PhagoGate 1 Le drame extrême de Diana, Irène et Younès

12 mille décès par an en France, 60 mille amputations et invalidations par les bactéries. On n'utilise pas la phagothérapie qui élimine les bactéries. Choc : les experts évaluent les cas de Diana, Irène et Younés qui sont en danger de mort. Décision : on ne cultivera pas de phages pour sauver Diana, Irène et Younès

Trois patients en danger de mort

Trois patients en danger © Christie ; Metropolitan Muséum ; Howard Campbell Trois patients en danger © Christie ; Metropolitan Muséum ; Howard Campbell

 

 

 

 

 Résumé de l'ensemble des actions

Lorsque l'on donne le chiffre de 40 millions de français touchés en 100 ans - voir plus bas l'étude OMS - le lecteur soit pense qu'il y a une erreur soit ne se représente pas les choses.
Et puis, dans le rapport de l'ANSM, il y a trois cas anonymes.
Ici, nous leur donnons un prénom et un visage : pour que le lecteur puisse se représenter

Le problème éditorial
Comment présenter en 3 pages ce que certains nomment « le plus grand scandale sanitaire depuis la seconde guerre mondiale ».
Comment dire clairement les aspects techniques ?
Comment poser les questions humaines de manière juste ? 

Qui sont les autorités de santé ?
La présente réflexion est basée sur un rapport de l’ANSM Agence nationale de sécurité des médicaments de 2016.
Depuis juin 2018 notre travail sur ce rapport se précise. 
Il ne faut cependant pas se tromper, l’ANSM n’est pas seule sur une île déserte.
Une analyse mesurée du rapport

Rendre le rapport lisible
Les éléments du rapport classés en 4 chapitres
Le code de chaque éléments du rapport - exemple 13c - est référencé dans le texte qui suit.
Le lecteur peut donc retrouver l’élément dans le rapport original.

Quatre chapitres pour des vérités contradictoires
Le lecteur reste bouche bée lorsqu’il découvre que :
- des milliers de patients sont en danger vital - bactéries multirésistantes
- la médecine non-phages est en échec - impasse thérapeutique reconnue par les médecins
- on sait soigner ces patients par les phages sans effets secondaires - phagothérapie depuis 1917 
- en France on ne cultive pas ni n'importe les phages nécessaires
- les plus riches et les plus malins s’en sortent avec des phages à l'étranger ou des phages cultivés clandestinement 

Chapitre 1 : On peut éliminer les bactéries par les phages
Ceci est affirmé clairement par les autorités de santé. 
Un seul « effet secondaire » est signalé (1)
Le lecteur se dit : "Super ! On va soigner les patients !" Et pourtant ...
On sait cultiver les phages
Le rapport ne rappelle pas que, depuis 2011, la culture des phages est au programme du baccalauréat.
Donc que cultiver des phages est extrêmement simple.
Le lecteur pourrait se dire : "Super ! On a une armée de cultivateurs de phages !" Et pourtant ...

Pour les autorités, le phage est un médicament
Difficile de faire des choix justes si les choses que l'on traite sont nommées de manière bizarre. 
C'est ce qui se passe pour les phages que les autorités nomment "médicaments".
Les autorités parlent de fabrication des phages : c'est totalement trompeur

Il y a des phages dans chaque organisme humain.
Phase 1 : Le phage est prélevé.
Phase 2 : Le phage est cultivé  - la phagothérapie est plus efficace si l'on met plus de phages sur la plaie, etc. 
Phase 3 : Les phages sont transplantés

Prélèvement, culture, transplantation : si l'on dit les choses justes, on voit que le phage n'est d'aucune manière un médicament !

Faut-il appliquer aux phages les règles des transplantations ?
Au moins s'en inspirer.

Or les autorités ont décidé - pourquoi ?" d’appliquer les règles des médicaments de synthèse.
Le phage n'est pas un médicament.
Le phage n'est pas de synthèse.

Cette décision technocratique sans fondement fait que le coût des phages « fabriqués » en usine est très élevé.

Alors que le coût des phages cultivés en laboratoire est faible.

Le rapport de l'ANSM soulève timidement le problème :
14d la réglementation actuelle relative aux médicaments n’est pas … adaptée
Un chapitre important devrait être consacré à cela !!!

Cette inadaptation empêche la production des phages qui sont indispensables pour sauver des milliers de patients.

Chapitre 2 : Risque bactérien, une situation dramatique

Le rapport de l'ANSM ne donne pas les chiffres.
Chaque année en France 12 milles vies sont perdues par les bactéries multirésistantes.
Il y a 60 mille amputations et invalidations.

Soigner au cas pas cas … des milliers de patients

La proposition du rapport est que des experts autorisent l’utilisation des phages au cas par cas. (12j)
12 mille décès + 60 mille amputations & invalidations = 72 mille dossiers chaque année !!!

Où sont les experts qui ont le temps de traiter 72 mille dossiers ?

Comment développer un « état de l’art » quand les experts sont à Paris et les patients à Toulouse ou à Lille ?

Un diplôme de phagothérapie

Comme 100 % des pratiques médicales et chirurgicales, la phagothérapie est un art.

Un diplôme de phagothérapie devrait exister depuis plusieurs décennies !!!

Il y aurait ainsi des phagothérapeutes au plus près des malades.

Solution réaliste alors que l’instruction des dossiers à Paris ne l’est pas. 

