Vasectomie mon amie: acte 4

De l'attente, de l'inattendu et des rebondissements. C'est plus un parcours de vasectomie, c'est un feuilleton qui a eu tendance à trainer un peu en longueur. Mais voilà, le boss final est passé et la vasectomie, comme Capri, c'est (enfin) fini.

Souvenez-vous.

Rendez-vous était pris le 3 janvier, après que je me sois montré un peu raide avec ma nouvelle toubib qui voulait que je prenne un temps de réflexion supplémentaire. Je m'apprêtais donc à passer sur le billard en plein lancement du Dry January (ça c'est le travail), un peu de stress mais tout allait bien.

Tout allait bien... jusqu'à la nuit précédent l'opération.

Malade comme un chien. Mais vraiment, pas un Man-flu ou une crise de panique, malade. Je décroche donc mon téléphone au petit matin pour prévenir l'hôpital que je ne peux pas me déplacer dans mon état.

"Ah, merci de prévenir, pas de soucis on va reporter mais c'est ennuyeux car la seule date que je peux vous proposer c'est le... attendez je vérifie... oui c'est bien ça : le 6 mars !"

Bah voilà, comme ça je serai sûr d'avoir bien réfléchi finalement.

Evidemment, dès le lendemain je me portais comme un charme et le ou la première qui me dit que c'était psychosomatique aura pour gage de suivre toutes les dates de la prochaine tournée de Genesis, si tant est que les concerts existent un jour à nouveau.

Nous voici donc arrivés au nouveau jour J, le 6 mars. On commençait à parler d'un virus un peu chelou mais ça va c'était qu'une grippette.

Bref. 

Darling avait pris sa journée pour m'accompagner, super accueil dans le service, tout le monde est adorable, j'attends finalement assez peu., me voilà en salle.

Première surprise, il s'agit encore d'une nouvelle chirurgienne, très sympa.

"Pas d'anesthésie Monsieur donc, même pas le masque ?"

"Non, non pas la peine.

Si j'avais su.

Normalement (les mots sont importants), l'intervention doit durer une quinzaine de minutes maximum.

Ca commence très détendu, on discute tandis ça trifouille dans mon testicule gauche (faut se faire à l'idée mais on y arrive assez facilement en fait).

"Ah ben monsieur il est bien caché votre canal hein !"

Et puis moins détendu quand même.

"Pu... je galère je le trouve pas"

Jusqu'au moment où vous entendez murmurer derrière le rideau : "je ne comprends pas ce qui se passe, je vais faire le droit, j'y reviendrai après".

FEAR.

J'y ai passé PLUS D'UNE HEURE.

"Monsieur ça va, vous tenez le coup ?"

"Oui, ça va, je me récite en boucle le prénom de mes enfants, ça m'aide à rester motivé"

"Mais vous en avez tant que ça ?"

"Oui, deux".

A un moment donné, on se serait cru dans un épisode des vétérinaires à l'hôpital (celles & ceux qui savent, savent, pour les autres y a Youtube). A la 3e piqure d'anesthésie locale (à ma demande parce que ça commençait vraiment à chatouiller) j'ai clairement vu le moment où j'allais leur demander d'arrêter, expliquant que nous n'étions pas fâchés mais que je préférais opter pour l'émasculation car après tout il me restait toujours ma prostate.

Pourtant c'était marqué sur ma fiche que j'avais été opéré d'une descente testiculaire. Mais elle avait pas eu la fiche, donc elle ne cherchait pas au bon endroit en gros. Une fois l'information communiquée, c'est allé très vite.

Tout ça pour dire messieurs : n'hésitez pas à demander un coup de masque. La plupart du temps ça se passe bien.

Après m'avoir félicité pour mon flegme (je leur ai pas dit pour l'émasculation finalement), je suis remonté retrouver darling qui commençait tout de même à trouver le temps long.

Je raconte mes nouvelles aventures et nous voilà repartis - à pieds s'il vous plait - fêter ça au restaurant. Le soir même, nous allions à ce qui allait s'avérer être notre dernier concert avant le confinement. Donc pas d'évanouissement messieurs, ce n'est pas si terrible. 

On pourra dire que je l'ai échappée belle, puisqu'à 10 jours près l'opération aurait été remise aux calendes grecques. On va dire que j'ai eu de la chance, à ceci près qu'il m'aura fallu attendre un mois de plus pour réaliser le spermogramme final (à 3 mois normalement) qui s'est révélé concluant !

Il n'y a donc plus aucune chance que je me reproduise. Ca tombe bien, c'était un peu le but.

Est-ce que cela valait la peine ?

OUI.

Est-ce qu'à l'issue de ce parcours je recommanderais la vasectomie ?

OUI (et l'anesthésie aussi).

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