit des transactions économiques entre États et investisseurs financiers. Il s’intéresse à la façon dont la souveraineté est reconfigurée par la finance globale et son infrastructure juridique. Il est l’auteur de L’Ordre de la dette. Enquête sur les infortunes de l’État et la prospérité des marchés, La Découverte, 2016."

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