Un art de la réduction

Les bactéries multirésistantes attaquent tous les organes du corps humain.
Dans le rapport cela est réduit à quelques cas. 
On parle des patients qui osent se manifester, par exemple ceux atteints de mucoviscidose. (8a)

Le rapport parle des projets européens (13c) :
- PhagoBurn pour les grands brûlés
- PhagoPied pour les ulcères du pied chez le patient diabétique
- Phagos pour les infections ostéo-articulaires

Intéressants exemples mais il manque le total : 150 mille personnes par an touchées par les bactéries multirésistantes.

L’OMS annonce le doublement puis le triplement dans les décennies qui viennent.

400 mille personnes par an = 40 millions de français touchés en 100 ans 

Des affirmations totalement contradictoires

Deux affirmations dans le même rapport :
2a {Il y a des} situations cliniques pouvant justifier d’un accès précoce aux bactériophages
12k mise à disposition … des phages pour des situations compassionnelles, en impasse thérapeutique 

Traduction :
12k Actuellement on attend que le patient soit dans un état désespéré pour lui proposer des phages - quelques patients sur des milliers
2a Alors que l’on sait que les phages sont efficaces si le système vital du patient n’a pas été harcelé par des molécules inefficaces - antibiotiques, etc. 

Un choix « hallucinant »

Le lecteur va croire que nous avons mal lu, que ce n’est pas possible que de telles choses soient écrites.
Pourtant l’original du rapport est accessible en ligne
13a Si le patient a une infection à une seule bactérie on peut lui proposer des phages.

Donc : Si le patient à deux bactéries on le laisse mourir !!!

Chapitre 3 Le chapitre absent

Là encore des informations de première importance qui sont à peine esquissées voire ignorées dans le rapport de l'ANSM.

3.1. Se faire soigner à l’étranger

5e {Des patients se font soigner en Géorgie, Pologne, etc. cela} pose des problèmes éthiques, de sécurité et financiers

Nous sommes frappés par la ressemblance avec la situation de 1975.

12c {La culture prêt à porter et la culture à la carte} sont utilisés dans certains pays de l’Est (Géorgie notamment).

Si l'on est riche et informé on est vivant - quelques uns.
Si l'on est pauvre et pas informé on est mort - des milliers.

3.2. La culture clandestine des phages en France

14a A ce jour aucune fabrication « personnalisée » n’est proposée en France.

Jeu de mots

Effectivement la fabrication telle définie par l'ANSM n'existe pas.

Mais nous avons identifié quatre situations de culture clandestine de phages.

12d Il a été signalé que des fabrications « personnalisées » pourraient être effectuées en Europe.

Syndrome de Tchernobyl : la culture des phages s’arrête à la frontière de la France !

300 mille bacheliers ont été formés à la culture des phages, pour quoi faire ?

Chapitre 4 : L’effroyable sort de Diana, Irène et Younès

Là encore le lecteur va croire que nous avons mal lu.

Le rapport présente trois cas de patients qui sont déclarés en impasse thérapeutique : rien ne peut les sauver sauf les phages.

L'histoire vivante de ces trois patients est proposée ; la base est la description anonyme de la page 9 du rapport ANSM.

Diana a 13 ans 1/2 et un rein unique.

Ce rein est en risque de destruction par une bactérie multirésistante.

Diana est en danger de mort.

Décision : On ne cultivera pas les phages qui pourraient sauver Diana

 

Irène a 66 ans et un poumon unique.

Elle a déjà été soignée avec succès par les phages.

Question : Soignée en Géorgie ?

Soignée avec des phages cultivés clandestinement en France ? 

Irène est en danger de mort.

Décision : On ne cultivera pas les phages qui pourraient sauver Irène

 

Younès a 2 ans, il a un foie transplanté.

Son foie est en danger de destruction par une bactérie multirésistante.

Younès est en danger de mort.

Décision : On ne cultivera pas les phages qui pourraient sauver Younès.

 

Conclusion

De 1917 à 1977 on a utilisé les phages découverts à l’Institut Pasteur.

En 1977 on arrête la culture des phages alors que l’on sait déjà les dégâts que font les bactéries multirésistantes.

En 2018 on a déjà 40 années d’hécatombe qui aurait pu être évitée.

Les années précédentes le débat a été rouvert par l’anniversaire de la découverte des phages.

Et aussi par les rapports des experts de l’OMS qui observent une croissance exponentielle des décès, amputations et invalidations suite aux maladies à bactéries multirésistantes.

Qui a peur des phages ?

Même si les phages avaient quelques effets secondaires, que pourrait-il arriver de pire à Diana, Irène et Younès que de mourir ?

Si les autorités veulent en savoir plus sur les phages, la seule méthode est de soigner massivement les personnes en danger de mort ou d’amputation.

Proposition 1 : Il faut décrire correctement le tableau des risques et des bénéfices

Proposition 2 : Il faut travailler le deuil du miracle pasteurien

Proposition 3 : Il faut amnistier le massacre

Proposition 4 : Il faut arrêter de faire porter aux médecins - de l'ANSM et d'ailleurs - ce problème qui les dépasse totalement ! 

Notes

(1) Un seul effet secondaire de l'usage des phages signalé dans le rapport de l'ANSM
L’utilisation des phages provoque le plus souvent l’élévation de la température corporelle du patient.
Cette température est justement le signe que les phages combattent les bactéries.
Ce n’est pas un problème, c’est un « bon signe ».

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